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Après un été dans les parcs, l’Orchestre symphonique d’Edmonton retrouve les planches

Des musiciens jouent sur une scène, devant une salle vide.

Des musiciens de l'Orchestre symphonique d'Edmonton enregistrent l'Automne de Vivaldi au centre Winspear d'Edmonton.

Photo : Allan Cabral de Sá/Edmonton Symphony Orchestra

Radio-Canada

Alors que la saison froide approche, l’Orchestre symphonique d’Edmonton (ESO) se prépare à retrouver la scène, mais l’été où la COVID-19 a battu la mesure restera comme un point d’orgue dans la vie des musiciens.

On a tous appris à monter une tente, s’exclame le violon solo Robert Uchida, en repensant aux concerts tenus à l’extérieur.

Lorsque la COVID-19 a frappé l’Alberta, en mars, l’orchestre a été contraint de trouver de nouveaux moyens de se faire entendre. Les concerts à l’extérieur et sur le web sont devenus la norme et la source de bien des défis.

Un des concerts a été un fiasco épouvantable qui a commencé par des bourrasques, explique M. Uchida.

La deuxième violon avait des trombones partout pour retenir ses feuilles de musique, mais le vent était tellement fort que tout s’est envolé et s’est précipité à la figure du premier alto.

-Robert Uchida, violon solo de l’Orchestre symphonique d’Edmonton

Comme si ce n’était pas assez, un autre violoniste suivait sa partition sur un iPad, mais le soleil a frappé l’écran et l’appareil a surchauffé, puis s’est éteint, raconte-t-il.

Bravant ces conditions météo parfois peu favorables, l’orchestre a tout de même tenu plus de 170 concerts et amassé plus de 160 000 $ en cours d’été.

Selon le chef Alex Prior, les concerts ont été extrêmement appréciés des mélomanes, qui, précise-t-il, sont venus par milliers. Les gens voulaient entendre la musique et les musiciens qu’ils aiment. C’était magnifique.

Après quelques mois d’incertitude, l’ESO a regagné la scène, lundi dernier, pour tenir son premier concert intérieur depuis le début de la pandémie.

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Des conditions surréalistes

Remonter sur scène à l’ère de la COVID-19 pose tout de même certains défis. Les concerts ne se prolongent pas au-delà d’une heure et le théâtre de 2000 sièges n’accueille qu’une centaine de personnes à la fois.

L’orchestre a également subi une cure d’amaigrissement. Seuls 15 à 30 musiciens, selon les oeuvres au programme, foulent les planches en maintenant rigoureusement la distanciation physique.

C’est certain que le lien visuel entre nous a été renforcé, parce que la salle résonne pas mal, note Robert Uchida. Parfois, on ne peut faire confiance à nos oreilles parce que ce qu’on entend vient du fond de la salle et est en retard sur l’orchestre.

L’étrange sentiment suscité par la rareté du public atteint également le chef Prior. C’est difficile, parce que tenir un concert devant une salle vide ou à peine occupée, c’est bizarre.

Je viens de donner un concert en ligne. C’est surréaliste de saluer à la fin du concert alors que personne n’applaudit… Mais bon, tout est pas mal surréaliste ces jours-ci.

La musique pour toucher les âmes

Pendant que la COVID-19 poussait tout le monde à l’isolement, Robert Uchida s’est plutôt rapproché de ses collègues, d’une certaine manière.

Selon lui, les quelque 170 concerts virtuels ou extérieurs de l’été ont été un moment propice pour permettre aux musiciens de s’arrêter et de réfléchir sur leur travail.

Nous n’avions jamais vraiment eu la chance de nous arrêter pour penser à notre art, à ce qu’il représente pour nous comme musiciens, à ce qu’il est pour notre communauté ou la société en général. Ça n’était pas arrivé depuis la Seconde Guerre mondiale, explique le violon solo.

On a l’impression que si l’Orchestre symphonique d’Edmonton restait exactement le même après la pandémie, on aurait échoué quelque chose.

Le retour sur les planches, même avec un public réduit, réjouit le chef Alex Prior, qui attend tout de même avec impatience le relâchement des contraintes imposées à la fréquentation.

Si on peut augmenter, croyez-moi, nous le ferons! Ce que le chef espère plus que tout, c’est cependant d’établir un lien avec le public, qu’il soit dans la salle ou devant un écran.

Les gens sont tellement heureux d’entendre de la vraie musique en direct, avec de vrais musiciens qu’ils aiment, souligne-t-il.

On ne peut faire semblant que tout est normal, mais la musique permet d’atteindre un sentiment d’unité particulièrement fort.

Avec les informations de Jason Vermes

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