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Une mère en deuil fait des reproches aux services sociaux de Terre-Neuve-et-Labrador

Nympha Rich.

Le fils de Nympha Rich, Wally, s’est suicidé dans un foyer de groupe au Labrador en mai 2020. Elle juge que les services sociaux ont manqué à leur devoir.

Photo : CBC

Radio-Canada

Nympha Rich affirme que son fils Wally Rich serait toujours vivant si les services de protection de l’enfance lui avaient accordé une seconde chance de s’occuper de lui.

L’adolescent de 15 ans s’est suicidé le 22 mai dernier tandis qu’il était dans un foyer de groupe au Labrador.

La travailleuse sociale qui supervisait son dossier, Linda Saunders, a récemment déclaré à CBC qu’il y avait des problèmes dans les services de protection de l’enfance avant la mort de l’adolescent. Selon elle, les travailleurs sociaux ne sont pas assez nombreux et ils sont surchargés de travail, ils gèrent deux fois plus de cas que la norme. Elle ajoute qu’on ne lui avait même pas confié un téléphone et un ordinateur portable durant la pandémie.

Linda Saunders a été congédiée après la mort de Wally Rich.

Nympha Rich n’a jamais rencontré Linda Saunders, qui était la dernière travailleuse sociale chargée de superviser le dossier de son fils.

Résidente de Natuashish, Mme Rich affirme qu’elle ne sait pas pourquoi son fils s’est enlevé la vie ni s’il avait fait plusieurs tentatives.

Son fils, explique-t-elle, a été pris en charge il y a environ 10 ans parce qu’elle luttait contre un problème d’alcoolisme.

Wally Rich.

Wally Rich, un jeune Innu du Labrador, était sous la tutelle des services sociaux depuis une dizaine d'années quand il s'est suicidé, selon sa mère.

Photo : Gracieuseté/Nympha Rich

C'était un bon garçon qui aurait dû faire l’objet d’une surveillance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, parce qu’il avait souvent parlé de suicide, souligne Nympha Rich.

Les services sociaux, dit-elle, lui avaient assuré que son fils serait en sécurité dans le foyer de groupe, où il est mort. Selon elle, le garçon avait toujours faim quand elle lui rendait visite et il lui demandait toujours à quel moment il pourrait rentrer à Natuashish avec elle.

Son fils, souligne-t-elle, a fini par revenir à Natuashish, mais dans un cercueil.

Nympha Rich dit qu’elle ne fait plus confiance aux services de protection de l’enfance depuis la mort de son fils et qu’elle remet en question la sécurité du foyer de groupe.

Un incident quelques jours avant l’irréparable

Nympha Rich estime que les travailleurs sociaux auraient dû mieux veiller sur son fils après un incident survenu durant le long week-end de mai.

Lors de l’incident, la Gendarmerie royale du Canada, le personnel du foyer de groupe et le ministère de l’Enfance, des Aînés et du Développement social sont intervenus. Mais, selon Linda Saunders, personne du Ministère n’a visité le jeune Wally par la suite. Il est mort quelques jours plus tard.

Mon fils pourrait être vivant à l’heure actuelle si le Ministère m’avait donné une seconde chance, mais non, il ne me l’a pas donnée, affirme Nympha Rich.

Elle accuse le Ministère d’avoir manqué à son devoir et d’avoir causé de grands torts à la collectivité.

Nympha Rich en sait encore très peu sur les circonstances de la mort de son fils et elle réclame des réponses à ses questions. Elle a été informée de sa mort par un policier au moment où elle communiquait avec le foyer de groupe pour vérifier s’il se portait bien parce qu’un ami du garçon lui avait signalé qu’il avait tenté de se suicider. Selon elle, le foyer de groupe et le Ministère doivent assumer leurs responsabilités.

Nympha Rich ajoute que les autorités provinciales lui ont offert de payer la pierre tombale de son fils, mais qu’elle préfère en trouver une sans leur aide.

Entre-temps, dit-elle, une enquête longuement attendue sur les jeunes Innus pris en charge donnera l’occasion à d’autres parents de raconter leur histoire. Le budget provincial comprend un million de dollars pour cet exercice.

Je ne reverrai jamais mon garçon, déplore Nympha Rich.

Avec les renseignements de Heather Gillis, de CBC

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