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Au Manitoba, la difficile adaptation des soupers d'automne en temps de pandémie

La salle communautaire de Saint-Joseph vide.

Cette année, la salle communautaire de Saint-Joseph n'accueillera pas son traditionnel souper d'automne.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Dans les communautés rurales du Manitoba, le souper paroissial, ou souper d’automne, est une institution durant cette période de l’année. Avec la pandémie de COVID-19 et les restrictions sanitaires, plusieurs d'entre eux ont cependant dû être annulés ou réinventés.

Une salle communautaire vide. Des tables vides. Une cuisine vide. Un village silencieux. Au même moment, l’année dernière, Saint-Joseph grouillait d’activité à l’approche de son souper paroissial organisé, en général, après l’Action de grâce. L’année 2020 et la pandémie ont toutefois eu raison de ce rassemblement.

Après l’annulation du festival du patrimoine de Montcalm, en juillet, une activité importante de Saint-Joseph, la paroisse du petit village francophone, situé à 100 kilomètres au sud de Winnipeg, a subi le même sort.

Cette décision est difficile pour Marcel Delorme, un des organisateurs du souper, qui note l’importance de ce grand regroupement pour la vie sociale de la communauté, car les préparations de ce souper d’automne se faisaient du mois de juillet au mois d’octobre et que plus de 1000 personnes y étaient accueillies chaque année.

À ce temps-ci de l’année, c’était très occupé, avec beaucoup de volontaires qui venaient installer les tables, une dame qui décorait la salle au thème de l’Action de grâce, etc.

Marcel Delorme

Au-delà des répercussions sociales de cette rencontre, il y a aussi des conséquences financières, puisque les soupers d’automne représentent aussi une manne importante.

Dans les dernières années, on faisait un profit net entre 10 000 et 12 000 $ par année, explique Marcel Delorme. Donc, ça représente beaucoup pour notre communauté.

Service à l’auto et ventes aux enchères

Pour tenter de limiter les dégâts financiers, certaines communautés rurales tentent de présenter différemment leurs soupers d’automne.

L’une des solutions a été de mettre en place des soupers sous forme de service à l’auto, comme cela a été le cas à Tolstoï et à Pansy, dans le sud de la province.

À Saint-Adolphe, à 26 kilomètres au sud de la capitale manitobaine, Huguette Phaneuf a aussi pensé à cette possibilité.

La présidente du comité économique de la paroisse explique néanmoins qu’il n’était pas possible de suivre le protocole nécessaire dans le cadre de la préparation d’un souper d’automne. Au fil des discussions, les organisateurs évoquent donc l’idée d’une vente aux enchères en ligne.

On s’était souvenu d’une année où on avait organisé un encan pendant un souper, explique Huguette Phaneuf, et un de nos membres a proposé d’organiser cela en ligne.

Huguette Phaneuf devant son ordinateur qui affiche le site web de la vente aux enchères.

Huguette Phaneuf et son équipe, de la paroisse de Saint-Adolphe, ont mis en place un site de ventes aux enchères en lieu et place du souper d'automne

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Quelques jours après la création du site web, l’idée a séduit les habitants de la région, et plus de 160 articles ont été mis aux enchères.

La vente a eu un succès incroyable, affirme Huguette Phaneuf, qui ajoute que celle-ci est venue créer une autre sociabilité au sein de la communauté.

Les gens s’appellent pour parler des différentes enchères et il s’est créé une sorte de compétition.

Huguette Phaneuf, bénévole à la paroisse Saint-Adolphe

Avec cet encan, qui se termine le 17 octobre, Huguette Phaneuf et la paroisse de Saint-Adolphe espèrent tirer un profit de 8000 $. L’engouement actuel pour cette vente en ligne donne à ses organisateurs l'espoir de pouvoir atteindre, voire dépasser, cet objectif.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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