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Enquête réclamée sur les soins de longue durée au Nouveau-Brunswick

Une employée d'un foyer de soins et un homme poussant une marchette.

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick présente des recommandations pour améliorer les foyers de soins du Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick réclame une enquête sur l’état « inacceptable » des soins de longue durée dans la province.

Les conclusions du syndicat figurent dans un rapport d’environ 200 pages intitulé La génération oubliée : Appel urgent à entamer une réforme du secteur des soins de longue durée au Nouveau-Brunswick et qui est rendu public jeudi.

Le secteur des soins de longue durée fonctionne dans un brouillard. Le gouvernement manque de données. On ne peut s’en remettre à lui pour régler seul cette crise. Il faut tenir une enquête provinciale en vertu de la Loi sur les enquêtes afin de disposer des données nécessaires pour entreprendre des réformes désespérément requises. On n’a pas de temps à perdre. Nos aînés les plus vulnérables sont à risque, affirme la présidente du Syndicat, Paula Doucet, citée dans un communiqué.

Le Syndicat dit représenter plus de 500 infirmières et infirmiers immatriculés travaillant dans les foyers de soins au Nouveau-Brunswick. Il présente les conclusions suivantes après les avoir sondés :

  • 73 % des répondants indiquent que la qualité des soins aux résidents s’est détériorée dans leur foyer au cours des trois à cinq dernières années;
  • 89 % des répondants disent que les résidents ne reçoivent pas l’aide nécessaire pour faire de l’exercice régulièrement;
  • 63 % des répondants jugent que les soins d’hygiène ne sont pas offerts régulièrement aux résidents;
  • 61 % des répondants estiment que les familles ne sont pas informées régulièrement;
  • 57 % des répondants signalent que les résidents ne reçoivent pas un bain régulièrement.

Le Syndicat estime qu’une enquête est nécessaire pour répondre à certaines questions.

Par exemple, pourquoi le niveau d’acuité de l’état des résidents des foyers de soins continue-t-il d’augmenter chaque année tandis que le personnel soignant réglementé continue de diminuer? Comment peut-on permettre à la moitié des foyers de soins au Nouveau-Brunswick de ne pas respecter les normes minimales d’une dotation sécuritaire? Pourquoi les taux de violence dans les foyers de soins atteignent-ils des proportions inquiétantes? Pourquoi les dirigeants du Nouveau-Brunswick estiment-ils que la privatisation améliorera la situation lorsque des éléments probants montrent qu’elle aura assurément pour effet de l’aggraver? demande Paula Doucet.

Rejointe peu de temps après la publication du rapport, l'Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick a applaudi l'initiative, mais déploré le manque de consultation de la part du syndicat.

C’est bien qu’on prenne soin de nos aînés et ce rapport-là permet d'identifier plein de choses qui peuvent être faites. Ce qu’on déplore par contre, c’est que nous n’avons pas été impliqués dans le processus dès le départ, explique le président de l’association, Marcel Larocque.

Ce manque de consultation se serait par ailleurs traduit par une absence de certains enjeux importants, selon lui, comme les droits linguistiques et les services à domicile.

L’association dit tout de même appuyer l’idée d’une enquête, mais elle espère que celle-ci entraînera des actions concrètes.

Des actions plutôt qu'une enquête

C’est d'ailleurs sur la prise d'action qu’une professeure spécialiste en gériatrie croit qu'il faut mettre davantage d'efforts.

En ce moment, nous n’avons pas besoin d’une autre enquête. Je préférais qu’on prenne action au lieu de passer une autre année ou deux à faire des études sur une situation qu’on connaît déjà.

Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l’Université de Moncton et directrice au Centre d’études du vieillissement

À mon avis, nous avons suffisamment d’informations grâce aux rapports ou aux études passés, avance Suzanne Dupuis-Blanchard, professeure à l’Université de Moncton et directrice au Centre d’études du vieillissement.

Le rapport du Syndicat comprend près de 40 recommandations à l’intention des gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick.

Les recommandations portent notamment sur le financement et la gestion des soins, sur l’immigration et sur des mesures incitatives pour les étudiants afin de répondre aux besoins de travailleurs dans le domaine, sur l’inspection des foyers de soins et sur leur dotation en personnel.

« Une discussion pour un autre jour »

Le ministre du Développement social, Bruce Fitch, a accusé réception du rapport, jeudi.

Si M. Fitch ne rejette pas l'idée d'une enquête publique, il estime toutefois que le moment pour un tel travail n’est pas opportun.

En ce moment, il faut que tout le monde travaille ensemble afin de combattre la COVID-19. Je pense que ce n’est peut-être pas le moment pour une enquête publique, peut-être dans le futur [...] Mais je veux remercier tout le monde qui travaille dans les maisons de repos. C’est très difficile et j’apprécie cet effort.

Le ministre affirme avoir demandé à son cabinet de planifier une rencontre avec la présidente syndicale, Paula Doucet.

Avec les informations de Wildinette Paul

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