•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La femme blanche de banlieue, cible indispensable de Donald Trump

Elles étaient l’arme secrète de Donald Trump en 2016. Les femmes blanches de banlieue lui ont donné un coup de main pour qu’il accède à la Maison-Blanche. Quatre ans plus tard, il plaide pour qu'elles le soutiennent à nouveau. Son voeu sera-t-il exaucé?

Plan large de femmes partisanes de Trump lors d'un rassemblement.

Donald Trump aimerait pouvoir compter sur le vote des femmes blanches de banlieue, comme en 2016.

Photo : La Presse canadienne / AP/Farnoush Amiri

Deanna Magee, mère monoparentale de deux enfants de 10 et 14 ans, n’est pas peu fière de nous montrer son arme à feu préférée, un Glock, une des quelques armes semi-automatiques qu’elle possède dans sa maison cossue de Lake Mary, dans la grande banlieue d’Orlando, en Floride.

Elle a peur que, si Joe Biden est élu, une administration démocrate lui enlève son droit de porter des armes et même son AR-15, un fusil d’assaut. Fusil qu'elle ne pense pas utiliser, mais qui est là au cas où.

Des banlieues dans le chaos?

Il y a quelques jours, elle a participé pour la première fois à un rassemblement du président sortant à Sanford, non loin de chez elle. Elle est convaincue de la victoire de Donald Trump et assure que si Joe Biden gagne, ce sera le chaos dans sa banlieue.

Plan rapproché de Deanna Magee, devant l'entrée de son garage.

Deanna Magee croit que si Joe Biden est élu, le chaos envahira les banlieues.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Le message du président qu’il martèle sur la présumée abolition ou destruction des suburbs (banlieues) par le clan démocrate semble porter fruit. Depuis qu’il a supprimé une réglementation de l’ère Obama qui favorisait un certain mélange social dans ces quartiers, Donald Trump n’a de cesse de répéter, sans preuve, qu’il y aurait, sous Biden, une multiplication de logements à bas prix avec, à la clé, des tensions sociales. Regardez ce qui se passe dans les rues, les émeutes, les gens qui ne respectent pas la loi, explique Deanna Magee, faisant allusion aux tensions dans la rue depuis la mort de George Floyd et Breonna Taylor, deux Afro-Amércains morts aux mains de policiers.

Les inégalités raciales dans d’autres coins feraient que certains viendraient détruire nos maisons? Cela n’a aucun sens, réplique Krisha Gentsch, une résidente de 35 ans du même quartier.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Plan large de Krisha Gentsch, devant sa maison.

Les femmes blanches des banlieues voteront-elles à nouveau pour Trump?

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Pour la première fois dans cette élection, Mme Gentsch a décidé d’afficher publiquement ses couleurs politiques en plantant une pancarte Biden-Harris devant sa maison.

Si je ne le fais pas, je pourrais être perçue comme une électrice de Trump, et ça, je ne le veux pas, ajoute-t-elle.

Un fief rouge qui vire au bleu?

Il faut dire que dans le comté de Seminole, un bastion républicain où les femmes sont plus nombreuses que les hommes, les pancartes démocrates fleurissent un peu partout, ce qui est plutôt nouveau. Brenda Tompkins, une ancienne républicaine de l’ère de George Bush père, milite depuis quelques élections pour le Parti démocrate. Il y a quatre ans, quand Hillary était la candidate démocrate, il y a avait à peu près 4 pancartes démocrates dans le quartier et une bonne douzaine pour Trump, aujourd’hui c’est l’inverse, une douzaine pour Biden et quatre pour Trump.

Une pancarte Biden/Harris sur un terrain.

Les pancartes en soutien au Parti démocrate sont plus nombreuses qu'en 2016 dans les banlieues de la Floride.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Elle estime que le comté pourrait bel et bien basculer vers le bleu démocrate, et il le faut, selon elle, car cette élection va marquer la nation pour une très longue période. Celle qui a peint une palette de bois recyclée aux couleurs du drapeau américain, en a assez que Donald Trump se soit emparé de l’emblème national pour faire croire que si on ne vote pas pour lui, on n’est forcément pas un patriote.

Comme si parce qu’on était démocrate, on était antiaméricain, moi je suis très patriotique.

Brenda Tompkins, une ancienne républicaine qui milite maintenant pour les démocrates

Deanna Magee, elle, n’en démord pas, les rassemblements bondés pour Trump feront mentir les sondages. Vous voyez des drapeaux pro-Trump un peu partout dans le centre de la Floride, parfois même 200, 300 personnes qui font la vague avec un drapeau dans le comté. Chez Biden, vous en avez peut-être juste 12 ou 15, et je n’exagère pas, soutient-elle. Elle ajoute que parmi ses amies blanches, aucune ne votera pour le candidat démocrate.

S’il vous plaît, aimez-moi

De quoi encourager Donald Trump, qui pourtant semble savoir que le vote des femmes de banlieue lui glisse entre les mains. Cette semaine encore, il l’a répété lors de ses rassemblements. Faites-moi une faveur, femmes de banlieues, s’il vous plaît, aimez-moi, j’ai sauvé vos maudites banlieues.

Pour Krisha Gentsch, cela restera une fin de non-recevoir. Il essaie juste d’instaurer un climat de peur dans nos vies confortables de gens de banlieue. Quatre ans de plus, cela me fait peur, Joe Biden n’est pas mon candidat idéal, mais c’est celui que nous avons, alors…

Le résultat dans ce comté sera probablement représentatif du résultat final de l’État au complet. Donald Trump saura donc dans moins de 3 semaines s'il a bien fait de parier à nouveau sur les femmes blanches de banlieue.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !