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Des petites entreprises peinent à reprendre leur rythme en Saskatchewan

La devanture du bistro et café Abstractions, à Regina.

Selon le dernier rapport pancanadien de la FCEI, seulement 26 % des entreprises sondées en Saskatchewan sont parvenues à revenir à un chiffre d’affaires normal depuis le début de la crise.

Photo : Radio-Canada

Étienne Ravary Ouellet

Alors que les élections battent leur plein en Saskatchewan et que la province envisage une deuxième vague de COVID-19, la situation des petites entreprises ne s’est guère améliorée, annonce la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) dans son plus récent sondage.

La reprise a été très lente pour les entreprises en Saskatchewan, explique Marilyn Braun-Pollon, la vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante pour l’Ouest canadien.

Selon le dernier rapport pancanadien de la FCEI, qui sera rendu public d’ici la fin du mois d’octobre, plus des trois quarts (76 %) des entreprises en Saskatchewan ont repris leurs activités avec un chiffre d'affaires encourageant, alors que les autres provinces affichent plutôt une moyenne de 69 %.

Cependant, moins de la moitié (46 %) des entreprises de la province ont rembauché tous leurs employés. Ces chiffres donnent une idée de la situation dans la province, selon Mme Braun-Pollon.

On sait qu’une reprise économique saine passe d’abord et avant tout par les petites entreprises. Ce sont de premiers moteurs économiques de la province, dit-elle.

Seulement un quart (26 %) des entreprises sondées sont parvenues à revenir à un chiffre d’affaires normal, note le rapport. Le sondage précédent faisait plutôt état d'un retour à la normale pour 36 % des entreprises de la Saskatchewan, précise Marilyn Braun-Pollon.

Marilyn Braun-Pollon parle au journaliste.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante représente les employeurs de petites et moyennes entreprises saskatchewanaises.

Photo : Radio-Canada

[À la suite du déconfinement] certains secteurs comme l’agriculture et la construction sont parvenus plus rapidement à reprendre leurs affaires. Cependant, beaucoup d’entreprises de la restauration et du secteur du divertissement tirent les chiffres vers le bas , explique-t-elle.

Des entreprises durement touchées

Hayat Fakhoury, la propriétaire du Café Abstractions, à Regina, fait partie des commerces qui peinent à retrouver un rythme convenable.

Pour cette Syrienne d’origine, la crise de la COVID-19 a fait chuter de moitié l’achalandage de son bistro, et ses recettes ont encaissé un recul de 40 %. Elle a même dû mettre à pied sa propre fille au début de la crise.

Mon mari et moi, nous tentons de survivre en payant les dépenses. Nous ne pouvons pas fermer, parce que, même en mettant la clef sous la porte, nous allons devoir continuer à payer les factures et les fournisseurs. Nous n’avons pas le choix, dit-elle.

Le café Abstrations n’est pas le seul dans ce cas à Regina.

La devanture du restaurant Hunter Gatherer de Regina.

Des entreprises établies ont fermé leurs portes depuis le début de la crise, comme le restaurant végétarien Hunter Gatherer.

Photo : Radio-Canada

Des entreprises établies ont fermé leurs portes depuis le début de la crise, comme le restaurant végétarien Hunter Gatherer et le centre de divertissement Laser Quest. D’autres, comme le restaurant Bodega Tapas Bar et le Henry's Cafe, n’ont toujours pas rouvert.

Cette situation est difficile à accepter pour Hayat Fakhoury, qui a racheté le café avec son mari, Farid, en 2004. Sans les repas à emporter, qu’ils ont rapidement offerts au début de la crise, l’entreprise n’aurait pas pu survivre.

Malgré tout, il faut que la situation soit seulement temporaire pour que l'entreprise puisse continuer à exister, affirme-t-elle.

La propriétaire Hayat Fakhoury devant la devanture de son bistro et café Abstractions, à Regina.

Selon Hayat Fakhoury, la propriétaire du Café Abstractions, la COVID-19 a fait chuter de 50 % l’achalandage de son bistro, alors que ses recettes ont fondu de 40 %.

Photo : Radio-Canada

C’est difficile, quand un repas rapporte 8,50 $, mais que les services de livraison [comme Skip the dishes] prennent 30 % de marge, explique-t-elle. Il n’y a plus de bénéfice. C’est presque impossible de survivre.

Nous payons les factures, et une fois que les fournisseurs sont payés, il ne nous reste plus rien. Nous avons besoin d’aide.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Un engagement politique ferme

La campagne électorale battant son plein en Saskatchewan pourrait jouer un rôle, disent les experts interrogés. Le contexte électoral est favorable à la reprise économique, mais à condition d’avoir les bons objectifs en tête.

Selon le rapport de la FCEI, une majorité (67 %) des entreprises sondées souhaitent obtenir un congé fiscal et des investissements durables de la part du prochain gouvernement. Ce sont deux des six priorités définies par la FCEI pour permettre la reprise économique.

Ailleurs sur le web :

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Face à la situation, Scott Moe a annoncé récemment vouloir offrir un soutien aux PME de la province grâce à un allègement de leurs impôts, mais, selon Marilyn Braun-Pollon, ce n’est pas assez.

Les leaders doivent présenter leurs plans, ils doivent démontrer qu’ils ont compris les enjeux auxquels font face les petites entreprises.

Il est important de voir un engagement ferme des politiciens pour mettre en place une structure politique qui va en venir en aide aux entreprises, peu importe le parti.

Marilyn Braun-Pollon, vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Le président-directeur général de la Chambre de commerce de Regina, John Hopkins, croit également que les élections pourraient servir de levier.

Il est important de penser aux petites entreprises, mais il faut également se rappeler que les corporations et les grandes entreprises sont également celles qui font rouler l’économie à grande échelle et permettent un contexte de croissance favorable aux petites entreprises, selon lui.

Le PDG de la Chambre de commerce de Regina dans son bureau.

Le PDG de la Chambre de commerce de Regina croit que les élections pourraient servir de levier pour les entreprises de la province.

Photo : Radio-Canada

Il ne faut toutefois pas oublier les PME, dit-il.

Les grandes entreprises [comme la compagnie Mosaic] qui viennent s’installer dans la province, oui, elles sont bonnes pour l’économie, mais cela n’arrive pas très souvent. Il faut miser sur les entreprises en développement pour créer un équilibre, précise John Hopkins.

Un bon point de départ pour le prochain gouvernement, selon lui, serait d'établir les secteurs à développer et de leur proposer des avantages afin d’inciter de jeunes entreprises à venir s’installer dans la province et de favoriser l’entrepreneuriat.

La population joue également un rôle de premier plan dans cette reprise économique, selon les deux spécialistes. Le sondage réalisé par la FCEI montre que, en Saskatchewan, 7 entreprises sur 10 craignent de ne pas survivre si les clients réguliers ne reviennent pas.

Il faut vraiment réhabituer les gens à consommer et à acheter localement, explique John Hopkins.

Même son de cloche du côté de la vice-présidente de la FCEI. On encourage vraiment les gens à sortir et à acheter localement. Votre prochain café ou votre prochaine paire de souliers pourraient améliorer les choses.

Au final, ce qui compte, c’est d’encourager les entreprises qui existent, ajoute le PDG de la Chambre de commerce de Regina.

En parlant des promesses électorales, il apporte une précision : Les politiciens peuvent offrir toutes les mesures, mais ce qui compte, c’est de permettre aux entreprises qui existent déjà de survivre. Les partis politiques ne doivent pas oublier que ce sont les entreprises de la Saskatchewan qui font vivre nos familles et nos voisins. Il faut les soutenir.

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