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« Impossible » de réduire la taille des classes? Des écoles ont pourtant réussi

La déclaration du premier ministre du Québec a surpris le milieu scolaire, puisque le ministère de l’Éducation avait lui-même envisagé de le faire au printemps.

Le premier ministre du Québec, François Legault, portant un masque.

Le premier ministre François Legault juge inapplicable l'idée de réduire de moitié le nombre d'élèves en classe au même moment.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis la rentrée, à l'école Joséphine-Dandurand de Saint-Jean-sur-Richelieu, les salles de classe des 4e et 5e secondaires ne sont remplies qu'à 50 % afin d'assurer la distanciation physique et de prévenir la contamination entre les élèves.

L'enseignant est en classe avec le groupe A pendant que le groupe B est en ligne sur [la plateforme de visioconférence] Teams, explique la professeure de français, Audrey-Anne Demers-Moreau. Les élèves du groupe B assistent à distance au cours, depuis la maison.

L'école Paul-Germain-Ostiguy, à Saint-Césaire, en Montérégie, fonctionne aussi sur ce modèle en alternance, un jour sur deux, qui correspond exactement à ce que l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) avait recommandé pour éviter la propagation du virus.

Mais le ministère de l'Éducation a finalement demandé aux établissements de maintenir les groupes-classes au complet. Une classe de 30 reste donc à 30 dans un même espace clos, ce que cherchaient à éviter les experts de l'INSPQ.

Lorsqu'il a entendu la directive du ministère, le 5 octobre, le directeur du Séminaire des Pères Maristes, une école privée de Québec, a décidé de la suivre à sa façon.

Nous, on trouvait aussi important de réduire la proximité et donc le nombre d'élèves dans les salles de classe. Parce que, une fois que la porte est fermée, les élèves restent dans la même bulle pendant plus ou moins six heures dans la journée.

François Sylvain, directeur général, Séminaire des Pères Maristes

Le directeur de l'école est surpris d'avoir entendu François Legault déclarer, mardi, que la recommandation de l'INSPQ est impossible à appliquer.

Si demain matin, on réduit la taille des classes de moitié, ça nous prend deux fois plus de classes et deux fois plus d'enseignants, a expliqué le premier ministre.

Au contraire, répond le directeur du Séminaire, c'est possible.

Maintenant que le ministère impose aux élèves de 4e et 5e secondaires de venir à l'école une journée sur deux, je peux garder une moitié de groupe dans la classe pendant que l'autre moitié de groupe est à la maison et suit exactement le même cours en temps réel, par vidéo.

L'école de M. Sylvain permet aussi aux élèves en difficulté de demeurer 100 % du temps en classe.

Le ministère de l'Éducation avait imaginé un scénario pour couper les classes en deux

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation du Québec

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

C'est faux de dire que c'est impossible à faire, clame la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier. Le ministère de l'Éducation l'a lui-même proposé, rappelle-t-elle.

En effet, au mois de mai, un document de travail pour planifier le retour en classe avait été partagé par le ministère avec le réseau scolaire.

Dans ce document, on retrouvait deux scénarios, dont l'un consistait à un retour à temps partiel, avec des ratios réduits selon une fréquence et formule alternée à définir : 50 %, ou 33 % du temps avec de l’enseignement à distance ou des travaux à faire lorsqu’ils ne sont pas en classe.

Ce scénario n'avait pas été retenu.

Les enseignants étaient favorables. On se demande qui a décidé de mettre le couvercle sur la marmite.

Sonia Éthier, présidente de la CSQ

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) fait remarquer, à son tour, que séparer les classes en deux serait tout à fait possible et compatible avec le principe d'alternance.

Ça aurait pu réduire le niveau d'anxiété qu'on observe dans tous les établissements scolaires, dit le président de la FAE, Sylvain Mallette. Il faut se rappeler qu'il y a près de 1000 classes qui sont toujours fermées.

Cette semaine, l’École d’éducation internationale de Laval a procédé à la fermeture de 10 classes de 4e secondaire, en raison d'une éclosion qui touche particulièrement ce groupe d'âge.

En entrevue à l'émission 24/60, mardi soir, le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge a continué de défendre le maintien des classes entières.

Le respect de la bulle-classe, c'est la mère de la prévention de la propagation, a-t-il déclaré.

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