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Gatineau prévoit investir 700 000 $ pour lutter contre l’itinérance

Un homme regarde des policiers démanteler un campement improvisé à l'extérieur.

Des agents du Service de police de la Ville de Gatineau ont démantelé en mai dernier un campement non loin du Gîte Ami, un refuge pour personnes sans-abri dans le secteur Hull (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

La Ville de Gatineau prévoit investir près de 700 000 $ au cours des trois prochaines années pour lutter contre l’itinérance sur son territoire.

Les élus se sont réunis mardi, afin de discuter du prochain cadre de référence en matière d'itinérance qui devrait être adopté par le conseil, la semaine prochaine.

Le plan prévoit notamment des mesures pour améliorer l'accessibilité aux logements, alors que le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais recensait 140 personnes en situation d'itinérance à Gatineau en 2018. Ce nombre aurait doublé depuis l’automne 2019, selon des observateurs.

Le plan de la Ville de 689 000 $ prévoit des efforts en matière d’accès au logement, d’inclusion, d’intervention et de mobilisation des différents acteurs.

La Ville de Gatineau s'engage notamment à soutenir financièrement et encourager la construction de logement abordable. Une enveloppe de 10 000 $ par année a d’ailleurs été prévue pour le développement et l'encadrement de logements atypiques, une alternative aux refuges déjà connus.

Le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) salue l’initiative de la Ville de Gatineau de se doter d’un plan de lutte à l'itinérance, mais voit mal, pour l’instant, comment concrètement ces fonds feront la différence, particulièrement ceux en matière de logement.

Alexandre Deschênes accorde une entrevue par vidéoconférence.

Alexandre Deschênes, organisateur communautaire au sein du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO)

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup d’éléments dans ce plan et ça devient périlleux de se projeter à savoir comment ça va être appliqué sur le terrain. Quand je pense à l'accessibilité au logement, c’est pressant. Mais je vois qu’il y a un 30 000 $ là-dessus. Je vois mal comment ça va s’appliquer, commente Alexandre Deschênes, organisateur communautaire du CRIO.

Plus concrètement, certaines mesures annoncées par Gatineau pourraient se traduire par un meilleur accès pour des personnes en situation d'itinérance à certains services de base, comme des vestiaires, des douches, des abreuvoirs, un service de buanderie et des services municipaux via la carte Accès Gatineau.

La réalité nous a démontré de façon assez raide qu’on avait besoin de ça. Ce qu’on se donne, maintenant, c’est un outil assez fort pour les années à venir, a indiqué le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Déjudiciarisation

La Ville souhaite également mettre en place un programme de déjudiciarisation et d'accompagnement à la cour pour des personnes itinérantes qui aurait commis des délits mineurs. Il s’agit d’une des pierres angulaires du plan, croit le président du comité exécutif et conseiller Cédric Tessier.

Si il y a d’autres villes qui l’on fait, on peut aussi. Certaines de ces personnes n’ont rien et tentent de se relever. Dans des cas de délits mineurs, on n’aide pas ces gens en les mettant en prison ou à l’amande, est d’avis M. Tessier.

La part du lion, soit une somme de 100 000 $ par année, ira pour l’embauche d’un coordonnateur à la Ville qui assurera la mise en œuvre du plan et les suivis.

Le plan comprend également un volet de sensibilisation et de formation des employés municipaux en matière d’intervention auprès des personnes vulnérables. Les policiers, et les surveillants de parcs, notamment, recevront de la formation.

Tout le volet de l’inclusion et de l’acceptabilité sociale sont les autres axes que l’on retrouve dans ce cadre de référence. Les personnes en situation d’itinérance doivent de sentir chez elles lorsqu’elles sont dans un parc, dans une bibliothèque, dans un édifice municipal. Ça incombe à la Ville de s’assurer de cette inclusion. Donc on parle de former notre personnel, un volet de médiation sociale au sein des quartiers qui sont touchées par le phénomène de l’itinérance, explique la présidente de la Commission Gatineau, Ville en santé, Renée Amyot.

Réactions prudentes

Le Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais parle d’un pas dans la bonne direction, soulignant que la Ville de Gatineau prend des initiatives dans un dossier qui est plus de ressort provincial. Seulement, la situation nécessite des actions immédiates, croit l’organisme.

On voit mal la réponse à l’urgence immédiate et c’est là où le bât blesse. Sachant que le démantèlement [des campements improvisés de sans-abris] n’est pas la réponse à l’itinérance, qu’est ce qu’on fait avec tout ça en ce moment, aujourd’hui? se questionne Alexandre Deschênes.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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