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Industrie forestière trop subventionnée selon l’IRIS : vives réactions en Abitibi-Témiscamingue

Des buches de bois.

L'industrie forestière est trop subventionnée, croit l'IRIS. (archives)

Photo : Jenny Friedrichs/Pixabay

Tanya Neveu

Des élus et des organismes de l’Abitibi-Témiscamingue réagissent fortement au rapport de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) en lien avec le financement de l’industrie forestière par l’État.

Selon une étude de l’IRIS publiée ce jeudi matin, le gouvernement du Québec doit cesser de subventionner comme il le fait l’industrie forestière.

En Abitibi-Témiscamingue, 20 municipalités sont légèrement ou très dépendantes à cette industrie.

Dans son étude, l’IRIS affirme que le gouvernement du Québec a octroyé 370 millions de dollars en 2019 pour les travaux sylvicoles et le développement de l’industrie des produits forestiers. En 2020, les subventions devraient atteindre 485 millions, toujours selon l’IRIS.

Elle a aussi constaté que le nombre d’emplois dans l’industrie a chuté de 35 % entre 2001 et 2018.

Le chercheur associé à l’IRIS, Alexandre Bégin croit que la générosité du gouvernement ne paie pas. Pour chaque dollar qui est donné par le gouvernement à l’industrie forestière, on en reçoit à peine 41 sous en redevance. Pour nous, c’est assez marquant , a-t-il affirmé à Des matins en or.

Un secteur économique important

Au Témiscamingue, 15 % des emplois sont reliés à l’industrie forestière. En Abitibi et en Abitibi-Ouest, ce pourcentage oscille entre 6 et 8 %, selon l’étude.

Claire Bolduc en entrevue dans nos studios de Rouyn-Noranda.

Claire Bolduc, préfète de la MRC de Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Vincent Desjardins

La préfète du Témiscamingue Claire Bolduc estime que les données de l’IRIS auraient dû être comparées avec d’autres secteurs d’activités.

Combien donne-t-on dans l’industrie avionique actuellement au Québec? Combien on a mis dans l’aéronautique au Québec? Combien pour Bombardier déjà donc? Et on a tout perdu ces investissements-là. L’IRIS vient nous dire qu’il ne faudrait pas soutenir notre industrie forestière et les 250 communautés rurales essentiellement forestières du Québec, je suis un peu étonnée , déplore Claire Bolduc.

Elle ajoute que plusieurs industries et entreprises qui gravitent dans le secteur forestier ont développé des expertises uniques en Amérique du Nord, que ce soit Ryam à Témiscaming ou LVL Global à Ville-Marie. D’autres entreprises répondent à des marchés de niche et sont très performantes, selon elle.

Faire parler les chiffres

Le maire de Senneterre et administrateur du comité sur la forêt à l’Union des municipalités du Québec, Jean-Maurice Matte, met en doute la méthodologie de l’étude. Il rappelle que l’industrie forestière représente 60 000 emplois au Québec.

C’est sûr qu’on peut faire dire ce qu’on veut à des chiffres, mais on ne peut pas remettre en question tout l’apport à l’économie du Québec que représente l’industrie forestière. C’est de mauvaise foi de dire que ce sont toutes des subventions à l’industrie forestière parce que là-dessus, on inclut les montants des travaux sylvicoles et c’est la responsabilité du gouvernement du Québec , explique-t-il.

Jean-Maurice Matte présente un projet aux journalistes.

Jean-Maurice Matte, maire de Senneterre (archives)

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La directrice générale de l’Association forestière de l’Abitibi-Témiscamingue (AFAT), Isabelle Boulianne, abonde dans le même sens. Elle croit que ce rapport donne encore une fois une mauvaise image à l’industrie forestière.

Elle ajoute qu’il faut prendre du recul entre ce qui ressort des faits saillants et les détails de l’étude.

Isabelle Boulianne avance notamment que les redevances ont été calculées avant 2013, alors que l’industrie forestière traversait une crise importante.

On dirait que ce qu’on a voulu faire ressortir dans les faits saillants et ce qu’il y a dans l’étude ne concorde pas nécessairement quand on prend la peine de bien lire. Je trouve que c’est un peu tendancieux, car tous les chiffres ont été pris durant la pire crise forestière que le Québec ait connue , constate-t-elle.

Les chercheurs derrière cette étude ont produit 200 demandes d’accès afin d’obtenir un portrait de la situation. Ils suggèrent également de transformer l’industrie et de diversifier les activités de la forêt.

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