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27 plaintes concernant la COVID-19 au Secrétariat aux affaires francophones

Deux hommes sont côte à côte en conférence de presse.

L'interprétation en français des points de presse de la province se fait en différé et est disponible sur le site Internet du gouvernement après leur diffusion.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Depuis le mois de mars, les Manitobains ont déposé 27 plaintes au sujet des services en français en lien avec la pandémie de COVID-19. Elles concernent en majorité la communication d’information au public.

Entre le 12 mars, quand les premiers cas de COVID-19 ont été connus, et le 9 octobre 2020, le Secrétariat aux affaires francophones a reçu un total de 45 plaintes. Plus de la moitié avaient un rapport avec la pandémie.

Les services en lien avec la pandémie sont responsables de plus de plaintes en 2020 que le nombre total de plaintes déposées auprès du Secrétariat aux affaires francophones en 2019 (22 plaintes), ou en 2018 (23 plaintes).

Les plaintes liées à la COVID concernent de demandes d’information relatives aux garderies, aux tests, aux protocoles de retour en classe et aux informations générales sur la santé, affirme un porte-parole de la province.

Environ la moitié des commentaires reçus sont liés à un retard de la publication de documents en français dans le cadre du sondage de parents au sujet de l’éducation et du retour en classe, ajoute-t-il.

La directrice générale de Santé en français, Annie Bédard, a constaté des lacunes dans la communication en français de la part de la province.

Tout particulièrement au niveau des communications, de la sortie des communiqués de presse, au niveau des réseaux sociaux, souvent les choses étaient faites en anglais, mais pas en français, et aussi les points de presse. Heureusement que les médias étaient là parce que, sinon, les points de presse étaient uniquement en anglais , dit-elle.

On est désolé de voir qu’il n’y a pas de meilleure communication en français, surtout en période de pandémie lorsqu’il est question de sécurité et de santé publique.

Annie Bédard, directrice générale de Santé en français

Plusieurs francophones ont fait part de leurs préoccupations à Santé en français. Ils déplorent ainsi que la province publie des informations en anglais en premier, et si le document est traduit en français, il est publié plus tard, à quelques heures d’intervalle.

C’est le cas des communiqués portant sur le bilan quotidien des nouveaux cas de COVID-19, qui informe aussi le public des expositions possibles à la maladie.

Ça envoie le message que l’information pour la population francophone est moins importante et que la langue de fonctionnement de la province est l’anglais, et que ce qui est prioritaire est de sortir l’information en anglais, affirme Annie Bédard.

La pandémie ne doit pas permettre d’esquiver les obligations linguistique. Il s’agit plutôt d’une situation où il est encore plus important de porter attention à la communication en français, selon elle.

Dans des situations de stress et d’anxiété, souvent, on va être beaucoup plus à l’aise pour comprendre des informations, les lire, les entendre dans la langue avec laquelle on est la plus familière, ajoute Annie Bédard.

Des efforts de la province

L’organisme a lui-même porté plainte devant le Secrétariat aux affaires francophones, au sujet des publications du gouvernement provincial sur les réseaux sociaux. Annie Bédard note une amélioration des publications en français au cours de l'été, après la plainte, suivi d’un relâchement.

J’ai vu quand même des efforts […] Dans le passé, on a vécu des expériences où l’on a dû attendre beaucoup plus longtemps pour que les communiqués sortent en français, parfois une semaine ou deux semaines, dit-elle.

Un porte-parole de la province soutient que le gouvernement fournit autant d’information que possible dans les deux langues, aussi vite que possible, par exemple l'interprétation de conférences de presse en français pour la première fois. Ce service d'interprétation n'a toutefois pas lieu en direct. La version française est ajoutée par un interprète après la diffusion des conférences de presse.

La province note qu’elle traduit un volume beaucoup plus important de documents depuis le début la pandémie. C’est un moment sans précédent et cela signifie une augmentation importante des éléments qui sont traduits dans les plus brefs délais, dit le porte-parole.

Nous savons que nous pouvons et que nous devons faire mieux, et des employés du gouvernement ont récemment rencontré le Conseil consultatif des affaires francophones, afin d’obtenir sa rétroaction sur la priorisation et l’amélioration des communications bilingues au cours de la pandémie, ajoute-t-il.

La province manque de planification, dit la SFM

Les explications du gouvernement du Manitoba ne sont plus valables, plus de six mois après le début de la COVID-19, soutient la Société de la francophonie manitobaine (SFM).

Le directeur général de l’organisme, Daniel Boucher, estime que le problème de communication en français qui persiste est le résultat d’un manque de planification du côté de la province.

Évidemment, dans les premières semaines et les premiers mois, on était tous dans une situation qu’on n’avait jamais vue. Tout le monde paniquait, tout le monde tentait de chercher et de trouver leur place dans tout ça. Mais, six mois plus tard, ce n’est pas acceptable, affirme-t-il.

Daniel Boucher dit que la SFM a fait part de ses préoccupations au gouvernement lors d’une réunion du Conseil consultatif des affaires francophones, qui a eu lieu récemment.

Selon lui, la pandémie a pu tout simplement illustrer un problème de traduction de longue date, tout particulièrement en ce qui concerne les retards de publication de documents en français. Il dit qu'il suit le dossier de près et souhaite que la province pourra résoudre ce problème pour de bon.

Avec des informations de Sylviane Lanthier

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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