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Le Sénat américain divisé face à la juge nommée par Trump à la Cour suprême

Amy Coney Barrett prêtant serment devant le Sénat.

Les sénateurs ont profité de la première journée d'audience pour s'affronter sur le terrain politique, à trois semaines de la présidentielle.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Le Sénat a entamé lundi l'audition de la juge Amy Coney Barrett, nommée par Donald Trump à la Cour suprême, par un dialogue de sourds entre des républicains admiratifs de cette « brillante » juriste et des démocrates fustigeant un calendrier « irresponsable » en pleine pandémie et « illégitime » si près des élections.

Le même antagonisme s'est manifesté à l'extérieur du Congrès où des partisans et opposants de la magistrate conservatrice se sont défiés, avant que la police ne procède à une vingtaine d'interpellations.

Cela va être une longue semaine de querelles, a reconnu d'emblée le chef de la commission judiciaire du Sénat, le républicain Lindsey Graham, qui a prévu de consacrer quatre jours à l'examen de cette candidature.

La magistrate est également très bien vue de la droite religieuse parce qu'elle est une catholique pratiquante et partage la vision traditionnelle de la famille prônée par le Vatican. Je crois au pouvoir des prières, a-t-elle encore déclaré lundi.

Sa foi et sa grande famille ont été louées par les républicains, au même titre que ses qualités de juriste. C'est un titan du droit qui conduit une fourgonnette, a lancé le sénateur Mike Brown en référence à son véhicule familial.

La salle des audiences.

Les audiences dureront quatre jours.

Photo : via reuters / Win McNamee/Pool

Les démocrates ne touchent pas à la religion

Dans un pays où seul un quart de la population se dit athée ou sans religion, les démocrates se sont eux, bien gardés d'avancer sur ce terrain miné.

Sa foi ne doit pas entrer en considération, a déclaré à la presse Joe Biden, le rival de Donald Trump, en marge d'un déplacement, en optant pour un autre angle d'attaque : les critiques exprimées par la juge contre la loi de l'ex-président Barack Obama qui a étendu la couverture maladie de millions d'Américains.

Elle a dit qu'elle voulait se débarrasser de l'Obamacare, a estimé le candidat démocrate, en rappelant que, dans un mois, la Cour suprême allait examiner un recours des républicains contre cette loi.

Dans l'enceinte du Sénat, les sénateurs démocrates lui ont emboîté le pas, donnant tous l'exemple de bénéficiaires de cette loi. Grandes photos à l'appui, ils ont assuré que ces Américains malades seraient les grands perdants d'une Cour suprême remaniée.

Conscients d'avoir peu de leviers pour empêcher le Sénat de confirmer Mme Barrett, les démocrates ont également utilisé cette tribune pour recentrer le débat sur la pandémie, qui a fait près de 215 000 morts aux États-Unis.

La sénatrice Kamala Harris, colistière de Joe Biden, a ainsi fustigé l'attitude selon elle irresponsable de ses confrères républicains qui ont décidé d'organiser ces auditions bien que trois élus aient été déclarés positifs il y a une dizaine de jours.

Notant que plus de 50 personnes étaient réunies en intérieur pour de longues heures, la sénatrice, qui s'exprimait par vidéoconférence, leur a reproché de mettre en danger le personnel du Congrès.

Le Sénat devrait plutôt avoir pour priorité un plan de sauvetage pour les familles, a ajouté Kamala Harris. Elle a également jugé illégitime un processus si près du scrutin.

Mais pour le sénateur républicain Lindsey Graham, le Sénat effectue son devoir constitutionnel. Ce proche du président mise sur un vote en séance plénière la semaine prochaine.

Une idéologie très à droite

La confirmation d’Amy Coney Barrett à la Cour suprême ferait passer de cinq à six le nombre de juges conservateurs à la plus haute cour des États-Unis, contre trois juges progressistes.

Catholique pratiquante, Amy Coney Barrett a déjà dit être opposée à l’accès à la contraception et a pris de nombreuses positions en défaveur des femmes désirant avorter. Elle a aussi déjà été membre de l'organisation Faculty for Life, un groupe réunissant des universitaires opposés à l'avortement.

Certaines de ses décisions en tant que juge fédérale ont été défavorables aux migrants.

Étant une partisane de l’interprétation originaliste de la Constitution, elle défend également le second amendement des États-Unis qui garantit à tout citoyen américain le droit de porter des armes.

Nommée à la cour d’appel fédérale de Chicago par Donald Trump en 2017, la femme de 48 ans est la mère de sept enfants, dont deux ont été adoptés en Haïti. Son benjamin est atteint de la trisomie 21. Elle et son mari, un ancien procureur, sont membres d'un groupe chrétien nommé The People of Praise.

En plus d’Amy Coney Barrett, le président Donald Trump a nommé deux autres juges conservateurs à la Cour suprême depuis le début de son mandat en janvier 2017 : Neil Gorsuch en 2017 et Brett Kavanaugh en 2018.

Avec les informations de CNN, Washington Post, et Agence France-Presse

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