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Refoulée à la frontière américaine, une Montréalaise doit s'isoler pendant 14 jours

« C'est absurde. Je ne reviens pas de l'étranger. On ne m'a même pas autorisée à entrer aux États-Unis. »

Un poste frontalier fermé entre les États-Unis et le Canada.

L'entrée aux États-Unis par voie terrestre est limitée à des raisons jugées essentielles.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

C'est une longue quarantaine que doit respecter Colette Mersy à cause de quelques minutes passées au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec.

Je trouve ça complètement stupide, raconte la Montréalaise, qui voulait rejoindre sa fille à New York pour l'aider après la naissance de son deuxième bébé.

Le 9 octobre, elle se présente au poste frontalier. Une agente américaine lui refuse l'entrée, car son motif de voyage n'est pas considéré comme « essentiel ».

Après avoir fait demi-tour, Colette Mersy se présente alors à la guérite canadienne. Et là, surprise : le douanier exige qu'elle rentre chez elle et respecte une quarantaine de 14 jours, sans sortir.

Il m’a dit : à partir du moment où vous avez franchi le poste canadien, vous êtes considérée comme étant sortie du pays.

Je ne suis pas entrée aux États-Unis. J’ai frappé à la porte des États-Unis et on m’a dit non, vous ne pouvez pas entrer.

Colette Mersy

Pensant être victime d'une erreur d'interprétation, la Montréalaise appelle l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), qui lui confirme qu'elle doit bel et bien respecter 14 jours d'isolement.

Une douanière américaine qui porte un masque regarde un voyageur.

Les Canadiens peuvent se rendre à l'étranger, mais le fédéral leur déconseille de faire tout voyage non essentiel à l'extérieur du pays.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Radio-Canada a également questionné l'ASFC. L'Agence maintient qu'il n’existe pas de dispositions précises qui exemptent les voyageurs qui se voient refuser l’entrée aux États-Unis d’une quarantaine de 14 jours.

La frontière entre le Canada et les États-Unis est fermée depuis le 21 mars, à l'exception des déplacements jugés essentiels. Le décret qui impose la quarantaine aux voyageurs venant de l'étranger est en vigueur jusqu'au 31 octobre et pourrait être prolongé pour des raisons de santé publique.

Elle se trouve en territoire américain, c'est-à-dire que ses deux pieds sont aux États-Unis, même si elle n'a pas encore eu l'admission d'entrer aux États-Unis.

Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration

Possible en avion, mais pas en voiture

Colette Mersy se dit d'autant plus « ahurie » que la douanière américaine lui a expliqué qu'elle pourrait très bien se rendre voir sa fille par voie aérienne.

Si j’avais su ce qui m’attendait, je n’aurais jamais tenté de passer la frontière terrestre, j'aurais pris l'avion, regrette la Montréalaise.

En effet, pour une raison encore obscure, les États-Unis permettent aux Canadiens d'entrer par les aéroports.

En revanche, le Canada interdit aux voyageurs américains d'entrer par n'importe quel mode de transport, à moins qu'ils n'obtiennent une exemption spéciale.

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