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Relations Blancs–Autochtones : « il faut y mettre le temps », plaide une chercheuse

Des fleurs brodées avec des perles.

L'art de broder des perles sur des objets est une tradition symbolique importante dans la communauté autochtone de Uashat, sur la Côte-Nord (archives).

Photo : Courtoisie : Jenny Regis

Le développement de projets dans les communautés autochtones passe par la reconnaissance de leur histoire et la confiance. C'est ce que souhaite inculquer Catherine Alexandra Gagnon, qui a donné dans les derniers jours un atelier virtuel devant une centaine de personnes soucieuses d'acquérir des outils pour bâtir des relations solides avec les Premières Nations.

L'intérêt était palpable lors de l'atelier intitulé La recherche en milieu autochtone, offert à l’invitation de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Développant des projets (ou souhaitant le faire) en partenariat avec les populations autochtones, les participants étaient en quête d’outils pour établir et entretenir une relation saine avec les gens des Premières Nations.

C’est un succès, commente l’organisatrice de cette formation, Julie Morin-Rivat, coordinatrice du groupe de recherche sur les environnements nordiques BORÉAS. Ce groupe de chercheurs de l’UQAR travaille plus spécifiquement sur la nordicité.

On voit grandir l'engouement des gens pour mieux interagir avec les Autochtones, estime-t-elle. On a tous besoin de progresser sur ces questions, affirme-t-elle, faisant référence aux récents drames qui ont marqué la population, qu'elle soit autochtone ou blanche.

Une femme tient une photo de Joyce Echaquan.

La mort de Joyce Echaquan à l'hôpital de Joliette a secoué la province (archives).

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Les jeunes générations en particulier sont vraiment très avides de connaissances, d'apprendre les meilleures pratiques pour que tout le monde puisse travailler de façon apaisée et collaborative, ajoute-t-elle.

Les participants provenaient de différents milieux où l’on développe des projets en partenariat avec les populations des Premières Nations, en particulier de l’UQAR, de ministères provinciaux et fédéraux, mais aussi de différents pays, des États-Unis (Alaska), de Finlande, de France et du Rwanda.

Apprendre l'histoire, le premier geste de réconciliation

Catherine Alexandra Gagnon assise sur un point de vue élevé. En arrière-plan : des montagnes en bordure de mer.

Catherine Alexandra Gagnon au Groenland

Photo : collaboration Catherine Alexandra Gagnon

L'atelier était donné par Catherine Alexandra Gagnon, présidente du cabinet-conseil Érébia. Elle a développé une expertise depuis une quinzaine d'années sur la recherche en milieu autochtone. Elle en a fait l’objet de sa thèse de doctorat, réalisée sur le terrain et déposée à l’UQAR.

Les chercheurs doivent être conscients, attentifs à la manière de travailler et aux attitudes à adopter, dit-elle. Mais d’abord, ils doivent être bien informés sur l’histoire de ces communautés. Chacune a ses spécificités, son histoire, ses traumatismes. C’est le premier geste de réconciliation.

Stephen Jerome et ses élèves posent avec des paniers.

Des résidents de Gesgapegiag dans l'atelier de Stephen Jerome pour renouer avec le savoir-faire traditionnel

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Selon Mme Gagnon, il faut d'abord amorcer le contact en tant qu’humain, avant de discuter de projets.

Le lien de confiance, de respect, de réciprocité que je pense avoir construit avec certaines communautés, il faut y mettre le temps. Je dis souvent qu’il faut passer du temps à boire du thé ensemble, explique-t-elle.

La réconciliation, c'est possible si on prend le temps de le faire avec sincérité.

Catherine Alexandra Gagnon, présidente du cabinet-conseil Érébia
Pow-wow annuel de la nation malécite de Viger.

Pow-wow annuel de la nation malécite de Viger (archives)

Photo : Radio-Canada

« Il va falloir qu'on se rencontre »

Bien consciente qu’un malaise est perceptible chez les Blancs qui souhaitent entrer en contact avec les Autochtones, Mme Gagnon dit percevoir en même temps un réel désir de rencontre des deux côtés.

Il va falloir qu’on se rencontre, soutient-elle. Chaque événement brutal semble un pas en arrière, mais en même temps, il favorise des prises de conscience. C’est important de se renseigner et d’essayer de traverser ce pont, même si ce n’est pas toujours facile.

Selon elle, avant d'espérer changer les choses, il faut connaître l’histoire, comprendre les blessures, développer l'empathie, faire preuve d'humilité et d’écoute.

Les Autochtones ont une manière d’entrer en relation dont on a beaucoup à apprendre. Nous avons beaucoup à nous apprendre mutuellement.

Catherine Alexandra Gagnon, présidente du cabinet-conseil Érébia

Une version précédente de l'article laissait croire que Mme Gagnon ne souhaitait pas prendre position dans le débat sur le racisme systémique. Le paragraphe qui suit a été modifié afin de refléter plus fidèlement la pensée de Catherine Alexandra Gagnon.

Mme Gagnon a récemment pris position pour dénoncer le racisme systémique. Il peut naître de préjugés inconscients, à divers degrés. Il faut être à l'affût. Personne n'est à l'abri , prévient-elle.

Madelaine Metallic explique quelque chose à une élève à l'aide d'une tablette électronique.

Une classe de l'école de Listuguj avec l'enseignante Madeleine Metallic (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Toutefois, Catherine-Alexandra Gagnon se dit pleine d’espoir pour l’avenir.

Je me rattache à l’espoir de voir une jeunesse autochtone qui navigue bien entre les deux mondes, confie-t-elle. Il va y avoir des jeunes qui vont être des leaders exceptionnels, fiers de leur culture, animés du désir de changer les choses.

L’atelier de Mme Gagnon est accessible en ligne.

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