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Une Québécoise de 37 ans attrape la COVID-19 une deuxième fois

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Une jeune mère entournée de ses deux fils dont le visage est brouillé

Andrée-Anne Chouinard, 37 ans, a deux garçons en bas âge

Photo : Andrée-Anne Chouinard

Début octobre, Andrée-Anne Chouinard prend soin de son fils, qui a contracté la COVID-19. Pas d'inquiétude. Elle se croit immunisée, ayant elle-même combattu cette maladie cinq mois plus tôt. C'était avant que les symptômes réapparaissent.

Soudainement, un mal de tête, un mal de gorge et la fatigue s'installent. Le 5 octobre, par mesure préventive, cette neuropsychologue appelle au bureau de santé de son employeur.

On lui indique qu'il pourrait s'agir de symptômes résiduels de sa première infection, qu'elle a contractée en travaillant dans un CHSLD en éclosion en mai dernier. Mais le lendemain, au réveil, son mal de gorge s'est intensifié.

Une femme avec des lunettes et un masque

Andrée-Anne Chouinard a contracté la COVID-19 pour la première fois en mai dernier, lorsqu'elle a été envoyée dans un CHSLD en éclosion.

Photo : Andrée-Anne Chouinard

Elle rappelle au bureau de santé et, cette fois, on l'invite à passer un test de dépistage. J'étais sceptique, admet-elle. Le résultat arrive en moins de 24 heures. Et il est positif.

J'ai été surprise. Je ne pensais pas que c'était possible aussi rapproché dans le temps.

Andrée-Anne Chouinard

Pour la deuxième fois en cinq mois, Mme Chouinard se soumet donc à une quarantaine ayant officiellement pris fin le 14 octobre. Ses symptômes, dit-elle, ont été moins intenses que lors de sa première infection.

La première fois, ça a été un peu plus sérieux. J'ai eu un gros trois jours où j'avais une grosse fatigue, je dormais beaucoup, je ne mangeais plus, gros mal de gorge, je ne toussais pas, mais c'était douloureux. Grosse migraine aussi.

La femme de 37 ans, qui est originaire de Québec mais habite aujourd'hui à Montréal, affirme n'avoir aucun problème de santé connu et ne prend aucun médicament.

Je n'ai même jamais eu la grippe, donc c'est quand même surprenant, résume-t-elle au sujet de son deuxième épisode de COVID-19.

Peut-on parler de réinfection?

Mme Chouinard s'est sentie bien seule, jusqu'à ce qu'elle tombe par hasard sur un article de presse. On y parlait d'un Américain de 25 ans qui serait seulement le cinquième cas documenté de réinfection à la COVID-19 dans le monde.

Immédiatement, elle dit avoir contacté la santé publique afin de s'assurer que son cas puisse être étudié, au besoin. Pour parler officiellement d'une réinfection, il faut effectivement prouver que le génome du virus était différent lors de la deuxième infection.

Étant donné que les recherches commencent à peine à ce sujet au Québec, cela n'a pas été démontré dans le cas de Mme Chouinard.

Le Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), juge toutefois que son cas s'apparente à une réinfection.

Si quelqu'un a eu un premier test et que trois mois plus tard, il développe un deuxième test positif, ça suggère quand même qu'il y a une réinfection. Mais pour pouvoir le prouver, c'est là où on va avec des techniques de séquençage génétique.

Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'INSPQ

Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'INSPQ

Photo : Radio-Canada / Alexandre DUVAL

Il y a beaucoup plus de réinfections que ce qu'il y a dans la littérature [scientifique], mais on n'a pas encore les données qui nous permettent de connaître la fréquence de ces réinfections-là.

Dr Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l'INPSQ

Le Dr De Serres affirme qu'il faudra encore des mois avant d'avoir des réponses à plusieurs questions. La réinfection n'aura peut-être pas le même effet chez tous les patients, souligne-t-il.

Est-ce que les gens réinfectés vont souvent avoir des symptômes atténués? C'est possible. Est-ce qu'au contraire, il y en a qui vont avoir des symptômes équivalents ou même plus forts que lors de leur premier épisode? C'est aussi possible, illustre le spécialiste.

Quelle immunité?

Une étude à laquelle doivent participer 735 travailleurs de la santé ayant contracté la COVID-19 vient à peine de démarrer à Montréal.

Le but de cette étude-là, c'est vraiment de voir s'il y a un risque détectable de réinfection et s'il y a une réinfection, est-ce que c'est sévère ou pas, indique la Dre Caroline Quach-Thanh, l'une des responsables du projet.

Les participants seront suivis pendant un an. Ils devront subir des prises de sang tous les trois mois, en plus de répondre à un questionnaire toutes les deux semaines.

Déjà, la Dre Quach-Thanh admet ne pas être très optimiste par rapport au concept d'immunité permanente, même lorsqu'un vaccin sera disponible.

Il n'y a rien qui nous dit que le vaccin va nous protéger pendant le restant de notre vie, mais si ça nous protège déjà pendant un an, on va être capable de couper au moins la transmission. À la limite, on va peut-être devoir se faire revacciner.

Dre Caroline Quach-Thanh, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal
Dre Caroline Quach-Thanh, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal

Dre Caroline Quach-Thanh, professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, le Dr De Serres rappelle que les coronavirus saisonniers, connus depuis plus longtemps et qui donnent des maladies légères, n'offrent pas une immunité durable.

Pour le coronavirus de la COVID-19, on n'a pas encore assez d'éloignement pour connaître cette information-là, mais il est bien possible qu'il se comporte un peu comme les coronavirus saisonniers, prévient-il.

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