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Les diplômés en physiothérapie incapables de terminer leur formation

Un homme debout regarde un autre qui court sur un tapis roulant.

Jeremy Lynn (à droite) est en attente de passer son examen clinique pour obtenir son permis de physiothérapeute agréé.

Photo : Soumis par Jeremy Lynn

Radio-Canada

Les physiothérapeutes récemment diplômés se plaignent de ne pouvoir passer les examens qui leur permettent d’entamer la carrière pour laquelle ils ont été formés.

Selon ces diplômés, l’Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie (ACORP) se retrouve dans l’impossibilité de fournir des examens en toute sécurité dans la conjoncture de pandémie de COVID-19. Avec la recrudescence de cas, l’organisme a annulé les examens, laissant les diplômés dans l’incertitude avec des permis professionnels provisoires.

Le jeune diplômé Jeremy Lynn et ses pairs se disent de plus en plus frustrés par l'organisme d'accréditation qui, selon eux, n'a pas lancé une procédure d'examen conforme à la COVID-19, sept mois après le début de la crise sanitaire mondiale.

Ils estiment que le fait de ne pas avoir recours à la partie clinique de leur examen leur coûte de l'argent, des clients et le développement de leur carrière.

Ils [l'ACORP] ont fait preuve de négligence envers notre carrière, nos moyens de subsistance et la façon dont nous pouvons aider le public.

Une citation de :Jeremy Lynn, diplômé en physiothérapie

Plusieurs annulations

Près d'un an après avoir terminé sa maîtrise en physiothérapie, Jeremy Lynn était prêt à passer son examen clinique en novembre pour devenir physiothérapeute agréé. Or l'examen a été annulé une fois de plus.

L'examen avait été annulé en mars et en juin.

Selon Jeremy Lynn, les autres diplômés et lui ont fait preuve de compréhension, mais, à la fin du mois de septembre, quand l’Alliance des physiothérapeutes a annulé l'examen de novembre, l'organisme a évoqué l’augmentation de cas de COVID-19 à travers le pays.

Un physiothérapeute masse la jambe de quelqu'un.

Jeremy Lynn souhaite offrir à ses patients la puncture physiothérapique par aiguilles sèches, une technique utilisée pour traiter les douleurs musculaires, mais son statut d'intérimaire ne le lui permet pas.

Photo : Shutterstock / Edward Olive

Nous avons exprimé nos inquiétudes juste après l'annulation du premier [examen], à savoir que nous voulions qu'un plan soit en place, explique le futur physiothérapeute.

Des organismes de réglementation et d'agrément similaires comme le Conseil canadien des examens chiropratiques et le Collège des massothérapeutes de la Colombie-Britannique ont élaboré et fait passer des examens cliniques sécuritaires pendant la pandémie.

L'ACORP soutient qu'elle s'est engagée à proposer l'examen en mars 2021.

Cela ne convient pas à Lisa O'Grady, qui était physiothérapeute en Nouvelle-Zélande avant de s'installer à Nelson. Elle a échoué à l'examen clinique et estime que sa carrière est aujourd'hui en suspens, voire menacée.

Je ne pense pas que l'ACORP comprenne l'impact que cela a sur les gens.

Une citation de :Lisa O'Grady

En Colombie-Britannique et en Ontario, un candidat qui échoue à la partie clinique de l'examen n'est pas autorisé à pratiquer avec un permis provisoire. Nous sommes bloqués à attendre que cet examen se déroule et, d’ici là, je suis incapable de pratiquer et de conserver les compétences que j'ai travaillé durement à acquérir, déplore Lisa O'Grady.

Pratiquer avec un permis provisoire

Au Canada, à l'exception du Québec, les candidats doivent d'abord réussir un examen écrit suivi de l'examen clinique. S'ils réussissent l'examen écrit, ils peuvent exercer comme physiothérapeute intérimaire en attendant de passer la partie clinique.

Toutefois, Jeremy Lynn, qui est physiothérapeute intérimaire à Victoria, affirme que ce titre présente plusieurs inconvénients. Par exemple, les physiothérapeutes intérimaires ne sont pas autorisés à se spécialiser, et les permis provisoires ne durent que 15 mois. Par conséquent, ces derniers pourraient expirer si les examens devaient encore être repoussés.

Par ailleurs, il croit que de nombreux patients potentiels sont rebutés par le qualificatif de provisoire. Au Canada, un physiothérapeute est tenu, légalement, d’annoncer ce statut.

Un nouvel examen?

Une pétition en ligne réclame le soutien du public pour s'assurer que les collèges provinciaux offrent une certification sûre, juste, équitable et dans un délai raisonnable, en mettant en place des méthodes d'évaluation de rechange d'ici novembre 2020.

Dans une déclaration écrite à CBC News, l'ACORP assure qu'elle comptait sur des organisations et des installations extérieures pour que les examens se déroulent avec des patients types. Cependant, la tâche s’est révélée ardue avec la progression de la pandémie au Canada.

Faire de la composante clinique un examen sans contact tout en s'assurant qu'il teste adéquatement les compétences d'un candidat au niveau d'entrée à la pratique n'est pas une tâche simple.

Une citation de :Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie

Nous reconnaissons que c'est une période très difficile et frustrante pour les candidats en attente d'accès, a déclaré l’Alliance canadienne des organismes de réglementation de la physiothérapie, ajoutant que la physiothérapie est une profession très sensible.

D'après les informations de Joel Ballard

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