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Les Premières Nations utilisent l'ethnobotanique pour restaurer l'environnement

Une femme travaille sur des plantes indigènes de la Colombie-Britannique.

Ces plantes, cultivées en pépinière, sont destinées à la compagnie Shell.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Camille Vernet

En Colombie-Britannique, il y a environ 7000 puits de pétrole et de gaz dormants, c’est-à-dire inactif depuis plus de 5 années consécutives, devant être nettoyés. Dans l'espoir de pouvoir ramener les terres à leur utilisation d'origine, la Première Nation Saulteau, dans le nord de la province, utilise des connaissances écologiques traditionnelles.

L’utilisation de plantes indigènes pour la sécurité alimentaire

À 120 km de Fort St. John, les Premières Nations Saulteau et West Moberly Lake se préparent. Ses membres récoltent des graines indigènes, pouvant se conserver pendant 20 ans, car ils prévoient de nouveaux travaux de restauration. En effet, au mois de juin, le nombre de puits orphelins sous la tutelle de la Commission du pétrole et du gaz de la Colombie-Britannique (BCOGC) est passé de 369 à 770.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Carmen Richter regarde au loin.

Il y a eu une tonne de perturbations pétrolières et gazières dans la région, et cela a eu un impact énorme sur notre mode de vie, nous confie Carmen Richter, biologiste dans la Première Nation Saulteau.

Un premier projet pilote, en partenariat avec la province, a permis la végétalisation de deux puits avec des plantes indigènes. L’un des avantages de l’utilisation de ces plantes est non seulement de décontaminer les terres, mais aussi de restituer leur fonction d’origine. Si cette région était une zone où l'orignal se nourrissait et que l’on replante la nourriture de l'orignal, il va revenir. Cela nous permet de rétablir notre mode de vie qui en dépend, dit Mme Richter à titre d'exemple.

Une pépinière.

Les Premières Nations Saulteau et Moberly Lake possèdent une pépinière pour faire pousser des plantes indigènes de la région.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Préserver la faune et la flore est d'autant plus important que cela assure la sécurité alimentaire pour la Première Nation. Lorsqu’il y a de la nourriture en abondance et que nous pouvons pratiquer nos traditions, nous sommes plus heureux dans la communauté où nous vivons, affirme Mme Richter.

Ethnobotanique : un objectif différent

Une étape importante dans la remise en état de ces sites est l’ethnobotanique, qui permet l'étude des relations entre les peuples et les plantes.

Un homme debout devant des cultures dans une serre.

Robert, le chef cultivateur de la pépinière, s’occupe du bien-être des plantes.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

En collaboration avec l'Université de Victoria, Mme Richter a interrogé de nombreux aînés sur utilisation et la fonction de terres à l'époque précoloniale.

Lorsque nous nous rendons sur le site d'un puits, nous ne savons pas toujours quelle était la fonction de la terre avant l'arrivée de l'agriculture ou de l'industrie. Il est important pour nous de nous fier à nos aînés pour savoir quelle était la situation à l’époque.

Carmen Richter, biologiste

L’objectif de la restauration est donc déterminé par les récits des aînés. Des zones marécageuses aux forêts anciennes, il n’est plus question de champs de canola, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres endroits comportant des puits orphelins dans la région.

Une des difficultés du travail est l’estimation des coûts.

L'argent : un manque de consultation en amont

Les lois de la Colombie-Britannique garantissent que ,à la fermeture d'une mine, les terres, les cours d'eau et les ressources du patrimoine culturel soient remis en état. Les entreprises sont tenues d'obtenir un permis d’exploitation et de fournir une garantie financière.

Deux puits de pétroles sur un terrain agricole.

Dans la région de Montney, il est facile de trouver d'anciens puits de pétrole sur des terrains agricoles.

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Selon Mme Richter, cette garantie étant déterminée avant la consultation avec les Premières Nations, le financement nécessaire pour atteindre leurs objectifs n’est pas toujours disponible.

La restauration des forêts anciennes est très différente de la mise en place d’un terrain agricole et de la fertilisation chimique. Les prix sont différents. C'est pourquoi nous essayons [de faire partie des consultations] dès le lancement du projet.

Carmen Richter, biologiste

Avec d’importants projets hydroélectriques et de pipeline dans la région, l'environnement sera au cœur des pensées de la biologiste, lors des prochaines élections : Faisant partie d'une Première nation, on fait attention à ces projets, car ils ont des répercussions sur sa communauté, pas seulement l'environnement, les conséquences sociales aussi. Ces conséquences environnementales et sociales peuvent malheureusement durer longtemps.

Un travail qui demande de la patience

Ramener un lieu à son état naturel, lorsqu’il s'agit d’une forêt ancienne, par exemple, pourrait prendre plusieurs générations.

Carmen Richter.

La biologiste Carmen Richter est fière de la banque de semences indigènes qui, selon elle, sert à restaurer la terre, mais elle aide aussi à « restaurer les gens ».

Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

La belle-mère de Carmen Richter a grandi et chassé l’orignal à l’emplacement occupé aujourd’hui par des puits de pétrole. La biologiste espère y retourner avec sa propre fille et pratiquer ces activités à nouveau.

Je verrai peut-être cela lorsque je serai grand-mère. Cela m'apporterait beaucoup de joie. Ce serait le véritable but de mon travail. Ce serait incroyable!

Carmen Richter

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