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Les policiers interrompent une soirée de bingo à Saint-Jean-sur-Richelieu

Deux personnes jouent au bingo face à face.

Environ 170 personnes étaient présentes dans la salle du bingo communautaire HR au moment de l'intervention policière.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Les responsables d'une salle de bingo de la Montérégie, qui se sont attiré les critiques pour avoir rassemblé des centaines de personnes vendredi, ont récidivé mercredi soir, si bien que les policiers ont dû interrompre l'activité. Un cas de coronavirus lié à la fréquentation de l'établissement au début du mois est confirmé par les autorités sanitaires.

Au lendemain de la fermeture du bingo, on apprend qu'une des personnes ayant pris part à la soirée de bingo du 4 octobre dans cette salle de Saint-Jean-sur-Richelieu, qui a rassemblé 250 personnes, a été déclarée positive à la COVID-19, a annoncé aujourd'hui la santé publique. Elle demande aux participants d'aller se faire dépister.

En raison du nombre important de personnes présentes et du fait que des gens plus vulnérables peuvent avoir fréquenté cet endroit, nous recommandons ce dépistage par mesure de précaution, affirme-t-elle dans un communiqué.

Le CISSS de la Montérégie-Centre soutient cependant qu'aucun autre cas n'a été associé à ce bingo depuis le 4 octobre.

En conférence de presse jeudi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, s'est montré assez catégorique : Je ne voudrais pas que les bingos deviennent le karaoké d'il y a quelques semaines. Il faisait ainsi référence à la soirée de karaoké tenue au bar Kirouac, à Québec, en août dernier, et qui a entraîné au moins un décès et plus de 80 cas de COVID-19.

La porte d'entrée de l'établissement.

Le bingo communautaire HR de Saint-Jean-sur-Richelieu a reçu cinq visites de la police depuis le mois de juillet.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Khayat

On avait le droit

Le président du bingo communautaire HR de Saint-Jean-sur-Richelieu, Christian Haché, considère qu’il n’a pas commis de faute en tenant un bingo hier soir.

Il dit qu'il a respecté les règles et qu'il était dans son droit d’organiser pareil événement. On est une maison de jeu. On a un permis de la Régie des courses et des loteries du Québec pour pouvoir exploiter un bingo, a-t-il dit à l'émission Tout un matin, jeudi.

Selon la santé publique, le bingo est une activité de loisir qui se pratique souvent dans une salle et qui ne peut pas être assimilée à une audience ou à une réunion.

En zone orange, on avait le droit de tenir, d’après le décret, un bingo avec 250 personnes. On a arrêté de faire entrer les gens après 220 personnes, en passant. On a une capacité de 250 personnes, mais on a arrêté à 220, affirme M. Haché.

On avait droit aux 250 [personnes] au même titre que le casino. Les casinos qui sont en zone orange, ils étaient ouverts hier et avant-hier. S’ils sont tombés en zone rouge, ils ont été fermés, comme nous, on va être fermés, ajoute-t-il.

Pour le ministre Dubé, les organisateurs ont manqué de jugement. On a dit qu'on ne voulait pas de rassemblements intérieurs [...], j'ai un peu de misère à comprendre que quelqu'un [...] puisse faire un bingo de 250 personnes, a-t-il déploré.

M. Dubé n'exclut pas de préciser le décret gouvernemental pour clarifier que les bingos, ce n'est pas permis.

Recommandations contradictoires

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avait pourtant précisé mercredi que les salles de bingo n'ont pas le droit de rassembler plus de 25 personnes, après que 250 personnes, principalement dans la soixantaine, se furent rassemblées vendredi. Le MSSS allait jusqu'à recommander aux participants de surveiller l'apparition de symptômes de COVID-19 au cours des prochains jours.

Le Secrétariat du bingo, l'organisme qui représente les salles de bingo du Québec, recommandait jusqu'à ce moment que la capacité soit limitée à 250 personnes. Il prétendait aussi que les salles pouvaient en réalité accueillir autant de personnes qu'elles le souhaitent pourvu qu'il y ait un maximum de 10 personnes par table et une distance de deux mètres entre chacune d'elles.

Loto-Québec en cause?

Christian Haché confirme que 250 personnes ont participé, le vendredi 9 octobre, à une soirée de bingo organisée par Loto-Québec en réseau, événement qui se déroulait dans 11 salles différentes de la province et lors duquel un prix de 100 000 $ était en jeu.

Toujours en conférence de presse, le ministre Christian Dubé a refusé de dire si Loto-Québec a en quelque sorte encouragé le rassemblement. On va régler Loto-Québec, et s'il y a des précisions à faire avec eux, on va les faire, a-t-il simplement fait savoir.

La société d'État semble pourtant avoir modifié ses règles. Vendredi dernier, en raison du changement du palier d’alerte au niveau rouge pour la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Loto-Québec a annoncé, par souci d’équité et par voie de communiqué, qu’elle suspendait le bingo en réseau pour l’ensemble des salles du Québec, et ce, qu’elles soient en zone rouge ou non, a fait savoir Loto-Québec, jeudi, par l'entremise de Patrice Lavoie, directeur des affaires publiques.

À propos de l’intervention policière de mercredi soir, Christian Haché a cette explication : La santé publique nous a demandé de fermer notre session de bingo, tout simplement. On a collaboré avec elle et on a fermé. La police était là pour nous aider en cas de débordements.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir
Avec les informations de La Presse canadienne

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