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Québec subventionne trop l’industrie forestière, selon une étude de l’IRIS

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Un travailleur s'active à la scierie des Outardes de Produits forestiers Résolu.

Le nombre d’emplois dans l’industrie forestière a chuté de plus de 35 % entre 2001 et 2018 (archives).

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement du Québec doit cesser de subventionner comme il le fait l'industrie forestière, pour qui les belles années ne reviendront pas, conclut une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Dans son rapport publié jeudi, l’IRIS indique que Québec subventionne de plus en plus l’industrie forestière, malgré son constant déclin depuis le début des années 2000.

Les pâtes et papiers et l’exploitation forestière sont en chute libre, le nombre d’emplois baisse sans arrêt depuis l’an 2000. Les travailleurs ont tendance à avoir des augmentations de salaire plus faibles que le coût de la vie, explique l'un des chercheurs ayant participé à cette étude, Bertrand Schepper.

Graphique présentant la courbe descendante du nombre d'emplois liés à l'industrie forestière au Québec.

Le nombre d'emplois liés à l'industrie forestière est en diminution depuis le début des années 2000.

Photo : Gracieuseté Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS)

Le gouvernement a octroyé 370 millions de dollars en 2019 pour les travaux sylvicoles et le développement de l’industrie des produits forestiers, en plus d’élargir les territoires ouverts à la coupe. En 2020, les subventions devraient atteindre 485 millions de dollars, selon l’IRIS.

Chaque dollar dépensé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs rapporte pourtant 0,41 $ en recettes forestières, selon l’étude.

Plus d’une municipalité québécoise sur dix a un certain degré de dépendance à l’industrie forestière, selon l’IRIS. Le Bas-Saint-Laurent se trouve en tête, avec 33 municipalités qui dépendent de cette industrie, devant Chaudière-Appalaches (27) et l'Abitibi-Témiscamingue (20).

Les chercheurs qui ont réalisé l'enquête affirment qu’il faut renouveler le modèle de l’industrie forestière avant que le Québec perde davantage.

On est à la croisée des chemins. Il faut réfléchir sur comment on subventionne et si les subventions qui vont en dehors des grands centres doivent être maintenues de la même manière.

Bertrand Schepper, co-auteur de l'étude

M. Schepper et son équipe estiment qu’il faut rapidement diversifier les activités de la forêt en encourageant, par exemple, le tourisme et l’exploitation de la biomasse afin de sauver les emplois en région.

L’étude de l’IRIS a nécessité près de 200 demandes d’accès à l’information pour obtenir un portrait clair de la situation.

Un rapport remis en question

Le rapport de l’IRIS n’est cependant pas satisfaisant aux yeux du professeur en politique forestière de l’Université Laval, Luc Bouthillier.

Selon lui, il manque de nombreuses données pour donner un portrait fidèle de l’industrie.

Il donne en exemple la période pendant laquelle les données ont été compilées. Il considère que l'étude rapporte des informations qui vont du début des années 2000, qui correspondent aux années très fastes de l'industrie, jusqu'à une époque très difficile pour les forestiers.

Il souligne que le système d'enchère de gouvernement pour la vente du bois a changé la donne dans les dernières années. Dans les cinq dernières années, les choses ont un petit peu changé , nuance-t-il.

Aussi, Luc Bouthillier juge que l'entretien de la forêt publique peut difficilement être considéré comme une dépense.

Les dépenses du gouvernement en forêt publique, ce sont des dépenses pour le bien public, pas pour l’industrie. Et ça je pense [que l’étude], est passé à côté.

Luc Bouthillier, professeur en politique forestière, Université Laval

Le professeur ajoute que l'économie forestière a été traversée par de nombreux changements qui n’ont pas été pris en compte dans l’étude.

Un homme est photographié plan épaule avec des arbres en arrière-plan.

Le professeur en politique forestière de l’Université Laval, Luc Bouthillier (archives)

Photo : Radio-Canada

Le PDG du Conseil de l'industrie forestière, Jean-François Samray, considère aussi que l'étude a oublié des aspects importants de la récolte forestière qui laissent des retombées économiques majeures dans les poches des Québécois.

[Les retombées] profitent à toutes les régions et pour le gouvernement, les revenus directs et indirects de l'industrie forestière sont de 4,8 milliards de dollars, rappelle-t-il.

Il rappelle que 1700 entreprises forment cette industrie. Elles donnent de l'emploi à 60 000 travailleurs.

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