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La mise à l'écart d'élèves de Listuguj de leur école de Campbellton dérange

Listuguj

La communauté micmaque de Listuguj en Gaspésie

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Après un arrêt des classes en raison de la découverte d’un cas de Covid-19, les étudiants de l’école secondaire Sugarloaf de Campbellton au Nouveau-Brunswick retourneront en classe d'ici la fin de la semaine, sauf les 103 élèves de la communauté mi’kmaq de Listuguj.

Jeudi dernier, le premier ministre du Nouveau-Brunswick a indiqué que le resserrement des frontières entre la Gaspésie et le Nouveau-Brunswick s'appliquait aux élèves québécois de niveaux secondaire qui fréquentent les écoles de Campbellton. Ceux-ci sont contraints de poursuivre leurs études à distance.

Cette décision a choqué une jeune de la communauté qui a publié en début de semaine un long message dans les médias sociaux où elle fait part de sa déception et de sa frustration de ne pas être traitée comme les autres élèves par les autorités du Nouveau-Brunswick.

Elle n’a toutefois pas souhaité commenter sa publication où elle écrit que la fermeture des frontières a accentué les enjeux liés au racisme. Nous avons été bousculés depuis des siècles et le racisme d'aujourd'hui devient de pire en pire, écrit en anglais l’adolescente.

Les jeunes de la communauté de Listuguj, au Québec, représentent pourtant près du tiers de l’effectif étudiant de cette école secondaire située de l'autre côté de la frontière.

Elle appelle à l’action les jeunes de sa communauté afin de faire plier le gouvernement du Nouveau-Brunswick.

L'image d'un long message publié sur la plateforme Facebook

La jeune adolescente invite les autres élèves à s'organiser pour contrer une décision qu'elle qualifie de raciste.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de Blaine Higgs n'a pas réagi aux propos de cette élève ni répondu aux demandes de Radio-Canada sur les raisons qui motivent l’exclusion des jeunes de Listuguj de l’école secondaire Sugarloaf de Campbellton.

Du racisme systémique, selon Darcy Gray

Les jeunes de Listuguj suivent leurs cours à distance dans les locaux du centre communautaire.

Malgré ces aménagements, le chef de Listuguj, Darcy Gray, trouve inacceptable que ces jeunes de la communauté mi'kmaq soient ainsi exclus de leur école et isolés de leurs camarades de classe. Je fais des appels, des téléphones, tout ce que je peux pour changer la décision, affirme M. Gray.

Le chef de Listuguj, Darcy Gray

Le chef de Listuguj, Darcy Gray

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

D’après le chef, les autorités du Nouveau-Brunswick lui disent que la situation est temporaire, ce qui ne le satisfait pas. Il est difficile pour lui de ne pas y voir une forme de racisme. Peut-être que l’intention n’est pas raciste, mais la compréhension, la manière dont on le voit, c’est de cette manière, c’est difficile à comprendre, déplore-t-il.

Les mesures de préventions contre la COVID-19 devraient être les mêmes pour tous les jeunes, qu'ils soient Micmacs ou non, estime Darcy Gray. C’est un risque pour tous les étudiants, pas seulement pour les étudiants de notre côté ou les étudiants micmacs, ajoute M. Gray qui y voit un exemple de racisme systémique.

Les jeunes, dit-il, sont en train de s’organiser pour faire valoir leurs droits. Il est important pour la communauté, selon le chef, de les soutenir et de les écouter.

Une incohérence, selon Sylvain Roy

Interpellé sur la question, le député de Bonaventure, Sylvain Roy juge qu’il s’agit d’une nouvelle incohérence dans la gestion de la frontière entre le Québec et le Nouveau-Brunswick. On a des jeunes, relève le député, qui ne peuvent pas aller à l’école, mais qui peuvent aller travailler. On voit qu’on a un préjugé favorable par rapport aux entreprises et non pas par rapport à l’éducation des jeunes et leur besoin de formation.

Le député n’a pas entrepris de démarches pour tenter d’apporter une solution, mais se dit disposé à répondre à toute demande en ce sens de la part de la communauté autochtone.

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