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La pandémie amplifie les problèmes de dépendance à l'Î.-P.-É., constate la police

Un homme prend un verre d'alcool.

Il y a déjà eu dans la province en 2020 plus d'accusations pour alcool et drogue au volant que pendant toute l'année 2018, et ce, malgré le confinement et l'annulation de nombreux festivals et rassemblements (archives).

Photo : iStock

François Pierre Dufault

La pandémie de COVID-19 exacerbe les problèmes de dépendance à l'alcool et aux drogues, à l'Île-du-Prince-Édouard. C'est le constat que font les policiers dans la province, malgré une baisse marquée du nombre d'appels liés à la santé mentale en 2020 par rapport aux années précédentes.

Dans les régions rurales desservies par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le nombre de ces appels aurait diminué de près de 14 %, selon le corps policier.

Il n'y a qu'à Summerside où les policiers municipaux signalent une légère augmentation du nombre d'appels pour des personnes en état de crise.

La surintendante principale de la GRC à l'Île-du-Prince-Édouard, Jennifer Ebert, reconnaît qu'à première vue, ces données ont de quoi étonner. Toutefois, dit-elle, la pandémie de COVID-19 a bel et bien eu des répercussions sur la santé mentale des Insulaires.

Il suffit de gratter à la surface des statistiques pour constater que la santé mentale est une cause secondaire dans de nombreux appels que reçoivent les policiers, explique la commandante qui a comparu, mercredi, devant un comité parlementaire qui se penche sur les enjeux de santé et de développement social.

Ces données peuvent sembler contraires à tout ce qu'on entend depuis le début de la pandémie au sujet de la santé mentale. [Mais] les agents en première ligne voient le stress sur le visage des gens.

Jennifer Ebert, surintendante principale de la GRC à l'Île-du-Prince-Édouard

Selon la GRC, des problèmes de santé mentale sont souvent identifiés comme des causes secondaires dans des affaires de conduite avec facultés affaiblies, qui sont d'ailleurs en forte hausse à l'Île-du-Prince-Édouard dernièrement.

Il y a déjà eu dans la province en 2020 plus d'accusations pour alcool et drogue au volant que pendant toute l'année 2018, et ce, malgré le confinement et l'annulation de nombreux festivals et rassemblements.

Pour le ministre des Affaires municipales et des Pêches, Jamie Fox, qui est un ancien policier, l'enjeu n'est pas nouveau. C'est un problème de dépendance que bien des gens ont du mal à comprendre, mais qui n'est pas sans conséquence, soutient-il.

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Entre 2017 et 2018, le nombre de conducteurs arrêtés pour des facultés affaiblies a augmenté de 47 %, soit la plus importante hausse au pays, pour atteindre les 639 cas.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

L'Île-du-Prince-Édouard a des lois contre l'alcool et la drogue au volant parmi les plus sévères au pays.

Si nous soustrayons l'automobile de l'équation, c'est l'alcool qui devient le problème, observe le député libéral Gord McNeilly, qui préside le comité parlementaire sur la santé et le développement social. Une piste de solution, selon lui et selon quelques-uns de ses collègues, est d'aider les Insulaires à mieux surmonter leurs problèmes de dépendance.

Il faut aussi changer la perception, ancrée depuis longtemps à l'Île-du-Prince-Édouard, selon laquelle il est acceptable de prendre le volant après avoir consommé de l'alcool ou de la drogue, exhorte la surintendante Jennifer Ebert. Si vous avez grandi en voyant un parent, un grand-parent, un oncle ou une tante conduire en état d'ébriété, alors vous ne pensez pas que c'est un problème, déplore-t-elle.

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