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Lutter contre l’érosion de la Péninsule acadienne

Le casier est à demi enfoui dans le sable au milieu des herbes du rivage.

Un ancien casier à homard disposé sur la dune à Le Goulet pour l'aider à résister aux assauts des tempêtes.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Radio-Canada

Une équipe de chercheurs dans la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, travaille avec les collectivités pour tenter de réduire l’érosion côtière.

Un résident de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, Paul-Marcel Paulin, affirme qu’une forte tempête en janvier 2000 a emporté plus de 16 mètres de sa propriété. La plage s’était soudainement grandement rapprochée de sa maison. Il estime avoir perdu en tout 90 mètres de terrain en plus de 50 ans.

Paul-Marcel Paulin dit croire que les tempêtes hivernales font plus de dégâts qu’auparavant parce qu’il n’y a plus de banquise dans la région. Il a disposé d’anciens casiers à homard sur la côte dans l’espoir d’amoindrir l’impact des vagues.

À Chiasson, les résidents Steven Cormier et Sylvie Desylva ont renforcé le rivage de leur propriété avec des rochers. Ils ont dépensé 30 000 $ pour cela. Selon Mme Desylva, ces rochers préviennent un désastre. Le terrain voisin, qui n’est pas protégé par des rochers, a reculé d’une douzaine de mètres comparativement au leur.

Steven Cormier devant la mer.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Steven Cormier (ci-dessus) et Sylvie Desylva ont installé des rochers sur le rivage de leur propriété et constatent que le terrain voisin non protégé s'érode.

Photo : CBC/Jacques Poitras

Des efforts de ce genre peuvent améliorer la situation, mais il y a toujours un risque qu’une forte tempête emporte les rochers, indique Marion Tétégan Simon, directrice à la recherche à l’institut Valorès, à Shippagan, qui étudie l’effet des changements climatiques sur les côtes.

Le village de Le Goulet se trouve sous le niveau de la mer. Il est séparé du golfe du Saint-Laurent par une dune. Sans cette dune, le village serait inondé par chaque tempête, selon Frédéric Haché, un chercheur de Valorès.

Les fortes tempêtes balayent plus de sable de la dune que la quantité que la nature peut remplacer. Chaque tempête nous rend un peu nerveux, souligne le maire de Le Goulet, Paul-Aimé Mallet.

Le conseil municipal de Le Goulet envisage un arrêté municipal qui encadrerait les nouvelles constructions dans les zones à risque. Les bâtiments n’auraient pas de sous-sol ou seraient construits sur pilotis.

Entre-temps, Valorès étudie quelles méthodes de restauration de la dune sont les plus efficaces. Semer des herbes de rivage aux longues racines semble stabiliser le sol.

Marion Tétégan Simon est assise sur le sable.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marion Tétégan Simon, directrice à la recherche à l’institut Valorès, examine les plantes de rivage sur la dune.

Photo : CBC/Jacques Poitras

C’est une meilleure solution, qui contribue à améliorer les choses, mais cela ne suffit pas pour que la dune résiste aux vagues, explique Marion Tétégan Simon.

À Bas-Caraquet, Environnement Canada a mesuré une hausse moyenne de la température en hiver de 3 degrés Celsius de 1985 à 2011. Le niveau de la mer à Escuminac a augmenté de 10 centimètres de 1973 à 2011.

Même si le monde entier cessait d’émettre des gaz à effet de serre dès maintenant, le réchauffement climatique et la hausse du niveau de la mer se poursuivraient. Il est impossible de changer ce que nous avons fait dans le passé, explique Marion Tétégan Simon.

La solution consiste à s’adapter, sinon des collectivités comme Le Goulet risquent d’être emportées par l’érosion. La Péninsule acadienne est une très belle région et il faut la préserver, conclut Marion Tétégan Simon.

Avec les renseignements de Jacques Poitras, de

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