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Les travailleurs quittent le réseau québécois de la santé, signale la CSN

Des gens masqués transportent du matériel médical.

Selon la FSSS-CSN, les mesures de protection du personnel de la santé contre la COVID-19 décidées unilatéralement par le gouvernement sont insuffisantes.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Alors que les besoins de personnel se font de plus pressants dans le système de santé québécois, des centaines de travailleurs surchargés quittent le réseau, prévient la CSN, qui presse Québec d’agir maintenant pour contenir l’hémorragie.

Seulement au CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal, plus de 1800 personnes ont démissionné depuis le début de l’année. L’établissement se retrouve notamment avec 250 agentes administratives, 85 préposé-es à l’entretien et 120 préposé-es aux services alimentaires en moins depuis le début de l’année.

Extrait du communiqué de la FSSS-CSN

Bien que leur travail ne soit pas aussi médiatisé que leurs collègues préposés aux bénéficiaires ou infirmiers, souligne la CSN, le départ de tous ces gens entraîne des surcharges de travail qui se répercutent directement sur les services offerts à la population.

Mardi après-midi, le CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal a expliqué qu'effectivement, 1889 personnes avaient quitté leurs fonctions depuis le début de l'année, mais que 1113 de ces départs concernaient des personnes embauchées pour une durée temporaire via la plateforme du gouvernement Je contribue!.

En excluant ces travailleurs temporaires, le total des départs depuis janvier 2020 serait plutôt de 776. À titre de comparaison, précise le CIUSSS, 944 personnes ont quitté leur emploi dans l'ensemble de l'année 2019.

Ces statistiques concernent le personnel de soutien en santé et le personnel de bureau, techniciens et professionnels de l’administration, précise le CIUSSS.

Selon Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS–CSN), qui est actuellement en négociation avec Québec pour le renouvellement des conventions collectives, le gouvernement devait profiter de l’accalmie de l’été pour régler les conventions collectives et bien préparer le système de santé en prévision de la deuxième vague.

Le gouvernement n’a rien voulu entendre, déplore Jeff Begley, il faut absolument changer de cap, car sinon, je le crains, l’exode des travailleuses et des travailleurs se poursuivra et on va s’en aller dans le mur; ça fera encore plus mal que la première fois.

Protection du personnel

Selon la FSSS-CSN, les mesures de protection du personnel de la santé contre la COVID-19 décidées unilatéralement par le gouvernement sont insuffisantes.

On a mis en terre des collègues de travail... On est encore à constater les conséquences physiques et psychologiques des travailleurs et des travailleuses. Une personne sur quatre atteinte de la COVID provient du réseau de la santé.

Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN

Les gestionnaires maintiennent, encore aujourd’hui, des mouvements de personnel à l’intérieur et entre les établissements et ils continuent de faire appel aux agences de placement, ce qui constitue un vecteur important de propagation de la contagion, déplore Jeff Begley.

Pour remédier à la situation, les syndiqués réclament notamment de meilleurs canaux de communication entre le ministère de la Santé et les syndicats, des mesures de santé et sécurité renforcées, l’encadrement de l’utilisation du personnel d’agences et des compensations justes pour le personnel de première ligne.

Les deux choses qu’il faut faire dès maintenant, sans compromis possible, il faut arrêter le va-et-vient [entre les zones chaudes et froides] et il faut s’assurer que le personnel ait des équipements de protection suffisants pour se protéger des éclosions.

Jeff Begley, président de la FSSS–CSN

Les primes salariales

La distribution de primes salariales par Québec pendant la première vague pour retenir le personnel en santé cause aussi beaucoup de frustration dans les rangs, souligne la FSSS-CSN. Leur application est injuste aux yeux du personnel.

C'est une véritable course à obstacles, constate Josée Marcotte.

Comment expliquer, par exemple, que les brancardiers en soient exclus, eux qui transportent des patients infectés? Il en va de même pour le personnel qui manipule les instruments médicaux ou le matériel souillé à la COVID ou le personnel des laboratoires dont la contribution à la lutte est clairement indispensable. Pourquoi le travail du personnel administratif n’est-il pas davantage reconnu, alors que ces travailleuses ont été nombreuses à contracter la COVID-19? questionne la FSSS-CSN.

La centrale syndicale incite par conséquent Québec à démontrer à ces milliers de travailleurs qu’ils sont importants en faisant un effort pour renouveler rapidement leurs contrats de travail qui sont échus depuis le 31 mars 2020.

La FSSS-CSN représente plus de 90 000 travailleurs du réseau public de la santé et des services sociaux du Québec.

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