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Québec envisage d'étendre les mesures de la zone rouge partout

Le code de couleurs est devenu obsolète, selon nos sources à la santé publique.

Christian Dubé et Horacio Arruda marchent dans un couloir, à Québec.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, en compagnie du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Alors que la carte du Québec est petit à petit repeinte en rouge, des responsables de santé publique militent pour appliquer des règles sanitaires « universelles » dans un but préventif, a appris Radio-Canada. L'idée fait son chemin au sommet de l'État, malgré les réticences de plusieurs régions.

Cinq sources à la santé publique ont corroboré nos informations. Toutes demeurent confidentielles, car elles ne sont pas autorisées à partager le contenu des rencontres auxquelles elles participent.

Dès que ça monte un peu, c'est là qu'il faut mettre en place toutes les mesures, explique une source à la santé publique nationale.Il ne faut pas attendre d'être en zone orange, car ça veut dire qu'on a déjà perdu le contrôle.

Est-ce qu’on veut attendre les changements de couleur ou les devancer?

Un directeur régional de santé publique

Quand on réalise l’ampleur du problème, on a deux semaines de retard, ajoute un directeur régional de santé publique. Donc l’idée, c’est mettons le paquet tout de suite avant de voir les conséquences.

Les autorités envisagent donc de passer à une stratégie beaucoup plus préventive que réactive.

Ainsi, des zones orange et même jaunes seraient appelées à appliquer le port du masque en classe ou encore la fermeture des bars et des salles de restaurants. Sans toutefois basculer au rouge.

Samedi, plusieurs secteurs de la vallée du Saint-Laurent, dont Trois-Rivières, sont passés en zone rouge et dimanche, c'est au tour de deux secteurs de l'Outaouais, dont Gatineau.

Le code de couleurs devenu obsolète

Toutes nos sources à la santé publique s'entendent pour dire que les couleurs des zones ont perdu de leur importance en raison de l'accélération de la contamination au début de la 2e vague.

Avant que le feu prenne à Québec, on anticipait une progression lente de l’épidémie et qu’on aurait le temps de voir venir les différents niveaux d’alerte et de réagir en conséquence.

Une source à la santé publique

Le quadrillage de différentes couleurs sur la carte du Québec crée des difficultés, avec des règles différentes entre villes voisines comme Shawinigan, proche de Trois-Rivières, ou Sorel-Tracy, Saint-Hyacinthe et Saint-Jean-sur-Richelieu, proches de la Communauté métropolitaine de Montréal.

L'important, ce ne sont pas les couleurs, mais quelles sont les mesures qui restent à mettre en place compte tenu des objectifs qu'on s'est fixés, explique une autre source présente aux réunions décisionnelles à Québec.

Le gouvernement tient absolument à quatre choses :

  • Garder les écoles ouvertes

  • Préserver le plus possible l'économie

  • Sauvegarder le réseau de la santé

  • Protéger les personnes âgées

Des régions rejettent des règles universelles

Plusieurs régions du Québec ont un profil semblable à la Gaspésie : un ou deux secteurs très touchés par le virus, qui méritent d'être en rouge, et tout le reste du territoire, relativement épargné.

S’il n’y a pas de cas dans une communauté, c'est un peu injuste de leur faire subir les règles restrictives.

Un directeur régional de santé publique

Certains de ses confrères et consœurs militent aussi pour garder un certain « contrôle », sur la propagation dans leur région en gérant secteur par secteur. Le travail terrain est le plus important, éclosion par éclosion, argumente l'un d'eux. C'est plus facile de gérer les mesures sanitaires dans une ville ou une sous-région que partout.

En fin de compte, c'est le directeur national de la santé publique Horacio Arruda et le gouvernement qui auront le dernier mot.

Un long week-end déterminant

Interrogé vendredi pour savoir dans combien de temps le Québec allait passer entièrement au rouge, le ministre de la Santé Christian Dubé a répondu que la fin de semaine serait cruciale.

Notre rôle, c'est de rester en avant de la vague le plus possible, et c'est pour ça qu'on pose des gestes difficiles, en ce moment. Mais est-ce que ça se pourrait qu'on soit tous en rouge? Ça se peut.

Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec, le 9 octobre

De son côté, le ministère de la Santé explique que des mesures additionnelles applicables à long terme et des mesures temporaires pourraient s’ajouter pour des zones orange ou jaune si la situation requiert.

Vendredi, l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) a publié des projections inquiétantes concernant les hospitalisations dans la province.

Les données démontrent que si la tendance de propagation se maintient, le nombre de patients COVID-19 s'approchera des capacités d'accueil planifiées d'ici les quatre prochaines semaines.

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