•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Élections C.-B. : un débat des chefs marqué par la COVID-19 et la diversité

La cheffe des Verts Sonia Furstenau est debout à un lutrin au centre du chef Libéral Andrew Wilkinson et le chef du NPD John Horgan qui sont aussi tous deux à des lutrins.

Le seul et unique débat télévisé a eu lieu le mardi 13 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Plan de lutte aux changements climatiques, questions d’itinérance, crise du logement, la liste d’enjeux était longue et les trois politiciens ont profité de leur temps pour répéter les messages-clés de leur campagne respective, au cours d’un débat civilisé, et marqué par la pandémie.

Sonia Furstenau, nommée à la tête du Parti vert il y a un mois, a dès le départ déploré le déclenchement d'élections hâtives. Ce que nous avions en Colombie-Britannique était quelque chose jamais vu. Nous avons démontré ce que nous pouvions faire en travaillant ensemble et en mettant la partisanerie de côté, nous aurions pu continuer, a-t-elle souligné.

Nous avions une coopération jamais vue en Colombie-Britannique, ça a bien servi les gens, a ajouté Sonia Furstenau, appelant les électeurs à ramener un autre gouvernement minoritaire à Victoria.

Sur cette question, à son premier débat télévisé, le chef libéral Andrew Wilkinson a parlé de ces élections comme d’une trahison et a tenté de remettre en question l’intégrité du premier ministre sortant tout en remettant également en question le partenariat entre les verts et le NPD. Le NPD n'a pas tenu sa promesse de gouverner avec les verts, pouvez-vous lui faire confiance? a-t-il demandé à la chef du Parti vert.

John Horgan, de son côté, fait le pari que les Britanno-Colombiens ont apprécié sa gestion de la crise et lui donneront un mandat clair pour les prochaines années.

Nos journalistes ont suivi le débat en direct :

S’exprimant à un débit élevé, John Horgan a défendu ses trois années à la tête du gouvernement. Un contraste important avec sa prestation d’il y a trois ans, où le chef néo-démocrate n’avait pas de bilan à présenter. Le NPD, qui avait promis de mettre en place un système de garderie à 10 $ par jour, a d’ailleurs eu à expliquer les retards de son gouvernement dans ce domaine. On doit en faire plus, c’est toujours une priorité du NPD, a souligné John Horgan, qui a affirmé ne pas avoir eu le soutien nécessaire pour réaliser sa promesse.

Andrew Wilkinson, Sonia Furstenau et John Horgan chacun derrière un podium, lors du débat.

Les chefs des trois principaux partis ont croisé le fer lors du seul débat télévisé de la campagne électorale en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada

En raison de la COVID-19, les participants ont dû respecter les règles de distanciation et la traditionnelle poignée de main entre les chefs à la fin du débat a été éliminée.

La pandémie et ses conséquences économiques ont d'ailleurs marqué les premières minutes du débat.

Le chef du NPD, John Horgan, en a profité pour justifier sa décision de déclencher des élections. Selon lui, il fallait le faire pour pouvoir se consacrer à la relance. C’est le bon moment, a-t-il dit.

Le chef du Parti libéral, Andrew Wilkinson, a souligné l’importance d’investir dans la relance économique et a dit accepter l’idée qu’il y aura des déficits pour les cinq prochaines années.

La chef du Parti vert, Sonia Furstenau, a voulu de son côté mettre de l’avant la crise climatique en parallèle avec la crise associée à la COVID-19. Il ne fait aucun doute que nous faisons face à une urgence climatique, a-t-elle rappelé aux électeurs.

John Horgan parle au podium, pendant le débat.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Colombie-Britannique, John Horgan, a tenté de défendre les trois ans à la tête du gouvernement.

Photo : Radio-Canada

Horgan trébuche sur la question du racisme

La question du racisme et de l’inclusion s’est aussi invitée au débat. Les trois chefs ont eu à expliquer comment, à titre personnel, ils étaient sensibles à ces questions.

Je ne vois pas la couleur des gens, a expliqué John Horgan, une formule rapidement décriée sur plusieurs réseaux sociaux. À la suite du débat, John Horgan s’est excusé d’avoir employé cette formule et dit devoir continuer à travailler pour mieux comprendre la réalité des personnes de couleur.

Sonia Furstenau, derrière son podium, lors du débat.

La chef du Parti vert, Sonia Furstenau, a été élue à la tête de la formation politique le 14 septembre 2020.

Photo : Radio-Canada

Plus réactive, Sonia Furstenau, elle-même mère, a dit ne pas pouvoir imaginer devoir dire à son enfant de mettre ses bras en l’air en raison de la couleur de sa peau si jamais un policier l’approche. Nous ne sommes pas égaux, j’aimerais qu’on le soit, mais on ne l’est pas, a-t-elle déploré.

Ayant grandi dans le sud de l’Alberta, le chef du Parti libéral a quant à lui reconnu avoir eu beaucoup à apprendre en matière de diversité. Andrew Wilkinson a décrit son expérience comme médecin en Colombie-Britannique comme une période marquante. C'est une expérience qui m'a permis de connaître une autre réalité, a-t-il dit.

Mis sur la défensive, Andrew Wilkinson, a dû s’excuser une nouvelle fois pour les commentaires jugés sexistes émis par une de ses candidates, Jane Thornthwaite, auxquels il a assisté sans réagir.

Andrew Wilkinson parle, durant le débat.

Le chef du Parti libéral de la Colombie-Britannique, Andrew Wilkinson, a surtout ciblé le chef néo-démocrate lors du débat.

Photo : Radio-Canada

Le débat a donné lieu à des échanges serrés entre John Horgan et Andrew Wilkinson. Entre autres, sur la question du programme d’aide aux entreprises dans le secteur touristique. Le premier ministre sortant a attaqué en accusant le Parti libéral d’avoir effectué des compressions importantes en santé lorsqu'il était au pouvoir. Vous avez mis à pied 10 000 personnes, surtout des femmes, a-t-il lancé à son adversaire.

John Horgan s'est retrouvé à la défense quand il a été interrogé au sujet de sa décision d’aller de l’avant avec le projet hydroélectrique du Site-c, un projet entamé par le gouvernement libéral précédent.

Andrew Wilkinson, de son côté, a parlé de Clean BC, le plan développé par les verts et le NPD, comme d’une fraude qui a mené à une hausse des tarifs à la pompe à essence. Les émissions ont augmenté chaque année sous votre garde, a-t-il souligné. Nous devons travailler pour les Britanno-Colombiens. Le chef des libéraux voudrait faire en sorte que la taxe sur le carbone soit alignée avec la taxe fédérale.

Des élections le 24 octobre

Le débat des chefs a eu lieu 11 jours avant le jour des élections (24 octobre), afin de permettre aux Britanno-Colombiens qui votent par la poste de renvoyer leur bulletin à temps pour qu'il soit compté. Les bulletins envoyés par la poste doivent parvenir à Elections BC avant 20 h, heure du Pacifique, le 24 octobre.

À la dissolution de l'Assemblée législative, les néo-démocrates comptaient 41 députés, les libéraux en comptaient 42 et les verts en comptaient 2. Deux députés siégeaient comme indépendants.

Bannière du dossier réunissant la couverture électorale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !