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Les musées québécois dans la tempête COVID-19

Leurs finances souffrent de la crise de la COVID-19. Le Musée d'art contemporain (MAC) a perdu 85 % de ses revenus de billetterie.

Un homme est assis sur un banc devant l’œuvre composée de 4 tableaux de forme carrée qui sont entièrement rouges.

Un homme contemple l’œuvre « Rouge », de Françoise Sullivan, au Musée d'art contemporain de Montréal.

Photo : Getty Images / Thierry Falise

Radio-Canada

Québec a lancé, mardi, un fonds régional d’urgence de 3 millions dollars pour les organismes culturels, et notamment les musées, qui souffrent financièrement de la crise de la COVID-19. Si ce fonds et l’aide supplémentaire de 5 millions de dollars annoncée au début d'octobre constituent une bonne nouvelle pour une partie des institutions muséales, dont certaines voient leur survie menacée, les musées nationaux se sentent oubliés.

Ce fonds régional d’urgence arrive au bon moment, alors que la zone rouge s’étend au Québec, obligeant encore plus de musées à fermer, constate Stéphane Chagnon, directeur général de la Société des musées du Québec (SMQ).

L’aide de 5 millions de dollars présentée le 2 octobre dernier était réservée aux 112 musées dont le fonctionnement était déjà soutenu par le gouvernement québécois. [La création du fonds d’urgence] est une excellente nouvelle pour les autres musées, ceux qui ne sont pas déjà soutenus, explique-t-il.

On souhaitait une aide, car on craignait que des petits musées, dotés de petits budgets de 300 000 $, meurent. J’espère que cela va permettre d’éviter des fermetures.

Stéphane Chagnon, directeur général de la SMQ

Les musées qui bénéficieront du fonds d’urgence recevront au maximum 50 000 $ chacun. Cette mesure ainsi que l’aide de 5 millions de dollars suffiront-elles pour traverser cette crise? Stéphane Chagnon aimerait croire que oui, mais la question se pose, étant donné que la crise de la COVID-19 a déjà fait des dégâts et que rien n'indique que les musées rouvriront après le 28 octobre dans les zones rouges.

De lourdes répercussions financières

Si certains musées situés dans les zones touristiques très fréquentées cet été ont réussi à tirer leur épingle du jeu, d’autres connaissent une baisse de fréquentation radicale depuis quelques mois. C’est la catastrophe dans le Vieux-Montréal, déclare Stéphane Chagnon.

Le Québec compte environ 400 musées. En plus de ne pouvoir accueillir qu’un nombre réduit de personnes lors des journées achalandées en raison de la distanciation physique, les musées encore ouverts ne peuvent plus compter, comme avant, sur la clientèle touristique internationale ainsi que sur le public scolaire.

La première enquête menée par la SMQ avait permis d’établir que les musées québécois avaient perdu 20 millions de dollars, entre le mois de mars et la mi-juin, en revenus autonomes : billetterie, ventes en boutique, location de salles… La SMQ prépare actuellement une seconde enquête.

À la baisse sévère des revenus de billetterie s’ajoutent les dépenses occasionnées par la nécessité de respecter les normes sanitaires au sein de ces espaces culturels.

Par exemple, le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) a vu ses revenus de billetterie chuter de 85 %. Et avant même la fermeture du musée, le 1er octobre, son déficit anticipé s’élevait à 1,3 million de dollars, soit 10 % de son budget, pour l’année financière en cours, selon le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Cette organisation représentant notamment le personnel du MAC et des deux autres musées nationaux – le Musée des beaux-arts du Québec et le Musée de la civilisation – a publié, la semaine dernière, un communiqué pour dénoncer le manque d’aide financière octroyée aux musées nationaux, qui ne sont pas concernés par les récentes mesures d’aide aux musées privés.

La situation est difficile pour nous, confirme Marine Godfroy, chef des communications et du marketing du MAC.

Du côté de la programmation, la pandémie complique l’organisation de grosses expositions internationales. Les coûts de transport ont triplé, explique-t-elle.

Des coupes dans le personnel

Certains musées ont donc dû réduire leur personnel, faisant craindre une perte d’expertise à plus long terme pour le réseau muséal québécois.

Vendredi, le MAC a réduit le temps de travail de ses équipes de 35 heures à 32 heures.

De son côté, le Musée des beaux-arts de Montréal a procédé à contrecœur à des mises à pied temporaires. Toutes les personnes mises à pied lors du premier confinement n’avaient pas été réembauchées en raison de notre activité restreinte, explique Marie-Claude Lizée, chef de la publicité, de la promotion et des communications numériques au MBAM.

Cet automne, on sentait un renouveau, alors on allait réembaucher des personnes en médiation, mais cela est mis sur la glace [le musée étant à nouveau fermé depuis le 1er octobre], ajoute-t-elle.

Cet été, le MBAM n’a fonctionné qu’à 25 % de sa capacité normale. Les revenus de billetterie étant moindres, le musée avait laissé certains de ses pavillons fermés afin de limiter ses coûts d'exploitation.

Nous sommes dans une gymnastique pour voir comment repenser nos activités afin de revenir à un équilibre budgétaire, dit Marie-Claude Lizée. C’est l’aide fédérale qui nous permet de minimiser l’impact de la pandémie et de garder nos employés actuels.

Le SPGQ déplore le fait que le personnel des musées soit victime des problèmes financiers subis par les institutions muséales.

La réaction des musées est de couper dans les ressources [...] alors qu’on devrait, au contraire, redoubler d’efforts pour permettre aux gens qui y travaillent de trouver des manières de rendre la culture accessible, même si ce n’est pas par la visite du musée, a déclaré la présidente du syndicat, Line Lamarre, à Catherine Richer, la chroniqueuse culturelle de l’émission Le 15-18.

Les musées nationaux sont présentement en discussion avec le gouvernement au sujet de leurs difficultés.

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