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Une campagne pour briser le tabou des agressions envers les hommes

Une affiche indique le slogan de la campagne : «Oui, j'ai été agressé et je suis un homme.»

La campagne lancée par SHASE-Estrie appelle les hommes victimes d'agression à briser le silence.

Photo : Éric Lajeunesse

L'organisme Soutien aux hommes agressés sexuellement (SHASE) de l'Estrie lance une campagne pour faire connaître ses services et dénoncer le tabou entourant les agressions vécues par les hommes.

Ces services ont littéralement sauvé la vie de Richard O'Brien, 69 ans, qui a découvert l'organisme il y a environ deux ans.

Je me disais que les abus sexuels dans l'enfance, il n'y avait rien là. Puis, j'ai fini par prendre conscience que toute ma vie avait été une tentative de suicide.

Une citation de :Richard O'Brien

C'est en consultant son médecin pour traiter un cancer qu'il a mentionné les abus sexuels vécus dans sa jeunesse. À ce moment, on lui a conseillé d'aller chercher une aide qui a finalement tout changé pour lui.  

Grâce à l'écoute de l'intervenant, je parlais de ce sujet-là sans tabou, sans me sentir condamné. À partir de là, ma guérison s'est amorcée, autant physiquement qu'intérieurement, explique-t-il. 

Richard O'Brien affirme avoir d'abord accueilli l'annonce de son cancer comme la fin de la souffrance qu'il vivait depuis tant d'années. Il songeait même à renoncer aux traitements. Toutefois, grâce à l'accompagnement de SHASE-Estrie, sa vision des choses s'est transformée.

Avec SHASE-Estrie, je me suis rendu compte que je pouvais peut-être me donner une seconde chance. Ils m'ont plus que sauvé la vie, ils m'ont donné la vie.

Une citation de :Richard O'Brien

  

L'homme affirme que le lien de confiance tissé avec son intervenant et l'accompagnement gratuit offert par l'organisme ont tout changé dans son parcours.  

Ça arrive plus souvent qu'on le pense

Alexandre Tremblay Roy, le directeur de SHASE-Estrie, croit qu'il est essentiel de faire sentir aux hommes comme Richard O'Brien qu'ils ne sont pas seuls dans leur situation.  

Malheureusement, ça arrive plus souvent qu'on le pense. Un homme sur dix est victime d'agression, souligne M. Tremblay Roy. 

Une campagne pour briser le tabou des agressions envers les hommes

Avec cette campagne, il espère inciter ces hommes à briser le silence. Il déplore que les services comme ceux de SHASE, destinés aux hommes, soient encore bien peu connus. 

Même les messages gouvernementaux ne l'effleurent pas quand ils parlent d'agression sexuelle. Ce sont des messages très généraux. On le sait parce qu'on est sur le terrain, qu'on rencontre des hommes victimes d'agression sexuelle et qu'ils nous le disent : on ne se sent pas concernés, souligne-t-il. 

Alexandre Tremblay-Roy rappelle que son organisme vient en aide aux hommes, peu importe le type de violence sexuelle qu'ils ont subie. 

Il souhaite d'ailleurs démystifier un tabou encore très présent, celui des hommes victimes d'agressions commises par des femmes.  

On parle de 40 % des hommes qui sont victimes d'agressions commises par des femmes. C'est encore plus difficile d'aller les chercher, de les amener dans notre organisme parce que c'est encore ridiculisé dans la société.

Une citation de :Alexandre Tremblay-Roy, directeur de SHASE-Estrie

 

Tisser des liens 

M. Tremblay-Roy est conscient que, pour ces hommes, le fait de parler de leur agression est un immense défi, même s'ils décident de se rendre auprès d'un organisme qui leur vient en aide.  

Pour plusieurs, c'est le plus grand secret de leur vie. On ne s'attend pas à ce qu'ils nous en parlent dès la première rencontre, illustre-t-il. 

Il souligne que les intervenants qui accompagnent ces hommes savent être patients. Ces rencontres gratuites peuvent être aussi nombreuses qu'il le faut pour aider la victime à aller mieux.  

En plus des rencontres individuelles, des groupes de partage permettent aux hommes de briser l'isolement et de tisser des liens avec d'autres personnes qui ont vécu des agressions.

Avec les informations de Philippe Grenier

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