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COVID-19 : le Canada n’a pas appris sa leçon

Mona Nemer marche devant des drapeaux du Canada.

Mona Nemer, conseillère scientifique en chef du premier ministre du Canada, juge que les gouvernements et la population ont baissé leur garde après la première vague de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La conseillère scientifique en chef du premier ministre estime que les gouvernements et les Canadiens en général, n’ont pas appris assez de la première vague de la pandémie.

Selon Mona Nemer, la période d’accalmie durant l’été a rendu les gens beaucoup moins prudents. Les assouplissements aux règles accordés par les gouvernements ont trop souvent été outrepassés alors que la situation semblait être à nouveau maîtrisée.

On est tombés un peu dans la pensée magique, a-t-elle indiqué en entrevue à l’émission Les coulisses du pouvoir.

On a appris certaines choses, mais hélas, force est de constater qu'on n'a pas appris suffisamment. Et quand je dis on, c'est le on collectif, qu'il s'agisse des citoyens, [...] des gouvernements ou du système. C'était très prévisible […] ce qu'on voit maintenant et donc c'est ça qui est un peu préoccupant.

Un comportement humain, mais que les gouvernements n’ont pas tenté de contrôler assez rapidement. Selon elle, il aurait fallu insister sur l’importance de respecter les mesures sanitaires.

Manque de préparation

Mona Nemer estime également que les autorités sanitaires et les gouvernements auraient dû être mieux préparés à faire face à la seconde vague, surtout à la lumière des leçons apprises au printemps, particulièrement en ce qui concerne le dépistage.

On aurait pu faire mieux [...] ou différent, dit-elle. Écoutez, le dépistage, c'est quand même une opération complexe, ça requiert certains experts qui ne sont pas formés du jour au lendemain. Et donc, c'est clair qu'il faut prévoir le pire, et puis, même si on gaspille l'énergie à entraîner des gens, de les avoir prêts quand il le faut, mais c'est bien mieux comme ça que d'être pris un peu de court.

La conseillère scientifique est d’avis que la fin de semaine de l’Action de grâce peut devenir un point de bascule crucial. Si les chiffres ne plafonnent pas maintenant, la situation a le potentiel de dégénérer rapidement. Si on n'arrive pas à arrêter la transmission, c'est une transmission qui est logarithmique. Donc là, on est en moyenne à 1000 cas par jour. Ça peut monter très vite.

Surtout qu’avec l’arrivée du temps froid, les rassemblements vont se déplacer à l’intérieur, ce qui peut faciliter considérablement la transmission du virus. Je suis inquiète, parce qu'on a affaire à un virus qui se transmet dans l'air. On sait maintenant que des milieux fermés où il y a beaucoup de monde sont propices à la transmission.

Un vaccin dès le début 2021?

Mona Nemer fait cependant preuve d’une pointe d’optimisme quant au développement d’un vaccin contre la COVID-19. On a plusieurs vaccins qui fonctionnent dans le sens qu'ils sont sécuritaires, qu'ils génèrent une réponse immunitaire. Et les tests plus poussés sont en cours, explique-t-elle.

Si tout va bien, l’efficacité de certains vaccins pourrait être confirmée d’ici la fin de cette année. Compte tenu des commandes anticipées qu’a déjà passées le gouvernement canadien, les premières injections pourraient avoir lieu rapidement. Si tout va bien, on devrait être [en mesure] de commencer à vacciner, probablement au début [...] de 2021.

L’intégrale de l’entrevue avec Mona Nemer présentée à l’émission Les coulisses du pouvoir à 11 h HAE sur ICI RDI et ICI TÉLÉ.

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