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Arrestations et répression brutale lors d'une manifestation au Bélarus

Une foule immense dans les rues de Minsk.

Des milliers de manifestants se sont de nouveau rassemblés à Minsk pour réclamer le départ du président Alexandre Loukachenko.

Photo : afp via getty images / STRINGER

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Canons à eau, matraques et grenades assourdissantes : la police bélarusse est intervenue en force dimanche à Minsk pour disperser les milliers de manifestants dénonçant la réélection en août du président. Il s'agit de l'intervention policière la plus violente des dernières semaines.

Le mouvement de contestation historique au Bélarus, déclenché par des soupçons de fraudes massives lors de la présidentielle du 9 août, rassemble tous les dimanches des dizaines de milliers de personnes depuis deux mois.

Dimanche après-midi, une foule immense s'est encore réunie à Minsk, la capitale, pour réclamer le départ du président Alexandre Loukachenko, mais la police a tout fait pour empêcher les différents cortèges de se regrouper, bloquant des rues et intervenant en force en amont pour disperser certains groupes.

« Des canons à eau et des grenades assourdissantes ont été utilisés à Minsk. »

— Une citation de  Olga Tchemodanova, porte-parole du ministère de l'Intérieur
Un canon à eau arrosant un manifestant de dos.

Les autorités ont utilisé des canons à eau contre les manifestants à Minsk, capitale du Bélarus, le dimanche 11 octobre.

Photo : Getty Images / AFP / STRINGER

Le recours d'une telle ampleur à cet arsenal est une première depuis les manifestations qui ont eu lieu les jours suivant le scrutin, lorsque des milliers de personnes furent arrêtées, des dizaines blessées et une poignée tuées. Depuis, les heurts à Minsk avaient été sporadiques.

Les images des médias indépendants bélarusses ont montré de nombreuses arrestations violentes, par les policiers antiémeutes ou par des hommes en civil armés de matraques, le visage cagoulé. D'autres images montraient des véhicules équipés de canons à eau, roulant lentement et projetant une eau orangée sur les manifestants.

La radio financée par les États-Unis, RFE-RL, et le média en ligne indépendant Tut.by ont diffusé des photos de manifestants blessés, certains la tête ensanglantée.

Nacha Niva, l'un des principaux médias en ligne du pays a, lui, publié une vidéo montrant ce qui semble être des soldats du ministère de l'Intérieur poursuivant des manifestants et pointant leur fusil en leur direction.

Comme chaque dimanche, les autorités bélarusses ont mobilisé en grand nombre les forces antiémeutes et véhicules blindés. Elles ont aussi limité l'accès à l'internet mobile et réduit le fonctionnement des transports en commun pour gêner la mobilisation.

De nombreuses arrestations

Le ministère de l'Intérieur n'a pas dressé de bilan des arrestations, mais l' Organisation non gouvernementale Viasna a recensé l'arrestation de plus de 250 personnes dans le pays, l'immense majorité à Minsk.

Trois policiers portent un manifestant par les jambes et les bras.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés par la police antiémeute, lors de la manifestation du 11 octobre.

Photo : afp via getty images / STRINGER

Le ministère de l'Intérieur assure que le nombre de participants a diminué par rapport aux fois précédentes. Ailleurs dans le pays, des manifestations importantes ont également eu lieu, elles aussi marquées par une réponse policière sévère.

Selon les comptes de Viasna, une quarantaine de journalistes ont été interpellés. La semaine dernière, les autorités ont annulé les accréditations de l'ensemble des médias étrangers, gênant la couverture des événements.

Samedi, selon la présidence, le chef de l'État est allé discuter avec des opposants incarcérés dans la prison des services spéciaux des changements constitutionnels qu'il prévoit pour sortir de la crise politique et sur lesquels il n'a toujours pas apporté de précisions.

La chaîne Telegram NEXTA Live, qui coordonne en partie la protestation et compte deux millions d'abonnés dans un pays de 9,5 millions d'habitants, avait justement appelé les manifestants à se réunir autour de cette prison pour que chaque prisonnier politique entende le peuple.

Des centaines de manifestants, responsables de mouvements politiques, d'organisations syndicales et de journalistes ont été arrêtés depuis début août et incarcérés pour avoir participé ou organisé la contestation.

Un haut dirigeant de l'opposition en exil, Pavel Latouchko, a estimé que les arrestations de dimanche montrent que le pouvoir n'est ni prêt ni capable de mener un dialogue ouvert avec la société .

« Peu importe le nombre de personnes qu'ils mettent en prison, nous sortirons quand même [défiler], parce que les leaders, c'est lui, elle, nous tous. »

— Une citation de  Alexandre Starovoïtov, un entrepreneur et manifestant de 32 ans

Les principales figures de l'opposition sont soit en prison, soit en exil, comme la candidate d'opposition à l'élection présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa.

Cette semaine, plusieurs pays européens dont le Royaume-Uni, l'Estonie et la Lettonie ont rappelé leur ambassadeur à Minsk. Le Comité international olympique (CIO) s'est lui dit très préoccupé par une discrimination visant les athlètes à cause de leurs opinions politiques.

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