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Circonscription de Skeena : LNG Canada au cœur des débats politiques

Le fleuve Skeena.

Le fleuve Skeena, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, a donné son nom à la circonscription provinciale qui englobe Terrace et Kitimat.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Dans la circonscription de Skeena, chaudement disputée entre le Nouveau parti démocratique (NPD) et le Parti libéral, la construction à Kitimat d’un complexe de liquéfaction et d’exportation de gaz naturel reste au cœur du débat politique et des préoccupations des électeurs.

Si peu de gens dans la région paraissent s’opposer au mégaprojet de la coentreprise LNG Canada, qui a l’appui du NPD et des libéraux, il y en a certains, à Terrace, qui se posent des questions sur les retombées économiques au niveau local.

Vraiment, la plupart des petites entreprises n’ont pas vu grand-chose encore, affirme Bruno Bélanger, propriétaire de la populaire boutique Gemma’s, qui vend un peu de tout – du matériel de cuisine à la literie, en passant par l’artisanat autochtone local et du fudge.

Il se désole de l’isolement des ouvriers, qui s'intégraient peu à la population même avant la pandémie. Depuis, c’est pire qu’avant, pour éviter les risques de propagation du coronavirus.

Les employés arrivent à l’aéroport et prennent l’autobus pour leur camp à Kitimat, dit-il. Ils n’ont pas le droit de partir, d’avoir une voiture, et quand ils ont leur semaine de congé, on les prend de Kitimat, on les amène sur l’avion, et ils s’en vont.

Ils n’ont pas vraiment le temps de sortir et de magasiner.

Bruno Bélanger

Pour Bruno Bélanger, il est crucial que la prochaine personne qui représentera Skeena à Victoria s’attaque à changer cela.

Autrement, il appuie complètement le projet LNG Canada, notamment parce qu’il permettra, espère-t-il, de retenir les familles et les jeunes dans la région.

C’est ce qui l’a motivé en 2017 à voter pour le candidat libéral Ellis Ross, ardent promoteur et défenseur du projet depuis des années. Celui-ci tente de se faire réélire le 24 octobre.

Une carte de la circonscription de Skeena.

La circonscription de Skeena, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, comprend notamment les villes de Terrace et Kitimat.

Photo : Radio-Canada

Deux candidats des Premières Nations

M. Ross affronte Nicole Halbauer, du NPD, active depuis plusieurs années dans le milieu de l’éducation et de la santé.

Fait rare dans une course provinciale, tous deux sont Autochtones. Le Parti vert ne présente pas de candidat.

Ellis Ross a grandi dans Kitimaat Village, principale communauté de la nation Haisla, dont il a été le chef de 2011 à 2017.

Nicole Halbauer est membre de la nation Tsimshian et a grandi principalement près de Terrace.

Parmi ses priorités, augmenter le nombre de places en garderie dans la région et que soit menée à bien la construction d’un nouvel hôpital à Terrace, ce à quoi s’engage aussi le Parti libéral.

Les récentes transformations économiques et démographiques, dues notamment à LNG Canada, augmentent la pression sur les infrastructures locales.

De longues maisons modulaires, entourées d'une rue et de bâtiments industriels.

Un campement de travailleurs de LNG Canada à Kitimat

Photo : LNG Canada

Afin de mieux financer les services, Nicole Halbauer propose qu’une part stable et prévisible des redevances versées à la province par LNG Canada revienne à la région.

Ellis Ross, de son côté, insiste beaucoup sur l’importance du développement économique pour assurer un avenir aux différentes communautés, notamment autochtones, de la circonscription de Skeena.

Ma priorité a toujours été que nos communautés soient fortes et prospères, dit-il. De s’assurer que les gens aient un travail, qu’ils puissent acheter une maison, élever une famille et vivre une belle vie.

Un projet majeur et controversé

Selon LNG Canada, environ 3000 salariés sont actuellement à l’ouvrage à Kitimat, la plupart habitant dans des campements de travailleurs.

Au pic de la construction, la coentreprise prévoit employer jusqu’à 7500 personnes.

Si tout se déroule comme prévu, les premiers navires quitteront le port de Kitimat avec du gaz naturel liquéfié en 2025. À terme, de 300 à 450 emplois permanents seront créés, selon LNG Canada.

De grands tuyaux sur le sol, à côté de machinerie lourde.

Des tuyaux du gazoduc Coastal GasLink sur le point d'être mis en terre près de Kitimat.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Le gazoduc Coastal GasLink, qui doit transporter du gaz de schiste du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu’à cette installation en cours de construction, fait l’objet d’une forte opposition des chefs héréditaires Wet’suwet’en, qui n’ont pas consenti au passage du pipeline sur leur territoire traditionnel.

Plusieurs groupes écologistes s’opposent aussi à l’exploitation, au transport et à l’exportation du gaz naturel, et affirment que la complétion de LNG Canada mettra en péril l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre de la province : une diminution de 40 % en 2030 par rapport au niveau de 2007.

Bannière du dossier réunissant la couverture électorale.

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