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Accès aux soins de santé mentale : l’accusé de Wendake a « frappé un mur »

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Double meurtre enfants wendake

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Le drame survenu à Wendake au courant de la fin de semaine ramène à l'avant-plan la problématique de l’accès aux soins de santé mentale. Des organismes croient que le système a failli à offrir à Michaël Chicoine les soins dont il avait besoin.

L’homme accusé du meurtre au deuxième degré de deux enfants de 2 et 5 ans souffrirait de plusieurs problèmes de santé mentale. Selon sa mère, Michaël Chicoine aurait lancé de nombreux appels à l’aide qui seraient demeurés sans réponse.

Dans une lettre envoyée à différents médias, Mylène Chicoine raconte que son fils a tenté, sans succès, d’être admis à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec et au Centre de crise de Québec.

Toujours selon sa mère, Michaël Chicoine n’aurait eu droit qu’à une conversation téléphonique d'une dizaine de minutes avec un psychiatre, qui lui aurait prescrit une médication, sans autre consultation.

Photo de l'accusé portant des lunettes noires et une camisole bleue.

Michaël Chicoine, 30 ans, est accusé du meurtre au deuxième degré de deux garçons de 2 et 5 ans (archives).

Photo : Facebook

La directrice générale de l'Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ), Doris Provencher, soutient que le témoignage de Mme Chicoine met en lumière les ratés du système de santé.

M. Chicoine, il a demandé de l’aide et ce que sa mère nous dit, [c’est qu’il] en a demandé souvent. Elle-même en a demandé pour son fils, son médecin traitant en a demandé et il a frappé un mur. Encore une fois, il n’y a rien qui justifie, mais c’est quand même une réalité, déplore Mme Provencher en entrevue à Radio-Canada.

Il a frappé un mur, parce que ce qu’il avait besoin, c’est des services, aussi, proches de lui, qui auraient pu l’aider.

Doris Provencher, directrice générale de l’AGIDD-SMQ
Doris Provencher dans les studios de Radio-Canada.

Doris Provencher déplore que Michaël Chicoine n’ait pas reçu les soins de santé mentale dont il avait besoin (archives).

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

L'AGIDD-SMQ réclame davantage de services de santé mentale de proximité pour aider les personnes en situation de détresse psychologique.

Il manque des services, entre autres des services de crise et des services d’hébergement de crise dans la communauté pour aider les personnes, pour les supporter dans ces moments où c’est plus difficile pour les personnes, où c’est plus souffrant. Mais non, c’est un médecin qui appelle, une petite prescription et merci, bonsoir. Ça ne marche pas , dénonce Doris Provencher.

Renforcer la première ligne

Le directeur général du Programme d'encadrement clinique et d'hébergement (PECH), Benoît Côté, abonde dans le même sens.

Ce que les gens ont besoin, c’est un accès rapide à quelqu’un qui va les écouter et les entendre sur une période de temps qui va être selon le besoin de la personne. Ça peut durer un an. On n’a pas toujours le temps de régler les choses avec six ou huit séances rapides , fait-il valoir.

Benoit Côté en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

Benoît Côté milite pour une réforme du système d’intervention de première ligne en santé mentale (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

M. Côté plaide pour une révision du système d’intervention de première ligne en santé mentale accompagnée d’un réinvestissement d’environ 100 millions de dollars par année dans les organismes communautaires.

Il faut aussi bonifier les CIUSSS, remettre des psychologues dans le système, remettre des accueils après 17 heures, ajoute le directeur général du PECH.

Actuellement tu attends, tu appelles dans les services communautaires, qui sont débordés, sinon, tu vas à l'urgence, mais rendu à l'urgence, il est beaucoup trop tard. C'est un service de troisième ligne. Donc, ton problème s’est amplifié puis là, un moment donné, ça peut exploser, illustre Benoît Côté.

Inverser la tendance

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, assure que l’accès aux services de santé mentale est une priorité de son gouvernement.

Lionel Carmant assis à une table, devant un drapeau du Québec, lors d'une conférence de presse. Il affiche un air sérieux.

Lionel Carmant souhaite mener une réflexion sur la protection des renseignements confidentiels dans les dossiers relevant de la DPJ.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il reconnaît qu’une trop grande proportion de patients, plus de 70 %, sont encore dirigées vers des psychologues et des psychiatres.

Il faut renverser cette façon de faire là pour qu’on utilise plus les services de première ligne : psychoéducateurs, travailleurs sociaux, autres intervenants du milieu qui peuvent aider ces gens-là, a fait valoir le ministre en conférence de presse.

Il mentionne qu’une réforme du Programme québécois pour les troubles mentaux a déjà été entreprise afin d’en améliorer l’accès.

Avec les informations de Hadi Hassin, Pascal Poinlane et Camille Simard

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