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La première vague a contaminé 13 500 travailleurs de la santé au Québec

Pour eux, le risque de contracter la COVID-19 était 10 fois plus élevé que pour le reste de la population.

Un travailleur de la santé tient un masque dans sa main.

Les travailleurs de la santé ont particulièrement écopé lors de la première vague de la pandémie au Québec.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Radio-Canada

On s'en doutait; les chiffres publiés mercredi par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) le confirment.

Les travailleurs de la santé qui ont affronté la première vague de COVID-19 étaient beaucoup plus vulnérables à la maladie que le reste de la population. Dix fois plus, selon le plus récent rapport de l'INSPQ (Nouvelle fenêtre).

Les résultats de cette étude épidémiologique, commandée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), donnent le vertige. En tout, ce sont 13 504 travailleurs de la santé qui ont été contaminés entre le 1er mars et le 14 juin 2020, soit exactement le quart (25 %) des 54 054 cas confirmés au Québec durant cette période. Onze en sont morts.

Le rapport souligne que les préposés aux bénéficiaires, les infirmières et les infirmières auxiliaires ont été particulièrement touchés. Ces catégories d'emploi ont représenté à elles seules 70 % de tous les cas recensés parmi les travailleurs de la santé infectés. En comparaison, les médecins ne représentent que 3 % du total.

Les résultats de l'étude montrent en outre que la moitié (48 %) des travailleurs de la santé contaminés étaient à l'emploi d'un CHSLD. Un autre tiers travaillaient en centre hospitalier.

Le réseau pris par surprise

L'étude épidémiologique a été réalisée auprès de 5074 travailleurs de la santé atteints par la COVID-19. Les réponses obtenues auprès des répondants en disent long sur le niveau de préparation du réseau hospitalier lorsque la première vague a frappé.

Lors de soins à des patients suspectés ou confirmés COVID-19, 40 % d’entre eux n’ont pas toujours porté l’équipement de protection individuelle (ÉPI) durant les premières semaines de la pandémie, écrivent les auteurs du rapport publié mercredi, précisant que ce pourcentage a diminué à 10 % à la fin de la période étudiée.

En outre, de 20 % à 30 % des répondants rapportent avoir travaillé dans plus d’une installation durant la période étudiée, et 10 % ont travaillé dans trois installations différentes et plus.

Des infirmières discutent.

Selon l'étude de l'INSPQ, 80 % des travailleurs de la santé ayant contracté la COVID-19 lors de la première vague au Québec étaient des femmes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Par ailleurs, 83 % des travailleurs de la santé consultés pensent avoir été infectés dans leur milieu de travail; 75 % indiquent avoir été carrément en contact avec des patients atteints ou soupçonnés d'être atteints par la COVID-19.

L’arrêt de travail dû à la maladie a duré environ un mois. Près des deux tiers (65 %) des répondants ont rapporté une perte d’odorat ou de goût.

Enfin, 90 % des travailleurs de la santé infectés disent avoir été le premier cas confirmé de COVID-19 dans leur propre foyer. Des infections secondaires ont été décelées par la suite chez 30 % des autres membres de ces ménages, tous foyers confondus.

Le MSSS prend acte du rapport, a-t-il fait savoir par communiqué en fin de journée, rappelant que d'importantes leçons ont été tirées de la première vague de la pandémie et que de nombreuses actions ont été déployées au cours des derniers mois afin de préparer efficacement le réseau pour la deuxième vague de COVID-19.

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