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Élections américaines : républicains et démocrates se livrent (aussi) bataille au Canada

Le 3 novembre, les électeurs américains décideront qui, de Donald Trump ou de Joe Biden, dirigera le pays pour les quatre prochaines années.

Portrait de Steve Nardi

Dans la seule région de Windsor, « près de 30 000 personnes s'identifient comme étant nées aux États-Unis », selon Steve Nardi, président de Democrats Abroad Canada.

Photo : Nick Purdon/CBC

Radio-Canada

Environ 620 000 Américains ont le droit de voter depuis le Canada, mais la plupart d'entre eux ne le font pas. Lors de la dernière élection présidentielle, en 2016, moins de 33 000 personnes ont voté. Pour tenter de rejoindre ces Américains vivant au Canada, les partis politiques accentuent leur campagne de persuasion.

Républicains et démocrates se mobilisent pour recueillir ces intentions de vote à l'approche des élections présidentielles du 3 novembre. Avec une course serrée dans des États comme le Michigan ou la Floride, où les derniers sondages mettent Joe Biden et Donald Trump au coude à coude, les deux partis espèrent que les votes provenant du Canada feront la différence.

Nous ne pouvons plus rester les bras croisés, lance Heather Peterson, 37 ans, tandis qu'elle plante sur une pelouse de St. Catharines, en Ontario, une pancarte sur laquelle est écrit : Les Américains peuvent voter depuis le Canada.

L'objectif de Heather Peterson est de motiver le plus grand nombre possible d'Américains du côté canadien de la frontière à voter pour Joe Biden.

Ce qui est important pour moi avec ce bulletin de vote, c'est de voter pour les droits des femmes, des Noirs, des homosexuels. Je vois juste ce nuage noir au-dessus de nos têtes. J'aimerais qu'il y ait à nouveau quelque chose de plus lumineux dans le monde.

Heather Peterson, Américaine vivant au Canada
Portrait de la jeune femme.

Heather Peterson est née à Buffalo et vote dans l'État de New York, mais vit à St. Catharines. Elle est membre des Démocrates de l’étranger au Canada.

Photo : Nick Purdon/CBC

Et lorsqu'on lui demande ce qu'un second mandat de Trump signifierait pour elle, Heather Peterson ne peut retenir ses larmes. Je ne veux pas y penser, dit-elle. Je suis tellement brisée que je ne peux pas.

Votes démocrates : un effet Trump

Cette fois, la démocratie américaine est en jeu, affirme Steve Nardi depuis son jardin à Mississauga, en Ontario.

M. Nardi est le président de Democrats Abroad Canada [Démocrates de l’étranger au Canada]. Il ne soutient en aucune façon Donald Trump, mais convient que son élection a fait des merveilles pour la croissance de son organisation.

Selon M. Nardi, le nombre de membres a augmenté de 73 % au cours des quatre dernières années, dont 35 % au cours des sept derniers mois. L'augmentation du nombre de membres a été si forte qu'au cours des deux dernières années, l’organisation a ouvert de nouveaux bureaux dans la région de Niagara, à Windsor, en Ontario, et dans les provinces de l'Atlantique.

Les gens sont en colère, ils veulent changer les choses. Ils commencent enfin à entendre le message qu'ils ont le droit de voter, et ce, même s'ils vivent en dehors des États-Unis.

Steve Nardi, président de Democrats Abroad Canada

Si seulement 33 000 sur les 620 000 électeurs américains du Canada ont voté aux dernières élections, M. Nardi affirme que son organisation travaille dur pour faire doubler ce nombre le 3 novembre prochain.

Plus de 400 volontaires sont sur le terrain pour encourager les électeurs américains potentiels à travers le Canada. Et près de la moitié de ces bénévoles multiplient les appels téléphoniques pour tenter de les joindre.

Le matin du 4 novembre, mon équipe et moi devons nous réveiller et savoir que nous avons tout fait pour contribuer à la participation [de ces Américains du Canada]. Je ne veux pas me réveiller en me disant j'aurais pu, que j'aurais dû, déclare-t-il.

Steve Nardi à côté d'une pancarte incitant à voter.

Steve Nardi vit à Mississauga, où il est le président de Democrats Abroad Canada. Il pense qu'il y a suffisamment d'électeurs vivant au Canada qui votent au Michigan pour aider à gagner l'État pour Joe Biden le 3 novembre.

