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Pourquoi le taux de dépistage positif à la COVID-19 est un indicateur important

Une infirmière prélève un échantillon du nez d'un homme pour un test de dépistage de la COVID-19 dans un parc de Brooklyn le 25 septembre 2020.

Le taux de dépistage positif à la COVID-19 a été multiplié par 30 depuis le mois d'août en Ontario.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Le taux de positivité des dépistages de la COVID-19 en Ontario atteint près de 3 %, soit 30 fois plus qu'au cours du mois d'août. Ce taux actuel est « inquiétant », a admis le médecin hygiéniste en chef de la province, le Dr David Williams. Rencontre avec le biostatisticien Ryan Imgrund, qui présente ce que signifie ce chiffre ainsi que la difficulté à retrouver les cas contacts lorsqu'il est élevé.

1. Qu'est-ce que le taux de positivité?

Ryan Imgrund - Le taux de positivité est le nombre de personnes qui seront déclarées positives par rapport au nombre de tests que nous avons effectués en une journée. Ces dernières semaines, le taux de positivité a augmenté. Actuellement, il est d'environ 3 %, ce qui signifie que 1 personne sur 33 qui est allée se faire dépister a un retour positif.

2. Que révèle ce taux actuel?

R.I. - Le nombre de personnes qui sont réellement positives à la COVID-19. C'est une statistique très importante, car ces derniers jours, le nombre de dépistages a chuté. Nous sommes passés de 44 000 tests par jour à environ 35 000.

Cela ne semble pas être une très grosse baisse, mais cette différence de 9000 tests, lorsque vous les combinez avec un taux de positivité de 3 %, signifie que nous manquons environ 300 cas chaque jour. Cette statistique en elle-même est donc utile, mais est également associée à d'autres données.

Le nombre de dépistages en Ontario a diminué ces derniers temps et la positivité a augmenté et c'est la statistique vraiment inquiétante.

Ryan Imgrund, biostatisticien

Si nous dépistions plus de personnes et que le taux de positivité augmentait, nous pourrions dire que c'est parce que nous améliorons la recherche des contacts. Mais lorsque vous avez un certain nombre de cas à la suite d'un nombre de tests réduit et d'un taux de positivité plus élevé, une sonnette d'alarme retentit lorsque vous voyez ces deux statistiques combinées.

3. Serait-ce un indicateur que la COVID-19 devient hors de contrôle?

R.I. - 100 %. En août, nous avions un taux de positivité de 0,1 %, ce qui signifiait qu'il fallait 1000 tests pour trouver un résultat positif. Maintenant que ce résultat est de 3 %, cela ne semble pas être une très grosse augmentation, mais cela signifie que nous n'avons plus qu'à faire 33 tests pour trouver un cas.

4. Quand cela devient-il incontrôlable?

R.I. - En fait, 3 % c'est ce que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi comme norme. Quand cela atteint 3 %, vous devez considérer des confinements régionaux et d'autres restrictions de ce genre, car une fois que vous atteignez 3 %, cela signifie que nous ne testons pas suffisamment de personnes ou que nous testons des individus dont nous sommes certains qu'ils ont la COVID-19.

Une bonne stratégie de dépistage garantirait que nous dépistions non seulement des personnes atteintes de COVID-19, mais également d'autres personnes. Lorsque vous avez un taux de positivité élevé ou d'environ 3 %, c'est alors que l'OMS, l'Université John Hopkins et d'autres institutions mondiales vous recommandent de mettre en œuvre d'autres restrictions.

5. Quel a été le taux le plus élevé que nous ayons connu en Ontario?

R.I - Je pense que c'était environ 20 %, mais c'était en mars lorsque nous avions des critères qui n'étaient pas vraiment bons. À ce moment-là, nous ne croyions pas à la transmission communautaire, donc pour qu'une personne soit testée, nous étions presque certains qu'elle avait la COVID-19 pour qu'elle soit testée.

Ce n’est donc pas vraiment bon de comparer ces résultats avec ceux d'aujourd'hui. Il est bon de comparer à une époque où nous avions des protocoles de dépistage similaires, au début d'août. Nous avions alors un taux de positivité de 0,1 %.

6. L’Ontario a annoncé cette semaine le recrutement de 600 personnes (Nouvelle fenêtre) afin de renforcer les effectifs de recherche des contacts. Pensez-vous que cette décision aidera à mieux contrôler la propagation du virus?

R.I. - Je pense que ce recrutement est une bonne chose, car plus on est capable d’établir des liens entre les personnes, mieux on est en mesure de réduire la COVID-19.

Mais en même temps, une de mes plus grandes inquiétudes est que même si nous recherchons très bien les contacts, nous constatons qu'environ 70 % des cas ici en Ontario n'ont pas de lien épidémiologique.

Un graphique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce graphique présente l'évolution de l'origine des infections à la COVID-19 depuis le début de la pandémie en Ontario. La proportion des cas dont nous connaissons la provenance (liés aux voyages, en violet; à des éclosions, en bleu; à des contacts proches) est en nette baisse ces dernières semaines par rapport aux cas dont on ne connaît pas la provenance (pas de liens épidémiologiques connus, en jaune; liens épidémiologiques non spécifiés, en rouge; informations manquantes, en gris).

Photo : Santé publique Ontario

En d'autres termes, nous pouvons attribuer environ 70 % de tous les cas à une transmission communautaire sporadique. Donc, on trouve des infections, peut-être une infection secondaire (une personne b a été infectée par une personne a), peut-être une infection tertiaire (une personne c a été infectée par la personne b ), ou quoi que ce soit, mais nous ne sommes pas en mesure de relier cela à un autre cas connu.

Donc, même si nous recrutons plus pour la recherche de contacts, c'est une bonne chose, mais cela aiderait davantage certaines des villes où nous avons beaucoup de cas, où nous avons presque arrêté de faire cette recherche de contacts.

Mme Tam montre un graphique expliquant la croissance exponentielle de cas de COVID-19.

La Dre Theresa Tam, l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, montre un graphique qui explique la croissance exponentielle possible si le nombre de contacts ne diminue pas.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Donc, les régions de Peel, Ottawa, Toronto et également la région de York seraient les meilleurs endroits où les nouvelles équipes pourraient travailler, car nous espérons pouvoir être en mesure de suivre plus que 30 % de tous les cas en Ontario.

Si vous parvenez à établir un lien entre les contaminations, ce n’est pas aussi dangereux que lorsque les cas augmentent.

Ryan Imgrund

Une statistique parmi d'autres que nous semblons négliger, ce sont ces cas sans lien épidémiologique, qui représentent environ 80 % des cas dans les trois points chauds actuellement.

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