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Voyage express record vers la SSI

Le Soyouz MS-17 photographié à quelques mètres seulement du port d'amarrage de la SSI.

Le Soyouz MS-17 photographié à quelques mètres seulement du port d'amarrage de la SSI.

Photo : NASA

Agence France-Presse

Un vaisseau Soyouz transportant trois astronautes, une Américaine et deux Russes, s’est amarré mercredi à la Station spatiale internationale (SSI) après un voyage effectué en à peine trois heures, un nouveau record de rapidité.

Parti à 5 h 45 GMT du cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, le vaisseau Soyouz MS-17, à bord duquel se trouvent Kathleen Rubins, Sergueï Ryjikov et Sergueï Koud-Svertchkov, s’est amarré à la Station orbitale à 8 h 48 GMT.

Un nouveau record a été établi […] Le temps total entre le lancement et l’amarrage du Soyouz était de 3 heures et 3 minutes, a salué dans un communiqué l’agence spatiale russe Roskosmos, quelques minutes après cet amarrage à la Station, en orbite à 408 kilomètres au-dessus de la Terre.

Les astronautes prennent la pose à l'intérieur de la SSI.

Première rangée (à partir de la gauche) : Kate Rubins, Sergey Ryzhikov et Sergey Kud-Sverchkov, membres de l'équipage d'Expedition 64, rejoignent Ivan Vagner, Anatoly Ivanishin et Chris Cassidy, membres de l'actuel équipage permanent (deuxième rangée), de la station spatiale.

Photo : NASA

Trois heures et trois minutes, a de son côté écrit sur Twitter le patron de Roskosmos, Dmitry Rogozine, pour saluer ce nouveau record. Le vaisseau est arrivé quatre minutes avant l’heure prévue.

Les vols les plus rapides vers la SSI mettaient jusqu’à présent six heures environ. Cette nouvelle performance est rendue possible grâce à un nouveau système de guidage permettant de rejoindre la SSI en seulement deux orbites, contre au moins trois auparavant.

Ce système avait été testé en avril 2019 avec un vaisseau Progress, utilisé pour ravitailler en matériel la Station internationale.

Les trois scientifiques ont rejoint sur la station orbitale les occupants actuels Chris Cassidy (NASA), Anatoli Ivanichine et Ivan Vagner (Roskosmos), dont le retour sur Terre est programmé le 22 octobre.

Des précautions particulières ont été prises en cette période de pandémie mondiale de coronavirus, y compris une quarantaine renforcée pour les trois cosmonautes pour écarter tout risque d’importer la COVID-19 sur la station.

On a une quarantaine très stricte, presque depuis mars pour moi, a déclaré Kathleen Rubins durant la conférence de presse qui a précédé le lancement, ajoutant que les cosmonautes étaient testés très régulièrement.

La fin d'un monopole russe

Ce décollage d’une fusée russe vers la SSI est le premier depuis le lancement réussi de la fusée américaine SpaceX, le 30 mai dernier, depuis le centre spatial Kennedy (Floride), qui a mis fin à un monopole russe de neuf ans sur les vols habités à destination de la Station.

Le prochain vol de SpaceX vers la SSI aura lieu le mois prochain : il emportera trois Américains et un Japonais sur la station.

Marqué par plusieurs lancements ratés ces dernières années et des scandales de corruption à répétition, le secteur spatial russe va devoir se réinventer pour surmonter la fin de ce monopole qui lui porte un coup sévère.

D’une part, parce que Roskosmos facturait chaque place vers la SSI environ 80 millions de dollars, et d'autre part, parce que l’espace russe souffre d’un manque criant d’innovations que ces lancements parvenaient à cacher.

La SSI est néanmoins l’un des rares domaines où la coopération entre Russes et Occidentaux fonctionne toujours et les cosmonautes partis mercredi ont préféré mettre l’accent sur la capacité des voyages spatiaux à rassembler des nations rivales pour une cause commune.

On ne choisit pas sa date de lancement ni ce qui se passe sur la Station, mais je me sens incroyablement chanceuse, a seulement affirmé Kathleen Rubins, évitant d’évoquer SpaceX et la nouvelle ère qui s’annonce.

Ce lancement a une résonance particulière pour Kathleen Rubins, dont c’est la deuxième mission dans l’espace et qui fête mercredi ses 42 ans. Microbiologiste de formation, elle a notamment travaillé sur le virus Ebola avant d’être sélectionnée pour devenir une astronaute.

Sergueï Ryjikov est, quant à lui, un pilote militaire de formation et le plus expérimenté des trois : il a déjà passé 173 jours dans l’espace, contre 115 pour Kathleen Rubins. Quant à Sergueï Koud-Svertchkov, 37 ans, c’est son premier vol.

À l’ombre de cette coopération, le patron de Roskosmos, Dmitri Rogozine, a annoncé cette semaine que la Russie ne participera sans doute pas à la future station en orbite autour de la Lune que les États-Unis prévoient assembler à partir de 2023.

La Lunar Gateway dans sa forme actuelle est trop américano-centrée, a-t-il annoncé lundi.

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