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Fermeture de la marina de Lachine : les plaisanciers déposent une demande d’injonction

Une manifestation.

Des plaisanciers et leurs sympathisants lors d'une marche pour le maintien de la marina de Lachine, le 15 septembre dernier.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Association des plaisanciers du port de plaisance de Lachine s'adresse désormais aux tribunaux pour tenter d'empêcher la fermeture annoncée de la marina de Lachine, la plus grande au Québec.

Une demande d’injonction contre la Ville de Montréal a été déposée vendredi en Cour supérieure du Québec afin d'obtenir une injonction. Depuis le mois de juillet, les plaisanciers se battent pour forcer l’administration Plante, son comité exécutif et la mairesse de l'arrondissement, Maja Vodanovic, à reculer sur leur projet d'aménagement riverain.

Le port de plaisance, situé entre les berges de Lachine et le parc René-Lévesque, doit être converti en parc municipal – un projet évalué à 20 millions de dollars. Et la Ville n'en démord pas, à moins d'un revirement de situation, la marina fermera ses portes définitivement dès le 15 octobre.

Une décision précipitée, illégale et injustifiée, selon l’association des plaisanciers, qui estime que cet avis de fermeture sans préavis ni consultation cause d’importants préjudices aux plaisanciers.

L’association avance notamment les arguments légaux de délai déraisonnable et d’abus du droit, en dénonçant le refus de la Ville de négocier afin d’en arriver à un compromis dans le but de s'entendre et [...] d'assurer la pérennité de la marina.

Les plaisanciers font face à un très court délai, déraisonnable, alors que la grande région de Montréal est en pénurie de places à quai.

Une citation de :Josée Côté, présidente de l’Association des plaisanciers du port de plaisance de Lachine (APPPL)

L’association avance en outre que la Ville n’a pas obtenu l’autorisation de Transport Canada pour démanteler la marina, qui compte 450 places à quai. Elle souligne également que sa disparition viendra amputer de près de moitié les places à quai pour les bateaux à moteur sur le plan d’eau du lac Saint-Louis, alors que les marinas ont déjà de longues listes d’attente.

Vue aérienne de la marina de Lachine.

Vue aérienne de la marina de Lachine.

Photo : Radio-Canada

Une mobilisation soutenue et appuyée

Dès l’annonce de cette fermeture, un regroupement de citoyens, de plaisanciers et de commerçants se sont mobilisés en revendiquant la sauvegarde du Port de plaisance de Lachine et en créant l'APPPL.

Un premier rassemblement a eu lieu au mois d’août, devant l'hôtel de ville temporaire de Montréal. Et en septembre, des centaines de personnes ont marché du port de plaisance à la mairie d'arrondissement, pour réclamer un sursis.

Le directeur général de Nautisme Québec, Sylvain Deschênes, contrarié par la décision de la Ville de Montréal, a pour sa part confié le dossier au lobbyiste Scott McKay – un ancien conseiller municipal sous le maire Jean Doré, devenu par la suite chef du Parti vert du Québec, puis député péquiste dans le gouvernement Marois.

Celui-ci a reçu le mandat d’effectuer des démarches en vue d'amener la Ville de Montréal à rejeter sa décision.

Dans un courriel transmis samedi, toutefois, M. McKay précise que ce mandat avec Nautisme Québec est terminé, compte tenu que l'approche de concertation n'a pas fonctionné.

Un plan de la marina 2.0.

Les plaisanciers de Lachine ont présenté leur propre maquette de ce à quoi pourrait ressembler le site dans les prochaines années.

Photo : Facebook (Sauvons la marina de Lachine)

Le parti Ensemble Montréal, qui forme l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, s’est également porté à la défense des plaisanciers en déposant en septembre une pétition signée par plus de 10 000 personnes en faveur de la sauvegarde du port de plaisance.

À l'inverse, des résidents se sont mobilisés pour soutenir l'administration Plante dans son projet de conversion du port de plaisance en parc riverain.

Une transition écologique nécessaire pour la Ville

La marina doit être remplacée d'ici 2025 par un parc riverain qui permettrait la pratique de sports nautiques non motorisés tels que le canoë, le kayak, l'aviron et la voile. À terme, une aire de baignade devrait être aménagée.

Une maquette du projet.

L'administration Plante souhaite transformer le port de plaisance de Lachine en une véritable oasis de verdure.

Photo : Ville de Montréal

Cette conversion constitue un geste concret en matière de transition écologique et s'inscrit dans la stratégie montréalaise de lutte et d'adaptation aux changements climatiques, avait notamment fait valoir le comité exécutif de la Ville de Montréal.

Celui-ci avait par ailleurs expliqué que les installations de la marina, qui datent de plusieurs dizaines d’années, avaient également été lourdement endommagées par les inondations printanières de 2017 et 2019.

Mais pour les plaisanciers, il s’agit plutôt de tentatives de justifications financières sans fondement puisque la seule présence de la marina entraînerait des retombées économiques directes et indirectes de 10 millions de dollars par an à Lachine.

Un montant qui a toutefois été contesté par la mairesse de l'arrondissement, qui affirme que cette estimation est exagérée.

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