•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Facebook ferme la page d'un parti conspirationniste en Nouvelle-Zélande

Le réseau social est souvent critiqué pour son manque d'empressement à contrôler les contenus circulant sur ses pages.

Un téléphone montrant le logo de Facebook est placé devant un écran d'ordinateur montrant une modélisation du coronavirus.

Facebook est un lieu privilégié de dissémination au sujet de la COVID-19.

Photo : Getty Images / AFP/OLIVIER DOULIERY

Agence France-Presse

Facebook a fermé jeudi la page d'un parti conspirationniste, Advance New Zealand, deux jours avant les élections en Nouvelle-Zélande, accusant cette formation qui surfe sur les théories du complot de promouvoir la désinformation au sujet de la pandémie.

C'est la première fois que le géant californien prend une telle mesure contre un parti néo-zélandais en pleine campagne, confirmant ainsi une volonté d'agir contre la désinformation sur le réseau social.

Nous n'autorisons personne à partager sur notre plateforme la désinformation au sujet de la COVID-19, qui serait de nature à porter de façon imminente un préjudice physique, a expliqué à l'AFP un porte-parole de Facebook en dénonçant des violations répétées commises par la page Advance New Zealand/New Zealand Public Party.

Cette décision a été condamnée par le fondateur du parti, Billy Te Kahika, qui est devenu une figure de proue de la mouvance conspirationniste locale, et qui a crié au coup de force autoritaire du gouvernement.

Cet ancien guitariste de blues au succès confidentiel, également connu sous le nom de Billy TK, a aussi fustigé une ingérence de Facebook dans le processus électoral, lui qui avait en quelques mois vu son audience exploser grâce au réseau social.

Facebook a désormais officiellement commis une ingérence dans les élections néo-zélandaises de 2020, a-t-il dit dans une vidéo en direct sur son compte Facebook personnel.

Ils l'ont fait au milieu d'une émission et c'est incroyable, les gars. C'est extraordinaire (...) ils ont finalement mis leurs menaces à exécution.

Le réseau social a souvent été critiqué par le passé pour son manque d'empressement à contrôler les contenus circulant sur ses pages.

Mais le groupe a multiplié ces derniers temps les mesures pour lutter contre la désinformation, les faux comptes aux arrière-pensées partisanes ou les discours haineux.

Début septembre, il a fermé le compte d'un membre du parti du premier ministre indien Narendra Modi pour avoir diffusé un discours de haine envers les musulmans.

Et jeudi, le réseau social a bloqué le partage en ligne d'un article controversé du New York Post sur Joe Biden, candidat démocrate à la Maison-Blanche.

Des partisans du parti en colère

Expliquant sa décision sur Advance New Zealand, il a affirmé qu'il sévirait contre tout acte de désinformation relative à la pandémie, quelle que soit l'affiliation politique de son auteur.

Billy TK, qui brigue un fauteuil de député, a été l'une des surprises de la campagne pour les législatives néo-zélandaises.

Ses publications sur les réseaux sociaux comme ses discours de campagne sont truffés d'emprunts aux théories du complot qui se sont propagées dans le monde aussi vite que le coronavirus.

Avec toujours en toile de fond cette obsession d'un deep state, un État de l'ombre ou État profond, et l'affirmation que la crise sanitaire aurait été fabriquée par les gouvernements pour prendre le contrôle de leur population.

Billy TK défend aussi l'idée d'un projet des Nations unies de parquer tous les ruraux dans des super-villes afin de confisquer leurs terres. Avec en coulisses Bill et Melinda Gates, Hillary Clinton ou la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern qui tireraient les ficelles.

Et jeudi, il a accusé Mme Ardern d'être derrière la décision de Facebook.

Nous ne sommes ni en Corée du Nord, ni en Chine, mais c'est pourtant l'impression que donne l'attitude du gouvernement, a-t-il dit.

Une colère décuplée par ses partisans sur les réseaux sociaux.

Ils ont fait cela à Trump, vous êtes tous les deux une menace pour l'establishment, commentait un internaute quand un autre ajoutait : Plus ils vous combattent, plus vous êtes crédibles.

Entre fin juin et début octobre, la page Facebook AdvanceNZ a été vue 5,3 millions de fois, selon l'outil d'analyse des réseaux sociaux CrowdTangle.

Un chiffre hallucinant pour un nouveau venu sur la scène politique d'un pays de 5 millions d'habitants, devant celui des travaillistes (5,2 millions de vues) et celui du Parti National, principale formation de l'opposition (2,8 millions de vues).

Pour autant, cette visibilité en ligne ne semble pas s'être traduite dans les intentions de vote.

Billy TK avait dit à l'AFP pouvoir rassembler 15 % de l'électorat sur son nom le 17 octobre. Mais un sondage publié jeudi ne le créditait que de 1 %.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !