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Lecture et lumière pour contrer la déprime du confinement

Portrait de la femme qui regarde devant elle.

L'écrivaine Lise Tremblay est membre du jury du Prix de la nouvelle 2021.

Photo : Martine Doyon

Cecile Gladel

En ce début de deuxième vague de la COVID-19, l’écrivaine Lise Tremblay ne se plaint pas, mais elle compatit grandement avec les personnes qui vivent en ville. Elle offre donc quelques conseils pour s’évader, oublier la pandémie et lutter contre la noirceur automnale.

Moi, je vais très bien, mais je trouve ça épouvantable, la vie de ville est faite pour sortir. J’ai vécu 30 ans à Montréal et je sortais tout le temps, dit-elle en entrevue.

Lise Tremblay, membre du jury du Prix de la nouvelle Radio-Canada, vit dans le bois au Saguenay-Lac-Saint-Jean, loin de la ville et d’un certain confinement.

D’ailleurs, le confinement du printemps et le passage de Montréal en zone rouge l’ont empêchée de faire ses deux voyages annuels dans la métropole. En avril et mai, je suis à Montréal. J’y retourne en octobre, mais pas cette année. Les théâtres, les cinémas, les restaurants me manquent, mais ça reviendra.

Cette année, l’écrivaine aura donc profité de sa petite maison au bord d’un lac à 35 minutes de Chicoutimi. Trois personnes vivent ici toute l’année. Je ne suis pas complètement isolée, dit-elle en riant.

S’évader par la lecture

Si Lise Tremblay ne se plaint pas du confinement, elle pense beaucoup aux gens qui en souffrent. Il faut se rappeler qu’on ne peut pas contrôler ce qui arrive. Le gouvernement fait ce qu’il peut, pense-t-elle.

D’ailleurs, elle offre quelques conseils pour sortir de l’angoisse et l’anxiété engendrées par la pandémie.

Je lis beaucoup, car on s’évade. La lecture sauve la vie. Il faut aussi décrocher des nouvelles et se faire violence; c’est une véritable maladie. Je n’écoute qu’une émission d’information par jour, Midi Info [sur ICI Première]. J’arrête après, car on ne peut rien faire. On peut aussi écouter des séries, marcher tous les jours même quand il pleut.

Lise Tremblay

Finalement, elle ajoute qu’on peut agir et faire quelque chose : Mettre un masque, rester à 2 mètres, se laver les mains... et ça va finir par passer.

Des bougies pour illuminer novembre

Si l’écrivaine pense que l’humour et la dérision sont super importants et qu’il faut éviter de se prendre au sérieux, elle est très consciente que le mois de novembre sera difficile.

Toutefois, elle a un conseil pour combler le manque de lumière. Un truc qu’elle a découvert en Suède. En hiver, ils mettent des chandeliers partout, dehors dans les allées, pour la lumière, pour illuminer. C’est vraiment impressionnant et c’est très rassurant, explique celle qui allume aussi ses bougies depuis qu’elle a visité ce pays.

C’est pour ça qu’il y a plein de chandeliers au IKEA, lance-t-elle en rigolant. 

Un recueil de nouvelles en préparation

Lise Tremblay n’entend pas publier de livre prochainement. Je n’écris pas tous les jours, et je ne publierai pas un livre avec un masque; je vais attendre.

Cependant, elle travaille sur un recueil de nouvelles. Le même thème sera repris dans chaque nouvelle : la faille que les femmes portent en elles par rapport à l’amour.

C’est une triste histoire qui l’a poussée à se questionner et menée à écrire sur le sujet. Une femme de 60 ans s’est suicidée, car son conjoint l’avait quittée pour une plus jeune. Lise Tremblay s’est demandé pourquoi on pouvait en arriver à poser un tel geste.

Il y a une faille, ce n’est pas normal. Je me suis donc mise à penser, et ça m’a libérée. Sauf que [l’écriture] est tellement difficile, mais je n’arriverai pas à vivre si je ne le fais pas. Chaque nouvelle est une histoire d’abandon, heureusement il y a aussi des femmes qui s’en sortent bien.

Lise Tremblay

Pourquoi un recueil de nouvelles au lieu d’un roman? La forme s’est imposée.

Écrire, une obligation

L’écrivaine dit ne jamais choisir d’écrire. Si j’avais eu le choix, je ne serais pas devenue écrivaine, mais rédactrice publicitaire, et je serais riche. Je ne suis pas une vedette, écrire est une nécessité. Chaque livre répond à une question que je me pose. C’est comme creuser quelque chose. Cocteau disait : "Sois proche de ta douleur." Je n’arrive pas à sortir de ça.

Véritable tremplin pour les écrivaines et écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. 

Vous écrivez des nouvelles? Envoyez-nous vos textes inédits d’ici le 31 octobre 2020.

Prix de la nouvelle inscrivez-vous maintenant

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