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Madioula Kébé-Kamara et l'importance de la diversité

Elle sourit à la caméra.

L'éditrice et jury au Prix de la nouvelle Madioula Kébé--Kamara

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

Radio-Canada

Née dans les années 80 à Paris de parent sénégalais, Madioula Kébé-Kamara ne se prédestinait pas du tout à une carrière en littérature.

L’éditrice qui lançait cet été Diverses Syllabes, une maison d’édition qui publiera majoritairement les œuvres d’autrices racisées et de minorités de genre, évoluait dans le monde de la finance.

« J’ai toujours aimé la littérature, mais je me suis orientée vers la comptabilité et la gestion bancaire. […] Quand j’avais 16 ans et que je voulais choisir mon parcours, mes réflexions quant à mon avenir étaient motivées par mes chances de trouver un emploi. […] En France, je n’avais ni le bagage, ni le temps, ni l’argent, ni la force de faire changer les choses », raconte-t-elle.

Le peu de représentation des femmes racisées dans les milieux littéraires ne lui a pas donné l’impression qu’elle pouvait s’y tailler une place. Mais son amour incommensurable pour les livres et son désir ardent de faire entendre les voix marginalisées l’ont motivée à faire un virage professionnel à 180 degrés et à s’inscrire en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal.

J’aimerais dire à mes enfants et aux générations futures que oui je suis une femme, oui je suis Noire, dans une classe sociale inférieure, mais je peux quand même rêver.

Madioula Kébé-Kamara

Le contexte social des derniers mois, le meurtre de George Floyd, les revendications du mouvement Black Lives Matter (La vie des personnes noires compte) et la récurrence des dénonciations dans la foulée du mouvement #MoiAussi l’ont poussée à tenir des réflexions encore plus sérieuses sur le milieu de l’édition, qui, selon elle, est très blanc et monolithique.

Le fait d'effacer des gens de tout un milieu artistique, de ne pas les mettre en valeur ou de ne pas leur donner l'occasion d’être, finalement, ça lèse la société au grand complet, déplore-t-elle.

La création d’une maison d’édition féministe, intersectionnelle et queer était devenue une évidence à ses yeux. « J’aimerais vivre dans un monde où nous ne sommes pas obligés de souligner ces différences, mais je le tourne en faveur des gens qui sont souvent lésés par certaines discriminations », explique-t-elle.

L’importance de la diversité

C’est une plus-value d’inclure des voix diversifiées dans la littérature. C’est une richesse d’avoir des traditions nouvelles, des valeurs différentes, d’autres regards sur le monde, une spiritualité qui n’est pas la même, etc.

Madioula Kébé-Kamara

Bien qu’occupée à lancer sa maison d’édition Diverses Syllabes, Madioula Kébé-Kamara tient son rôle de jury aux Prix de la création très au sérieux. L’éditrice a déjà hâte de lire les nouvelles soumises au concours et invite tout le monde à surmonter son sentiment d’imposture, « de prendre le taureau par les cornes et de saisir cette belle occasion ».

Sa grille d’analyse :

Je vais privilégier l’authenticité de la voix, celle qui n’essaye pas de faire comme les autres. Je serai sensible à la qualité de la langue et des expressions. Après tout, on lit de la littérature car c’est beau, on lit de la littérature car ça nous fait voyager, ça nous fait découvrir quelque chose. C’est aussi de l’art et donc, ça doit éveiller une émotion. J’aime aussi les textes poignants, qui dérangent, qui ébranlent nos convictions et qui ouvrent les dialogues.

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. 

Vous écrivez des nouvelles? Envoyez-nous vos textes inédits d’ici le 31 octobre 2020.

 

 

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