Photo : Nick Purdon/CBC

L'un des États clés visés par M. Nardi et les démocrates est le Michigan, où le président de l’organisation doit lui-même voter. En 2016, Trump n'a remporté cet État que par 10 704 voix. Steve Nardi souligne que de nombreux Michiganais démocrates vivent dans des villes frontalières canadiennes comme Windsor. C'est pourquoi les démocrates de l'étranger ont redoublé d’efforts pour diffuser des annonces dans les médias locaux et les transports en commun.

Je crois fermement que le vote du Michigan est là, déclare-t-il.

En tant que seul démocrate de sa famille, il évoque aussi quatre années éprouvantes. Depuis l’élection de Donald Trump, il ne parle notamment plus de politique avec son père, qui est un fervent partisan du président américain. Nous restons en dehors de ça [dans nos échanges], mais s'il met Fox News, c'est certain que les choses vont mal tourner.

À quelques semaines de l'élection, Steve Nardi se dit donc d’un optimisme prudent, même s’il a bon espoir d’obtenir la victoire qu'il souhaite tant.

Des républicains « confiants »

Le président des républicains à l'étranger, Mark Feigenbaum, est un avocat fiscaliste qui vote en Californie. Conscient que son organisation, pour laquelle il travaille depuis 2000, ne fait pas autant d'efforts au Canada pour mobiliser le vote que les équipes démocrates, il se dit toutefois confiant.

Les démocrates [à l’étranger] sont vraiment motivés parce qu'ils ont peur que les gens ne votent pas. C’est une façon d’admettre qu'ils ont beaucoup de travail à faire pour tenter de remporter l’élection.

Mark Feigenbaum, président des Républicains à l'étranger
Portrait de Mark Feigenbaum

Mark Feigenbaum est avocat à Toronto et président de la section canadienne des républicains à l'étranger.

Photo : Nick Purdon/CBC

Il espère toutefois que tous les Américains qui peuvent voter au Canada feront valoir leur droit. Mais contrairement aux démocrates à l’étranger, il n'est pas convaincu que ceux-ci puissent faire une différence dans des États clés comme le Michigan.

Il y a tellement de républicains de partout qui vont voter et qui veulent conserver le gouvernement actuel, que même s'ils [les démocrates] essaient, ils échoueront, assure-t-il.

L'élection la plus importante de ma vie

Tous les républicains qui votent au Canada ne sont pas aussi confiants que M. Feigenbaum. Georganne Burke, qui se présente comme une partisane inconditionnelle de Donald Trump, exprime son inquiétude quant à l’inactivité des républicains au Canada.

Je crains que les démocrates ne défassent toutes les bonnes choses que Donald Trump a faites au cours des quatre dernières années s’ils accèdent au pouvoir. Et je pense qu'ils les déferont., explique-t-elle. Je pense que cela va nuire à l'économie et ça va continuer à diviser le pays. Je suis donc extrêmement inquiète.

Portrait de Georganne Burke devant sa cheminée. De nombreux bibelots rendant compte de la culture et de l'histoire américaine sont accrochés au mur.

Georganne Burke est une « partisane inconditionnelle de Donald Trump ». Elle vote dans l'État de Floride, où certains sondages récents mettent au coude à coude Trump et Biden.

Photo : Nick Purdon/CBC

Celle qui a été agente politique aux États-Unis et au Canada est aussi la première vice-présidente d'une société de relations gouvernementales, The Pathway Group. Au cours des prochaines semaines, elle sera la directrice de campagne de Julius Tiangson, le candidat conservateur canadien à l'élection partielle fédérale du 26 octobre dans la circonscription de York-Centre.

Le vote, dont le bulletin de vote lui-même, est une chose sacrée, dit celle-ci.

Je ne peux pas exprimer assez combien il est important et sacré, et combien le devoir de voter de manière appropriée et éthique est important. Je n'ai pas manqué une seule élection aux États-Unis depuis toutes ces années vécues au Canada [...] et je le ferai jusqu'à mon dernier souffle.

Georganne Burke, partisane de Donald Trump

Mme Burke, qui vote dans l'État de Floride, sait notamment que les résultats seront encore probablement tout aussi serrés qu’en 2016. Peut-être qu'il gagnera d'une voix, et peut-être que cette voix sera la mienne, se plaît-elle à croire, en indiquant que cette élection cruciale est la plus importante de sa vie.

Un engagement civique et un sentiment patriotique qui semblent donc être partagés par les républicains et les démocrates de ce côté-ci de la frontière à l'approche de la date fatidique du 3 novembre.

Avec les informations de Nick Purdon et Leonardo Palleja, de CBC News

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