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COVID-19 : Toronto répond aux nombreux actes de racisme antiasiatique

Des gens marchent dans la rue avec un masque.

Le nombre d'actes racistes envers la communauté asiatique a augmenté depuis le début de la pandémie, constate le Chinese Canadian National Council.

Photo : Radio-Canada / (Evan Mitsui/CBC)

La Ville de Toronto lance une campagne dénonçant les nombreux actes de racisme envers la communauté est-asiatique. Le maire John Tory reconnaît que leur nombre a augmenté depuis le début de la pandémie de COVID-19.

L’organisme Chinese Canadian National Council (CCNC) ne s'étonne pas que la pandémie ait exacerbé le racisme envers les membres de la communauté.

Déjà en janvier, la présidente Amy Go tirait la sonnette d’alarme aux côtés d’autres organismes et du maire de Toronto, John Tory, afin d’éviter une montée d’actes déplorables comme cela avait été le cas en 2003 lors de la crise du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Mais jamais elle ne se serait attendue à des effets d'une telle ampleur.

Nous avions peur que le scénario se répète, mais les choses se sont plutôt aggravées cette fois.

Amy Go, présidente, CCNC

L’organisme a lancé un site web, dans le contexte de la pandémie, sur lequel les gens sont invités à signaler les actes dont ils sont victimes.

Plus de 600 cas y ont été répertoriés jusqu’à maintenant, dont le quart à Toronto. La ville la plus touchée est Vancouver, avec 28 % de ces 600 actes allégués.

Dans 30 % d’entre eux, il y aurait eu une forme d’attaque, comme de la violence physique. Les actes se sont aussi manifestés parfois par une toux ciblée ou l’acte de cracher vers la personne visée.

Une campagne de sensibilisation

La Ville de Toronto a lancé une campagne de sensibilisation et d’information en ligne et invite les gens à dénoncer le racisme lorsqu’ils en sont victimes ou témoins.

Le maire John Tory dénonce la situation en rappelant que le racisme anti-est-asiatique n’a pas sa place dans notre Toronto.

La conseillère municipale Kristyn Wong-Tam monte elle aussi le ton en critiquant le message envoyé par certains dirigeants politiques.

Des dirigeants comme Donald Trump qui continuent de nommer la COVID-19 "le virus chinois" entretiennent un environnement de haine et un racisme antiasiatique.

Kristyn Wong-Tam, conseillère municipale de Toronto

Des attaques ciblées

La présidente du CCNC, Amy Go, dit avoir elle-même ressenti un changement dans les attitudes des Torontois au cours des derniers mois. Elle cite en exemple la fois où elle est montée à bord d’un tramway, en mars dernier, et qu’un autre passager a rapidement changé de place en la voyant rentrer.

Par ailleurs, Mme Go explique qu’avec la réouverture des écoles, la communauté constate que les enfants sont eux aussi devenus les cibles d’attaques.

Des parents rapportent d’affreux propos racistes, comme "retourne en Chine, tu as apporté le virus au Canada".

Amy Go, présidente, CCNC

L’organisme a effectué un sondage auprès de 500 Canadiens d’origine chinoise de partout au pays. La moitié d’entre eux disent avoir été insultés et traités de noms depuis le début de la pandémie et 61 % disent avoir adapté leur routine quotidienne afin d’éviter des rencontres désagréables.

Une tendance à la hausse au pays

La tendance à la hausse du nombre d’événements racistes ciblant spécifiquement la communauté asiatique a aussi été signalée dans de récentes études de Statistique Canada (Nouvelle fenêtre) en lien avec les effets de la pandémie de COVID-19.

Dans ces études, les participants d’origine chinoise, coréenne, et de l’Asie du Sud-Est étaient plus susceptibles que les autres groupes de percevoir une hausse de la fréquence des situations de harcèlement ou des attaques en raison de la race, de l'ethnicité ou de la couleur de la peau depuis le début de la pandémie.

Amy Go croit par ailleurs que les médias sociaux ont aussi leur lot de responsabilité dans les messages qui sont véhiculés et que cela se fait sentir beaucoup plus qu’en 2003, lors de la crise du SRAS.

Les gens peuvent désormais répandre la haine, les idées préconçues et les stéréotypes encore plus rapidement et partout sur la planète, explique-t-elle.

Elle salue avec optimisme l’initiative de la Ville de Toronto, mais reconnaît qu’il reste encore beaucoup à faire pour éliminer le racisme dans toutes les sphères de la vie et que cela nécessite la collaboration de tous les ordres de gouvernement.

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