•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Peu de femmes parmi les employés les mieux rémunérés d’Halifax

Kristine Fraser, de la Police régionale d'Halifax, sourit à la caméra.

L'agente Kristine Fraser, de la Police régionale d'Halifax

Photo : Radio-Canada / CBC/Angela MacIvor

Radio-Canada

Moins d’un employé sur cinq qui gagne un salaire annuel de plus de 100 000 $ à la Municipalité régionale d'Halifax est une femme, selon une analyse de Radio-Canada. Lorsqu’on observe la flotte totale d’employés rémunérés par la Ville, ce taux s’élève plutôt à 29 %, soit près d’un employé sur trois.

C'est entre 16,8 % et 19,2 % de femmes qui figurent sur les Sunshine Lists d’Halifax de 2018, 2019 et 2020, révèle notre compilation.

Selon la candidate Pam Lovelace, la Municipalité ne fait pas de cet enjeu une priorité et c’est pourquoi on ne voit pas de réel progrès ces dernières années.

L'augmentation du nombre de femmes sur la Sunshine List ou même dans des postes de direction au sein de la Municipalité régionale d’Halifax ne va pas augmenter de sitôt à moins que nous ne travaillions pour y remédier.

Pam Lovelace, candidate au poste de conseillère municipale du district 13

La Sunshine List (Nouvelle fenêtre) comprend le nom, le titre et le salaire de tous les employés rémunérés par la Ville d’Halifax ayant touché des revenus de 100 000 $ et plus. On y trouve par exemple le maire, des conseillers municipaux, des ingénieurs, des policiers et des comptables.

Les femmes représentent pourtant 29 % du bassin total d’employés de la ville d’Halifax, selon le rapport annuel 2017-2018 (Nouvelle fenêtre) du Comité exécutif permanent municipal sur la main d’œuvre. Ce nombre a d'ailleurs très peu varié depuis 2013, les plus anciennes données disponibles; il oscille entre 29,0 % et 29,8 % d’employées.

Une proportion que s’explique mal le conseiller municipal Richard Zurawski.

Sur près d'un demi-million d’habitants, on a probablement une répartition égale entre les hommes et les femmes. Mais la main-d'œuvre employée par la Ville ne représente pas cette proportion.

Richard Zurawski, conseiller municipal pour Clayton Park, à Halifax

Une logique à laquelle adhère la Municipalité régionale d’Halifax.

Dans un rapport d’octobre 2019 (Nouvelle fenêtre), l’ancienne directrice du bureau de l’inclusion et de la diversité Tracey Jones-Grant affirme que la référence minimale pour que les femmes soient adéquatement représentées dans n'importe quelle législature est de 30 % , mais qu’Halifax compte en faire plus, puisque le nombre de femmes vivant à Halifax est supérieur à 50 %.

Elle explique toutefois que la majeure partie de la main-d'œuvre est composée de rôles qui ont été historiquement dominés par les hommes, tels que les policiers, les pompiers, les opérateurs de transport en commun et les postes de travaux publics.

Le conseiller municipal  Richard Zurawski, souriant à la caméra devant un arbre.

Le conseiller municipal Richard Zurawski croit que les employés de la Municipalité d'Halifax devraient refléter la population qu'ils desservent.

Photo : Radio-Canada

Pour le conseiller municipal, ces données indiquent qu'il y a un problème latent avec le processus d'embauche qui porte préjudice aux femmes.

La Municipalité régionale d'Halifax a rappelé par courriel qu’elle a mis sur pied un comité consultatif en 2019, dont la mission est de résoudre les problèmes spécifiques au genre et donner des occasions liées à la politique municipale à davantage de femmes.

Une occasion à saisir

À la vue de ce faible pourcentage d’employées de la Ville, Richard Zurawski a ainsi déposé un avis de motion en février 2019 pour que le comité exécutif permanent, sur lequel il siège, dresse un portrait de la main-d’œuvre de la Ville.

Je voulais comprendre quel est le problème et y apporter des solutions. Il n'y a aucun emploi qui exigerait des hommes plutôt que des femmes à la ville d’Halifax, les femmes sont tout aussi capables d’occuper ces emplois que les hommes.

L'embauche risque d’augmenter considérablement dans les prochaines années, souligne Richard Zurawski, car au cours des cinq prochaines années, environ 30 % de la main-d'œuvre de la Municipalité partira à la retraite. Cette proportion grimpe d’ailleurs à 50 % lorsqu’on envisage les dix prochaines années.

C’est l’occasion parfaite d’instaurer la parité, croit le conseiller municipal.

Selon le conseiller, toutefois, il est normal que l’augmentation du nombre de femmes parmi la main-d’œuvre de la Ville soit lente, car ce sont des emplois très stables.

Pam Lovelace qui parle à la caméra

L'ancienne présidente d'Equal Voice en Nouvelle-Écosse Pam Lovelace croit que la municipalité régionale d'Halifax devrait en faire plus pour faciliter l'accès à des postes de leadership pour des femmes (archives).

Photo : CBC

Pam Lovelace croit au contraire que le fait que certains emplois soient déjà comblés ne devrait pas altérer la volonté de changement de l’administration.

Il est peut-être grand temps que nous évaluions si ces personnes sont les plus qualifiées pour occuper ces emplois. On ne devrait pas empêcher ces femmes d'y accéder parce quelqu’un y est depuis 10 ou 15 ans.

Pam Lovelace

Une stratégie d'embauche et d'engagement communautaire est en cours d’élaboration selon la Ville, pour favoriser et encourager l'inclusion, l'accessibilité et la transparence en matière d'embauche.

Dernière de classe

L'ex-directrice ‌du‌ ‌bureau‌ ‌de‌ ‌l’inclusion‌ ‌et‌ ‌de‌ ‌la‌ ‌diversité, Tracey Jones-Grant,‌ a produit un rapport en octobre 2019 pour comparer la proportion d’employées féminines d'Halifax à celle d'autres villes canadiennes.

Résultat : Halifax arrive en dernière position face à Ottawa, première de classe avec 46 % d'employées et derrière les villes d’Edmonton, Saskatoon, Vancouver et Calgary qui employaient toutes entre 31 % et 37 % de femmes. Radio-Canada n'a pas pu comparer d'autres villes canadiennes que celles sélectionnées pour ce rapport.

Tracey Jones-Grant relève toutefois que la proportion de femmes au sein des métiers traditionnels est similaire à celles des autres villes :

  • 14 % parmi les employés du transport en commun, contre une moyenne de 15,6 %;
  • 7 % parmi les pompiers, contre une moyenne de 7,3 %;
  • 30 % parmi les policiers, contre une moyenne de 25,6 %.

Méthodologie

Radio-Canada a téléchargé les Sunshine Lists de la ville d'Halifax de 2018 (Nouvelle fenêtre), 2019 (Nouvelle fenêtre) et 2020 (Nouvelle fenêtre), puis les a converties en document Excel. Le genre des employés a été déterminé grâce aux pronoms utilisés dans les communiqués de presse ou à leurs profils sur les réseaux sociaux (LinkedIn, Twitter et Facebook).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !