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Débat électoral en C.-B. : des commentaires maladroits font réagir

Andrew Wilkinson, Sonia Furstenau et John Horgan chacun derrière un podium, lors du débat.

Les chefs des trois principaux partis ont croisé le fer lors du seul débat télévisé de la campagne électorale en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

L’un ne « voit pas la couleur des gens », l’autre se vante qu'une patiente a donné son prénom à son bébé. Les réponses du chef du Nouveau Parti démocratique, John Horgan, et du chef du Parti libéral, Andrew Wilkinson, à la question du privilège blanc au débat électoral de mardi ont fait réagir en Colombie-Britannique.

Comment avez-vous personnellement pris en compte votre propre privilège et vos préjugés inconscients en tant que leader politique blanc? Les réponses à cette question posée par la modératrice Shachi Kurl lors du débat ont suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux.

Le premier à répondre, Andrew Wilkinson, a parlé de son travail de médecin dans la province pour démontrer son ouverture.

Je crois qu'il y a un jeune homme, peut-être pas si jeune, à Lillooet à qui sa mère a donné mon prénom après que je l’eus aidée à accoucher, a-t-il raconté. C'est le genre de situation qui vous fait réaliser que nous sommes tous égaux.

John Horgan parle au podium, pendant le débat.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, John Horgan, a tenté de défendre ses trois ans à la tête du gouvernement.

Photo : Radio-Canada

John Horgan, de son côté, est plutôt remonté dans ses souvenirs d’enfance. J'étais un joueur de crosse, j'ai joué avec des amis autochtones, j'ai joué avec des amis sud-asiatiques, a-t-il expliqué. Je ne voyais pas la couleur des gens. Je sentais que tout le monde autour de moi était pareil.

Le premier ministre sortant s’est repris par la suite en faisant référence au fait que les trois partis avaient la volonté de s’attaquer au racisme systémique.

Même si John Horgan s’est excusé pour ses commentaires dans les minutes qui ont suivi le débat, les propos ont fait réagir June Francis, la coprésidente de la Société Hogan’s Alley.

Ce que nous avons entendu, bien sûr, c'est son propre aveuglement à son propre privilège. Cela remet en question sa capacité à comprendre la question du racisme et à mettre en place des politiques qui abordent ces problèmes.

June Francis, coprésidente de la Société Hogan's Alley

Quant à Andrew Wilkinson, June Francis n’est pas plus tendre avec lui : Il est devenu le sauveur blanc qui est allé dans le nord et a fait nommer un enfant en son honneur…

June Francis devant sa maison à Vancouver, en Colombie-Britannique, le 14 octobre 2020.

June Francis, co-présidente de Hogan's Alley Society.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Pour la militante, c’est un retour à la case départ. Elle trouve ces commentaires qu’elle juge d’autant plus surprenants qu'ils surviennent après les événements récents aux États-Unis qui ont eu des échos jusqu'en Colombie-Britannique.

Aujourd'hui, les gens de couleur, les personnes autochtones n'ont pas le sentiment que l'un ou l'autre de ces deux dirigeants est en mesure de comprendre notre position et de s'assurer que nous avons les mêmes chances que tout le monde, affirme Mme Francis.

La gaffe de la soirée

Selon le politologue Nicolas Kenny, de l'Université Simon Fraser, il s’agissait de la gaffe de la soirée. C’est quelque chose qu’on disait à une époque, mais qui ne se dit plus, a-t-il mentionné à l’émission Phare Ouest. Il est apparu comme étant déconnecté de la réalité.

Les commentaires, selon le politologue, sont extrêmement en raison de l’actualité récente. Ça a tout de même créé une impression défavorable.

L’analyste Bryan Breguet, du Collège Langara, minimise toutefois l’impact potentiel sur la campagne électorale : Ça a peut-être fait réagir des électeurs plus jeunes, mais ça n’aura pas d’incidence chez les partisans. Selon lui, les réponses de John Horgan et d’Andrew Wilkinson ont probablement été jugées acceptables par plus de 90 % des gens, mais mal reçues chez les militants qui suivaient le débat sur les réseaux sociaux.

Je pense que, dans le cas de M. Wilkinson, son électorat est plus vieux et plus à droite. Donc, si ça se trouve, ils vont avoir appuyé ce qu’il dit. À titre de comparaison, les commentaires, jugés sexistes, d'une des candidates libérales, Jane Thornthwaite, auxquels Andrew Wilkinson a assisté sans réagir, auront davantage de répercussions auprès des électeurs.

Une bouée pour le Parti vert

La chef du Parti vert, Sonia Furstenau, a plutôt fait appel à son expérience de mère pour illustrer le fait que tous ne sont pas égaux.

Quand on regarde sur Google Trends, le nombre de recherches portant sur Sonia Furstenau a augmenté après son intervention, analyse Bryan Breguet.

Selon lui, sa performance de mardi, alors que le Parti vert lutte pour sa survie, selon les sondages, pourrait lui permettre de conserver son siège sur l’île de Vancouver.

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