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Baisse de 1 % des inscriptions dans les écoles francophones de l’Alberta

La diminution survient après plusieurs années de croissance de la population scolaire francophone.

Des élèves photographiés de dos dans une classe lèvent la main.

Alors que 10% des élèves du Conseil scolaire Centre-Nord et 8% des élèves du Conseil scolaire FrancoSud suivent leurs cours à distance, ils sont seulement 5 élèves sur 454 à le faire au Conseil scolaire du Nord-Ouest.

Photo : iStock

Les écoles francophones de l’Alberta comptent 88 élèves de moins que l’an dernier, soit environ 1 % des effectifs. Sans grande surprise, la pandémie et le ralentissement de l’économie sont à blâmer pour cette baisse qui pourrait annoncer des pertes de revenus pour les conseils scolaires.

Les quatre conseils scolaires francophones de la province comptaient 8333 élèves au 30 septembre 2020. L’an dernier, 8421 élèves étaient inscrits dans ses établissements. Seul le Conseil scolaire du Nord-Ouest a vu son nombre d'élèves augmenter depuis l’année dernière. 

Selon le président du Conseil scolaire FrancoSud, Erwan Goasdoué, la baisse dans son conseil s’explique en partie par une diminution des inscriptions en maternelle, notamment parce que l’âge minimum a augmenté de 2 mois. Il croit aussi que certains parents ont décidé de garder leur enfant à la maison jusqu’à ce qu’il ait l’âge d’entrer en première année. Le directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) observe le même phénomène.

Économie et migration

Pour Erwan Goasdoué, le ralentissement de l’économie albertaine risque de diminuer le nombre de francophones qui choisissent de s’installer en Alberta : Il y a probablement des gens qui vont faire le choix de rester dans d’autres provinces avant de venir en Alberta.

En septembre, le taux de chômage était de 11,7 % dans la province.

La diminution de l’immigration francophone en raison de la fermeture des frontières pourrait également exercer une pression à la baisse sur le nombre d’élèves, selon lui. L’Alberta n’a accueilli que 315 nouveaux résidents permanents francophones entre janvier et août. L'Alberta est ainsi en voie de connaître sa plus mauvaise année depuis 2013, selon les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

École virtuelle, une histoire de grandes villes

La place qu’occupe l’école virtuelle varie beaucoup d’un conseil scolaire à l’autre. Alors que 10 % des élèves du Conseil scolaire Centre-Nord et 8 % des élèves du Conseil scolaire FrancoSud suivent leurs cours à distance, ils sont 5 élèves sur 454 à le faire au Conseil scolaire du Nord-Ouest.

Selon la directrice générale du CSNO, Brigitte Kropielnicki, cette différence s’explique par plusieurs facteurs comme le plus faible nombre de cas de COVID-19 dans la région desservie par son conseil. La plus petite taille des classes est également un facteur selon elle, tout comme la grande proximité entre les parents et le personnel enseignant.

On se connaît tous, dit-elle. Les parents ont vu le plan de retour à l’école et comment on s’est préparés. Ils se sentent en sécurité.

Les quatre conseils scolaires francophones de l’Alberta se sont entendus pour offrir conjointement des cours en format virtuel cette année. 

L’école à la maison plutôt que l’école virtuelle

Dans le nord-est de l’Alberta, on voit plutôt un léger déclin du nombre d’inscriptions dans les écoles francophones. L’économie de la région, fortement dépendante du secteur pétrolier, représente toujours un défi. Comme tous les conseils scolaires francophones, le CSCN doit également composer avec une perte de ses élèves du secondaire qui choisissent souvent de terminer leur parcours scolaire en anglais.

Certaines familles ont également choisi l’école à la maison traditionnelle au détriment de l’école virtuelle. Bien avant la pandémie, les parents pouvaient faire le choix de l’école à la maison, mais il devait s'effectuer sous la supervision d’une école ou d’un conseil scolaire.

Le gouvernement de l’Alberta a cependant adopté une nouvelle loi au printemps qui permet aux élèves d’étudier à la maison sans supervision. Le Conseil scolaire Centre-Est n’offre pas de superviser les enfants qui font l’école à la maison. Sa directrice générale Dolorès Nolette affirme que certaines familles ont choisi l’école à la maison sans supervision ou avec la supervision d’un autre conseil scolaire.

Ces familles-là n’ont pas voulu choisir l’apprentissage en ligne pour des questions qui leur appartiennent. Peut-être que les enfants sont trop jeunes, peut-être que l’accès à Internet n’est pas assez fiable, explique-t-elle. 

Pour les conseils scolaires, une baisse du nombre d’élèves signifie une baisse des subventions provinciales. Une situation que Dolorès Nolette entend garder sur son radar. C’est sûr que les budgets sont toujours une préoccupation qu’on doit garder en tête, dit-elle.

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