•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : le nombre de cas n'offre pas un portrait exact, préviennent des experts

Des gens marchent dans la rue avec un masque

Les décès, les hospitalisations et les taux de positivité sont aussi à considérer.

Photo : Radio-Canada / (Evan Mitsui/CBC)

Radio-Canada

Alors que le nombre de cas de COVID-19 atteint des niveaux jamais vus auparavant en Ontario, certains experts expliquent que le public ne devrait pas considérer le nombre de cas comme le seul indicateur de la propagation du virus.

D'autres facteurs sont à prendre en compte, notamment les récents changements des lignes directrices provinciales en matière de dépistage.

Les Ontariens devraient tenir compte de diverses statistiques, y compris les décès, les hospitalisations et les taux de positivité pour avoir une image plus claire de ce qui se passe, estiment ces experts.

Tous ces indicateurs suggèrent des tendances inquiétantes en ce moment, selon eux.

Lors d'une conférence de presse vendredi, le Dr Adalsteinn Brown, qui conseille la province sur sa réponse à la pandémie, a illustré une foule de tendances très claires et accélérées dans des endroits comme Toronto, Peel et Ottawa.

L'Ontario impose d'ailleurs des mesures plus strictes dans ces régions.

Des élèves portant le masque devant l'entrée d'une école.

Après un nombre de nouveaux cas quotidiens record vendredi, l’Ontario voit la progression du virus légèrement ralentir samedi matin.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Alors, que devraient faire les gens qui ne sont pas des scientifiques lorsqu'ils essaient de donner un sens à un océan de données sur la COVID-19?

Ils doivent examiner une combinaison de choses, explique Ashleigh Tuite, épidémiologiste à la Dalla Lana School of Public Health de l'Université de Toronto. Il n'y a pas de donnée parfaite et unique qui vous donnera une idée exacte de ce qui se passe en termes de transmission, précise-t-elle. Nous ne devrions certainement pas regarder uniquement les nombres de cas signalés. Ils sont devenus très difficiles à interpréter.

Tout au long de l'été, l'Ontario a offert des tests à quiconque le souhaitait dans les centres d'évaluation, même des personnes asymptomatiques. Mais à mesure que l'arriéré des tests a augmenté tout au long de l'automne, la province a changé sa stratégie. Les tests se font sur rendez-vous seulement.

Un homme grimace lorsqu'on lui prélève de la narine un échantillon pour un test de dépistage de la COVID-19, le 22 septembre 2020 à Le Blanc-Mesnil, en France.

Un test de dépistage de la COVID-19.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Cela a influencé les résultats. Cet arriéré de tests était de plus de 90 000 la semaine dernière. Vendredi, il y en avait un peu plus de 58 000.

Le décompte officiel des cas est notoirement peu fiable, indique l'épidémiologiste Dr Tim Sly, professeur émérite à l'Université Ryerson. Le Dr Sly explique qu'un grand nombre de personnes peuvent être asymptomatiques, mais toujours infectées et contagieuses.

Il ajoute que le nombre de cas donne toutefois au public une idée générale de la hausse ou de la baisse du nombre d'infections. C'est aussi un bon aperçu de l'endroit où nous trouvons les infections, souligne-t-il.

Le Dr Brown a pour sa part déclaré vendredi que la province voyait une croissance spectaculaire du pourcentage de tests positifs.

Examiner les décès et les hospitalisations

Le ministère de la Santé examine une grande variété de paramètres pour analyser ce qui se passe en Ontario. Parmi les facteurs : le nombre de cas, les hospitalisations, les décès, le pourcentage de positivité et les valeurs R, qui indiquent le nombre moyen de personnes qui contracteront à leur tour le virus d'une personne infectée.

Le Dr Sly considère que le nombre de décès est l'un des indicateurs les plus fiables. Il précise que le taux de mortalité par infection pour le virus est d'environ 1 %.

Donc, si vous prenez le nombre de décès et multipliez par 100, vous avez une assez bonne estimation du nombre de personnes infectées il y a environ un mois, dit-il.

Il y a cependant quelques mises en garde à ce calcul. Durant la première vague, le virus se propageait dans les foyers de soins de longue durée et entraînait des centaines de décès. Cette situation aurait faussé les données de propagation parmi les citoyens.

Des gens en file à Toronto près d'un centre de dépistage.

Les cas de COVID-19 se multiplient à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Nathan Denette

En revanche, le Dr Brown considère que les hospitalisations, comme les décès, sont des indicateurs retardés. Celui-ci explique que la période d'incubation, puis l'apparition de symptômes, l’hospitalisation et le décès sont tous décalés dans le temps.

Le défi avec tout cela est que vous ne pouvez pas vraiment regarder ces données de manière isolée, explique la Dre Tuite. Le signal que nous voyons actuellement en termes d'augmentation des hospitalisations et des personnes admises aux soins intensifs est vraiment un indicateur de l'augmentation des cas dans la communauté.

Vendredi, le nombre total de patients hospitalisés s'élevait à 225, en hausse par rapport aux mois précédents. Au cours des trois dernières semaines, les hospitalisations ont augmenté de 249 %, selon le Dr Brown.

Il faut aussi prendre en compte nouvelle augmentation quotidienne du nombre de patients admis en soins intensifs cette semaine, marquant un pic qui n'avait pas été observé en Ontario depuis juin, selon les données obtenues par CBC News.

Le Dr Brown indique que selon les modélisations les plus récentes faites par la province, le nombre de lits de soins intensifs occupés par les patients atteints de la COVID-19 devrait dépasser le seuil de 150 dans les 30 prochains jours.

La Dre Tuite explique pour sa part qu'au cours des dernières semaines, la majorité des cas avaient été trouvés chez des personnes de moins de 40 ans, pour lesquelles les hospitalisations et les décès sont moins probables.

Le premier ministre, la ministre de la Santé et d'autres hauts responsables s'en vont à une conférence de presse à Queen's Park.

Doug Ford reconnaît que les autorités pourraient parfois mieux communiquer.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Mais à mesure que les cas augmentent dans des populations plus âgées, les hospitalisations vont aussi augmenter, dit-elle.

Le Dr Brown a d'ailleurs confirmé vendredi que la province enregistrait maintenant une augmentation des taux de positivité pour les populations plus âgées.

C'est là, dans cette population âgée, que les conséquences pour la santé et les conséquences pour le système de santé sont les plus graves, a-t-il déclaré.

Augmentation des taux de positivité

Les taux de positivité constituent un indicateur utile pour évaluer la propagation du virus.

Les données provinciales publiées vendredi indiquent que certaines régions de l'Ontario sont bien au-dessus du taux de positivité de 3 %, qui est considéré comme une référence internationale indiquant un problème.

Le premier ministre Doug Ford s'est dit préoccupé mardi par les données montrant des taux d'infection à la COVID-19 à deux chiffres dans certaines communautés marginalisées de Toronto.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !