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Un nouvel hôpital, oui, mais avec quel personnel, demande le milieu de la santé de l'Outaouais

Des lits d'hôpitaux alignés dans un corridor.

Le gouvernement a annoncé un ajout net de 240 lits en Outaouais dans son nouvel hôpital de 600 lits. (archives)

Photo : getty images/istockphoto / beerkoff

Radio-Canada

L'annonce du nouvel hôpital affilié universitaire en Outaouais fait bien des heureux, mais plusieurs acteurs du milieu de la santé s'inquiètent de voir les enjeux reliés au manque de personnel se décupler.

Le gouvernement du Québec a annoncé, mardi, qu'un nouvel hôpital d'environ 600 lits serait construit en Outaouais.

C’est une excellente nouvelle, finalement l’Outaouais se trouve en 2020 en termes de réseaux de santé, commente Denis Marcheterre, le président d'Action santé Outaouais. Cette annonce prouve que lorsque tous les acteurs concernés travaillent ensemble, ça fonctionne, ajoute-t-il.

M. Marcheterre fait toutefois preuve de nuance. Il faudra renflouer ce nouvel hôpital avec du personnel, ajoute-t-il, une tâche complexe dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre.

Denis Marcheterre en entrevue dans son bureau.

Denis Marcheterre espère que le nouvel hôpital sera en harmonie avec la médecine moderne, qu'il sera modulaire et flexible.

Photo : Radio-Canada

Le fait que l'hôpital soit affilié à une université pourrait attirer des spécialistes, mais il restera tout de même beaucoup de travail à faire, selon lui. La solution se trouve dans la rétention du personnel.

Il n’y a pas de recette miracle, il faut simplement améliorer la façon dont on traite nos gens.

Une citation de :Denis Marcheterre, le président d'Action santé Outaouais

Il faut mieux prendre soin des infirmières et des préposés, poursuit M. Marcheterre. L'hôpital, c’est une bonne nouvelle, mais ce ne sera peut-être pas suffisant pour régler tous les problèmes en Outaouais.

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais abonde dans le même sens, il faut négocier de meilleures conditions de travail.

Présentement avec 400 lits, on peine à répondre aux besoins au niveau du personnel, fait-il valoir. On travaille en temps supplémentaire chaque quart de travail, chaque jour.

D'après lui, il est impensable de croire qu'avec l'ajout de nouveaux lits, le personnel puisse répondre à la demande déjà élevée.

Patrick Guay, en entrevue avec Radio-Canada.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais. (archives)

Photo : Radio-Canada / Hugo Belanger

M. Guay soutient qu’il faudra des conditions de travail exemplaires pour attirer du nouveau personnel, ce qui comprend une charge de travail adéquate, des ratios respectés et la possibilité de prendre congé.

Exit l'exode vers l'Ontario

Partick Guay mentionne que la province de l’Ontario offre de meilleures conditions de travail et que cette réalité pousse les professionnels à quitter le réseau de santé québécois pour celui de la province voisine.

Sur cet enjeu, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin soutient que le nouvel hôpital pourra régler la situation à une condition, qu'on s'y attaque dès le départ.

M. Pedneaud-Jobin explique qu'il faudra consolider le partenariat avec l'Université McGill, mais aussi en créer un avec l'Université du Québec en Outaouais pour recruter des gens de chez nous.

L'objectif, c'est qu'on ne dépense plus des centaines de millions par année de l'autre côté de la rivière, qu'on dépense ça chez nous.

Une citation de :Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Le premier magistrat mentionne qu'il faudra toutefois tenir compte de la croissance de la population tout au long du projet si on veut éviter de se retrouver avec un hôpital désuet à l'ouverture.

Miser sur la complémentarité des services

Même si le nouvel établissement sera construit en milieu urbain, la nouvelle est bien accueillie dans les secteurs ruraux de l'Outaouais.

Ça va faire beaucoup moins loin pour avoir des soins, mentionne la préfète de la MRC de la Vallé-de-la-Gatineau, Chantale Lamarche. En entrevue, cette dernière indique que les résidents de la MRC se déplacent à Ottawa, à Saint-Jérôme et parfois même jusqu'à Montréal pour recevoir des soins.

Notre gouvernement travaille pour maintenir des services ici et c'est ce qui est extrêmement encourageant.

Une citation de :Benoît Lauzon, préfet de la MRC de Papineau

La MRC de Papineau estime qu'un établissement d'envergure comme celui prévu par le gouvernement québécois aura un impact sur sa vitalité économique. Son préfet Benoît Lauzon croit qu'un hôpital de plus ne fera qu'augmenter l'offre dans la MRC, et qu'assurer que les soins en santé soient complémentaires.

C'est vraiment d'avoir des services spécialisés à proximité, de les avoir ici en Outaouais de ne pas être obligés pour les gens de l'Outaouais de se déplacer vers la région de Montréal pour certains services ou d'aller du côté de l'Ontario, a-t-il affirmé.

M. Lauzon rappelle toutefois la nécessité de l'Hôpital de Papineau pour offrir des services de santé de proximité.

Avec les informations de Nathalie Tremblay, de Nafi Alibert et de Josée Guérin

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