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Pas moins de cinq enquêtes sur le drame de Wendake

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Lionel Carmant assis à la table de presse devant un drapeau du Québec affiche un air sérieux.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, souhaite notamment aborder la question du profilage racial lors des travaux du groupe d'action.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Félix Morrissette-Beaulieu

Enquête externe sur la DPJ, travail des policiers et du coroner ainsi que deux enquêtes de la Commission des droits de la jeunesse : quatre organisations se pencheront sur la mort des deux garçons retrouvés sans vie à Wendake dans la nuit de samedi à dimanche, pour mener pas moins de cinq enquêtes.

Après avoir affirmé lundi qu'il exigeait des réponses, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux lance une enquête externe sur les actions de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Capitale-Nationale dans ce dossier.

Moi, ce que j'ai besoin de savoir, c'est pourquoi les signalements n'ont pas été retenus, explique Lionel Carmant, en entrevue à Radio-Canada.

Le ministre confirme que trois signalements ont été faits à la DPJ avant la tragédie. Il affirme, selon les premières informations, que la sécurité des deux enfants tués n'était pas compromise. Or d'autres informations ont poussé le ministre à ouvrir sa propre enquête.

Un des signalements a été fait par la police, donc j'ai besoin de m'assurer que tout a été bien fait, ajoute-t-il.

L'enquête externe permettra notamment de faire la lumière sur la nature des signalements et permettra de déterminer si les bons gestes ont été faits en fonction des informations que la DPJ détenait.

Un homme de 30 ans est accusé de deux meurtres au second degré dans l'affaire de la mort des petits de deux et cinq ans. Le lien entre l'accusé et les enfants est soumis à une ordonnance de non-publication.

Les informations que j’ai obtenues en lien avec ce dossier me poussent à demander cette enquête. Je tiens à vérifier que les interventions ont été menées de manière adéquate.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux
Lionel Carmant, assis à la table de presse devant un drapeau du Québec, affiche un air sérieux.

Le ministre Carmant n'était pas présent lors de la conférence de presse du gouvernement mardi. C'est donc le premier ministre François Legault qui a annoncé l'enquête externe. (photo : archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les résultats de l'enquête externe seront remis le 5 décembre prochain. On ne sait pas encore qui a été désigné pour piloter ce travail.

Cette annonce du ministre Carmant s'ajoute aux deux enquêtes de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), confirmées mardi matin.

La Sûreté du Québec et le Bureau du coroner ont aussi entamé leurs propres investigations. Le gouvernement précise que les recommandations du coroner seront rendues publiques.

De son côté, le CIUSSS de la Capitale-Nationale a affirmé qu'il collaborerait à toutes les enquêtes et qu'il agirait en toute transparence.

Enquête publique réclamée

Ce qui porte le nombre total d'enquêtes sur le drame à cinq. Mais le gouvernement n'a pas l'intention, pour le moment, de lancer une enquête publique du Bureau du coroner, comme ce fut le cas dans le dossier de la petite Rosalie Gagnon, à Québec, tuée par sa mère en 2018.

Un non-sens, selon un proche des deux enfants, qu'on ne peut identifier en raison du processus judiciaire en cours. Ce dernier craint qu'un trop grand nombre d'enquêtes n'aient pas les résultats escomptés.

C’est une enquête publique, point final. Trop d’enquêtes, ce n’est pas bon. Ils vont se mêler dans leurs enquêtes, dit cette personne.

Je ne veux pas d’enquête publique dans un an, j’en veux une tout de suite. Je ne veux plus de meurtres d’enfants.

Proche des petites victimes

Des changements concrets sont aussi attendus par le grand chef de la Nation huronne-wendat, Konrad Sioui. Il faut trouver des solutions. Chaque fois, on est en réaction. Il faut être en proaction. J'espère que ça va nous donner des raisons, et puis qu'on sera appelé à trouver des solutions durables.

C’est important, parce qu’il y a plusieurs exemples comme ça au Québec qui démontrent que la DPJ, sans les juger, a peut-être failli à sa tâche, dit M. Sioui.

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat

Konrad Sioui, grand chef de la Nation huronne-wendat

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

La transparence avant tout

Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale n'exigent pas, pour l'instant, d'enquête publique du coroner.

L'important, c'est d'avoir des résultats. Le caractère public est très intéressant, et je pense que ça pourrait être bienvenu, mais je pense aussi que ça ne doit pas retarder la réception des résultats, pense la députée péquiste Véronique Hivon, porte-parole en matière de protection de la jeunesse.

À titre d'exemple, l'enquête publique du coroner dans la mort de la petite Rosalie à Québec a été ordonnée en mai 2019. Les audiences publiques auront finalement lieu 19 mois plus tard, en décembre prochain.

La députée libérale Kathleen Weil s'engage dans le même sens que son homologue du Parti québécois. Je pense qu'il faut attendre l'issue des enquêtes en cours. Est-ce qu'il y a lieu d'en avoir une autre? Je pense que l'échéancier doit être rapide, c'est l'important. Et les résultats doivent être rendus publics.

Chez les solidaires, le député Sol Zanetti, responsable des enjeux de santé et de services sociaux, mise lui aussi sur la transparence. Pour nous, l'important est que la lumière soit faite là-dessus, sans entrer dans les informations confidentielles, mais pour mieux comprendre c'est quoi les problèmes dans le système et le régler, affirme-t-il.

Au Québec, les enquêtes publiques sont ordonnées par le coroner en chef, de sa propre initiative ou à la demande de la ministre de la Sécurité publique.

Le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a répondu que les enquêtes en cours serviront justement à répondre aux nombreuses questions soulevées à la suite de la tragédie.

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