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École à distance : des exemptions réclamées pour les élèves avec des besoins particuliers

Deux mères et leurs fils aux besoins particuliers dans un secteur rural de Sherbrooke.

Des parents demandent à ce que les directives de la santé publique soient adaptées aux besoins de leurs enfants

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Thomas Deshaies

Des parents d’élèves ayant des besoins particuliers se sentent invisibilisés par le ministère de l’Éducation en cette période de pandémie. Ils demandent à ce que leurs enfants soient dispensés de l’enseignement à distance.

Benjamin Cormier est atteint d’une déficience intellectuelle. Selon sa mère, Keila Batko, il serait difficile pour lui de poursuivre ses apprentissages à distance si son groupe-classe était mis en isolement.

Quand on parle de visioconférence pour des enfants qui ont de la déficience profonde, ça devient inquiétant, souligne-t-elle. On ne voit pas comment nos jeunes pourraient se sentir concernés. Même quand on est à proximité de Benjamin, c’est déjà difficile de l’intéresser à quelque chose.

Même son de cloche du côté de Denyse Fournelle, mère d’Enzo. Il est atteint de paralysie cérébrale. Je ne peux pas juste l’installer devant Zoom, il a besoin qu’on l’accompagne, il a besoin d’avoir quelqu’un, souligne-t-elle.

Des parents se sentent oubliés

Keila Batko et Denyse Fournelle rappellent que ce ne sont pas tous les parents qui peuvent être en tout temps avec leur enfant s’il est forcé de faire l'école à la maison.

Présentement Benjamin a 18 ans et demi. S’il ne va pas à l’école, c’est difficile pour moi de travailler, de gagner ma vie.

Une citation de :Keila Batko

Denyse Fournelle a l’impression que le ministère de l’Éducation ne considère pas les besoins de certains élèves en cette période de pandémie. Depuis le début de la pandémie, quand le ministère de l’Éducation s’adresse aux médias, je ne l’ai jamais entendu parler des enfants aux besoins particuliers, déplore-t-elle. Dans les communiqués du centre de services scolaire de Sherbrooke, on en entend pas parler non plus. C’est toujours pour les élèves du régulier.

Mme Fournelle mentionne par ailleurs qu’à la réouverture des écoles primaires au printemps dernier, son fils n’avait pas pu retourner en classe en raison de son âge. Il est pourtant au niveau primaire au niveau de ses apprentissages, souligne-t-elle. La direction devait suivre les recommandations du ministère.

Les comités de parents demandent des assouplissements

Les directives actuelles du gouvernement du Québec en cas d’éclosion de COVID-19 s’appliquent à tous les élèves, sans exception.

Il s’agit d’un non-sens, selon le président de la Fédération des comités de parents, Kévin Roy. Nous on demande à ce que les élèves qui ont des besoins particuliers soient en présentiel, toujours à l’école, déclare-t-il.

Par ailleurs, un sondage non-scientifique de la fédération démontre que les parents sont préoccupés. Plus de la moitié des répondants jugent que la qualité des services éducatifs a baissé depuis le début de la pandémie ou que les services n’étaient tout simplement pas adéquats pour les besoins de leur enfant si on compare à l’année dernière, précise M. Roy.

Le ministère de l’Éducation

Le ministère de l’Éducation nous à faire savoir par courriel qu’il ne compte pas répondre favorablement à la requête des parents. Permettre aux élèves en difficulté de poursuivre leurs apprentissages à l’école lorsque leur classe tombe en enseignement à distance n’est pas possible puisque cela va à l’encontre même des recommandations de la Santé publique, mentionne le responsable des relations de presse du ministère.

Le ministère juge que écoles sont en mesure d’offrir tous les services nécessaires aux élèves ayant une condition médicale particulière, et ce, même à distance.

Lorsqu’un élève est isolé à la maison, un contact avec leur classe d’appartenance est maintenu et des services pédagogiques ainsi que des travaux des mêmes enseignants et professionnels que s’ils étaient à l’école sont offerts.

Une citation de :Responsable des relations de presse au ministère de l’Éducation

Par ailleurs, rappelons que les élèves de 4e et 5e secondaire en zone rouge doivent se présenter en classe une journée sur deux. Il s’agit toutefois d’une mesure qui ne s’applique pas aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage qui fréquentent des classes spéciales.

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