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Un pêcheur micmac dénonce des gestes de vandalisme

Le véhicule en flammes en pleine nuit.

Une fourgonnette appartenant à un pêcheur autochtone a été incendiée, mardi soir, à Pubnico Ouest.

Photo : Facebook/Riley Howe

Radio-Canada

Un pêcheur micmac dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse dit avoir dû se barricader tandis qu’un groupe de vandales endommageait son véhicule et lui ordonnait de renoncer à ses prises.

Jason Marr relate qu’il rentrait d’une sortie de pêche avec ses deux filles, mardi soir, et qu’il a appris qu’un groupe de pêcheurs commerciaux menaçait d’incendier son bateau et de s’emparer de ses prises.

Il dit avoir alors décidé de déposer ses prises dans une fourgonnette et d’appeler une connaissance pour lui demander où il pourrait les entreposer. M. Marr croit avoir été suivi jusqu’à Pubnico. Le bâtiment où il s’est rendu a soudainement été entouré, selon lui, de centaines de personnes en colère.

Ils disaient qu’ils venaient prendre le homard. Ils nous ont dit qu’ils allaient venir à minuit et nous incendier. Ils nous lançaient beaucoup d’injures, affirme Jason Marr.

Il dit avoir vu les vandales crever les pneus de son véhicule, uriner sur le siège du conducteur, vider une bouteille d’antigel ou d’autre chose dans le réservoir d’essence et une autre dans les évents du système de chauffage.

Jason Marr ajoute qu’un agent de la Gendarmerie royale du Canada l’a agrippé par un bras et l'a forcé à sortir du bâtiment. Une fois à l’extérieur, dit-il, il a vu la foule fracasser les fenêtres et sortir le homard.

Des enregistrements vidéo publiés sur les médias sociaux mercredi matin montrent des homards bagués éparpillés sur le sol à l’extérieur du bâtiment.

Le lancement d’une pêche de subsistance par la Première Nation de Sipekne'katik hors de la saison de pêche réglementée, il y a quelques semaines, a été suivi de tensions.

La semaine dernière encore, un bateau de pêche des Micmacs a été détruit par un incendie suspect à un quai à Comeauville.

Le droit des Micmacs d’effectuer une pêche de subsistance convenable a été reconnu par la Cour suprême du Canada dans sa décision sur la cause de Donald Marshall fils.

La cour a précisé par la suite que le gouvernement fédéral peut réglementer la pêche des Autochtones et qu’il doit pour cela justifier toutes les restrictions qu’il imposerait. Aucune restriction n’a été définie au cours des années suivantes. Les Micmacs en Nouvelle-Écosse continuent de presser le fédéral de définir et de protéger leurs droits en vertu des traités.

Des manifestants le long d'une rue.

Des pêcheurs commerciaux ont manifesté à plusieurs occasions contre la pêche de subsistance qu'ils jugent illégale parce qu'elle se déroule hors de la saison réglementée.

Photo : CBC/Paul Withers

Entre-temps, des pêcheurs commerciaux s’opposent à la pêche de subsistance des Micmacs parce qu’elle se déroule hors de la saison réglementée, qui ne commence qu’en novembre dans le secteur. Ils jugent que cette pêche de subsistance menace la durabilité de la ressource. Ils ont manifesté plusieurs fois ces dernières semaines pour la dénoncer.

Dans un communiqué de la Première Nation de Sipekne'katik, le chef Mike Sack dit croire que les événements de mardi soir constituaient des représailles pour la pêche de subsistance.

Le bâtiment en question, indique M. Sack, appartient à un acheteur du homard de Sipekne'katik.

Les dommages doivent encore être évalués, mais ils peuvent nuire à la pêche de subsistance de la collectivité, estime Mike Sack.

La ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, est scandalisée par les événements signalés.

La GRC, qui était présente pour une partie de l'incident, a déclaré mercredi avoir ouvert une enquête sur des crimes contre la personne et des crimes contre les biens, y compris des menaces et des méfaits liés à ces troubles.

Avec les renseignements de Taryn Grant, de CBC

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