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Un tableau pour protester contre la fermeture des lieux culturels

L’esquisse représente la ministre de la Culture qui tire sur des personnes représentant le milieu des arts.

Une femme est sur un cheval dans une scène d'Arlequin, avec trois personnes, blessées par un pistolet.

L'esquisse du tableau commandé par Pierre Trahan au peintre Paul Abraham

Photo : Paul Abraham

Cecile Gladel

Le fondateur d'Arsenal art contemporain Montréal a commandé un tableau pour dénoncer les différentes fermetures de musées, salles de spectacles et cinémas dans les zones rouges ordonnées par le gouvernement du Québec pour contrer la deuxième vague de la COVID-19.

L’image est forte. L’esquisse du tableau demandé par Pierre Trahan à l’artiste montréalais Paul Abraham montre la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, à cheval et faisant feu avec un pistolet sur les artistes. Trois autres personnages du gouvernement assistent à la scène, tout sourire : le directeur de la santé publique du Québec, Horacio Arruda, le premier ministre, François Legault, et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Une métaphore évidente du fait que, pour lui, le gouvernement a laissé tomber le milieu.

La femme et l'homme posent de chaque côté d'une œuvre qui ressemble à un grand tapis qui coule comme un robinet vers le sol.

Pierre et Anne-Marie Trahan, cofondateurs d'Arsenal art contemporain, entourent l'œuvre « Gautama », de l'artiste Faig Ahmed.

Photo :  Arsenal art contemporain

Pierre Trahan a décidé de prendre la parole par l’art, car c’est ce que le collectionneur connaît le plus. Il le fait, car il pense que la majorité des gens du milieu culturel n’ose pas protester contre les décisions gouvernementales.

Cependant, il avoue que certaines personnes lui ont dit que c’était cruel de s’en prendre ainsi au gouvernement. Pierre Trahan pense que la cruauté est plutôt de voir des gens perdre leur commerce. On devrait avoir une ministre qui se bat pour la culture et qui ne rend pas les armes aussi facilement, pense-t-il.

Il ajoute que c’est lui qui a demandé au peintre tous les éléments présents dans l’esquisse. Le seul fait qui vient de l’artiste est de l’avoir comparé à un tableau d’Arlequin.

Depuis sa publication sur Facebook dimanche dernier, Pierre Trahan dit avoir reçu de très nombreux commentaires. Plusieurs m’en parlent et me félicitent. Je suis l’agneau qui se sacrifie lui-même, car tout le monde a les mains liées, puisque c’est le gouvernement qui les fait vivre. Beaucoup de personnes ont tellement peur de se mettre le gouvernement à dos.

Le collectionneur d’art soutient que les visites dans les centres d’art et les musées étaient très sécuritaires. D’ailleurs, il s’insurge quant au fait que les centres commerciaux soient restés ouverts.

Il n’y a pas de logique. On ferme des endroits sécuritaires et on laisse ouverts des lieux de contamination. Dans les centres d’achat, les gens touchent à tout, personne ne surveille. On le voit. On ne me fera pas croire que d’aller dans une boutique remonte le moral. C’est d’aller dans un musée, aller voir un film ou un spectacle qui fait du bien.

Pierre Trahan

Pierre Trahan soutient qu’avec l’arrivée du temps froid et de la noirceur, ce n’est pas le moment d'enlever au public les arts de la scène et les arts visuels, qu’il juge importants pour la santé mentale.

Sécuritaire les musées

Pierre Trahan soutient que les visites dans les centres d’art et les musées étaient très sécuritaires. Les musées ne sont pas des lieux de rassemblement, les gens achètent des billets en ligne et ils doivent circuler. Les gens ne parlent pas dans les musées. Il y a aussi des surveillants qui font circuler les gens, ainsi que des personnes qui désinfectent les lieux. Dans les centres d’achats, les gens restent là, soutient Pierre Trahan.

Sur Facebook, ce dernier a précisé que le tableau de 5 x 7 pieds serait exposé à l’Arsenal à sa réouverture.

Appelé à commenter le tableau, le ministère de la Culture et des Communications n'avait pas répondu au moment de la publication.

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