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Des personnes déficientes intellectuelles et autistes, oubliées du déconfinement

Certains organismes ont toutefois repris du service avec les mesures sanitaires requises.

Des personnes assises en rond. Deux d'entre elles jouent de la guitare.

Des jeunes participent à une séance de chant organisée par l'organisme La Gang à Rambrou.

Photo : Radio-Canada

Les parents de personnes vivant avec une déficience intellectuelle et l'autisme estiment que celles-ci sont les grandes oubliées du déconfinement.

Ces personnes n'ont pas toutes retrouvé leurs activités de jour et leurs ateliers de travail comme avant la pandémie.

Les intervenants de La Gang à Rambrou, à Montréal, ont fait le nécessaire, avec port du masque, distanciation et précautions sanitaires, pour reprendre les activités de jour destinées aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou de l'autisme.

Ce sont des adultes en pleine fleur de l'âge. Ils ont besoin de s'épanouir, ils ont besoin de stimulations, affirme Suzanne Beaulieu, directrice générale de l'organisme.

Danielle Gaudet craint les conséquences de l'isolement et de l'inactivité sur sa fille de 37 ans, Marie-Josée, qui est privée de son emploi dans un programme spécial depuis le printemps. Je me suis dit : elle n'est pas pour écouter de la musique ou faire du dessin à la journée longue, ou aller se coucher, dit cette mère.

Des intervenants s’inquiètent des conséquences du confinement pour ces personnes.

Il y a des personnes chez elles, toutes seules, du jour au lendemain, plus d'accès à l'école, à la formation, au travail, et qui, selon leur milieu de vie, étaient souvent laissées à elles-mêmes, affirme Chentale de Montigny, directrice générale de Compagnons de Montréal.

Cet organisme communautaire a recommencé à accueillir des stagiaires qui pourront, un jour, occuper un emploi malgré leur différence. Avec le retour graduel en insertion socioprofessionnelle, soit en activités de jour, on a réalisé que des personnes avaient perdu des acquis cognitifs, souligne Mme de Montigny.

Elle estime que l'ensemble des services doivent reprendre au plus vite, y compris dans le réseau public.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Dans la cuisine de l'organisme

Les autistes particulièrement touchés par le confinement

Photo : Radio-Canada

Comment ça se fait que les activités menées par des groupes communautaires, tels que Compagnons de Montréal, mais il y en a d'autres, arrivent à offrir des activités stimulantes en milieu sécuritaire, alors que le réseau, avec ses grandes ressources, n'y arrive pas encore? s’interroge-t-elle.

Mais la direction des services au CIUSSS Centre-Sud de Montréal parle plutôt d'établir des priorités.

En ce moment, on est encore en pandémie, on voit qu'on en a encore pour plusieurs mois. Toute l'organisation et toute la reprise sont faites en fonction de ça, avance Carla Vandoni, directrice des Services en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme et déficience physique au CIUSSS.

Une directive ministérielle rappelle aux gestionnaires du réseau de la santé que les activités et services qui préviennent le « déconditionnement » doivent être maintenus, voire intensifiés.

En même temps qu'on reprend ces services des personnes qui étaient déjà inscrites, il faut penser aux gens qui étaient en attente, parce qu'il y a des gens qui se sont détériorés aussi pendant la première vague. Ils ont vécu ça difficilement aussi, insiste Mme Vandoni.

Pour sa part, Danielle Gaudet s’inquiète qu’il y ait des coupes dans les services. On a peur qu'ils prennent ce temps-là, justement, pour faire des coupures et envoyer plus vers le communautaire, craint-elle.

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