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Un duo inséparable du terrain de football au bureau

Les deux joueurs posent dans un garage transformé en salle d'entraînement.

Le reportage de Jean-Philippe Martin

Photo : Radio-Canada

Inséparables coéquipiers chez le Rouge et Or, Étienne Moisan et Marco Dubois avaient vu leur chemin se séparer chez les professionnels. Mais alors que la saison de la Ligue canadienne de football (LCF) passait dans le tordeur, cet été, les deux joueurs ont troqué les épaulettes pour la vie de bureau, en Beauce, où ils se retrouvent maintenant collègues chez Breton Tradition 1944.

Collègues, mais aussi partenaires d’entraînement et colocataires, depuis juin, à Saint-Bernard, les deux footballeurs sont pratiquement toujours ensemble. Rien pour les déstabiliser, ils en ont l’habitude.

On se connaît depuis le secondaire. Je jouais à la polyvalente Deux-Montagnes et j'affrontais Marco à Dalbé-Viau, se rappelle Étienne Moisan.

Mais c’est vraiment à leur arrivée chez le Rouge et Or, en 2014, que les deux hommes se sont liés d’amitié. Évoluant à la même position de receveur de passe, ils étudiaient également tous deux en relations industrielles.

Non seulement on s'entraînait et jouait au football ensemble, mais on avait exactement les mêmes cours et le même horaire à l’école. C’est sûrement la personne avec qui j’ai passé le plus de temps dans les six dernières années, relate Marco Dubois.

Marco Dubois au centre, entouré de Simon Gingras-Gagnon, à gauche et Étienne Moisan, à droite.

Marco Dubois (au centre), Étienne Moisan (à droite) et leur coéquipier Simon Gingras-Gagnon, lors du repêchage de la LCF, en 2018.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin

Une saison qui n'a jamais débuté

Redevenus adversaires chez les pros, Dubois évoluant avec le Rouge et Noir d’Ottawa et Moisan avec les Alouettes de Montréal, les deux amis se retrouvaient dans une situation similaire lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé le Québec, en mars. Incertains de la tenue de la saison de la LCF ou du moment où elle pourrait débuter.

Difficile, dans le contexte, de penser se trouver un autre emploi. Lui qui avait l’habitude de faire de la surveillance à l’Académie Saint-Louis, durant la saison morte, Marco Dubois n’a toutefois pas eu à attendre longtemps une fois les écoles fermées.

J’ai reçu un appel de Line Breton de Breton Tradition qui cherchait un conseiller en ressources humaines à l’usine de Saint-Charles-de-Bellechasse. Je lui au expliqué que je m'entraînais pour une potentielle saison qui allait reprendre, mais elle m’a quand même engagé sur le champ.

Pendant que le receveur du Rouge et Noir vivait un baptême de feu dans son domaine, au printemps, Étienne Moisan, lui rongeait son frein à Montréal. Après trois mois chez nous en confinement, je virais fou, lance celui qui craignait aussi pour son avenir alors que la saison de la LCF devenait de plus en plus improbable.

De coéquipiers à collègues

Après une visite de Moisan à Québec pour s’entraîner, début juin, Marco Dubois a décidé de glisser un mot à sa patronne à son sujet. Résultat, les deux amis travaillent depuis ensemble aux ressources humaines à l’usine de Saint-Bernard de Breton Tradition, un producteur de porc biologique.

S’avouant elle-même amatrice de football, Line Breton n’a pas hésité à accommoder ses deux employés avec un horaire allégé pour faciliter leur entraînement physique.

Les deux hommes posent devant un logo de Breton Tradition

Les deux footballeurs disent avoir adopté Saint-Bernard, en Beauce, où est situé l'usine de Breton Tradition.

Photo : Radio-Canada

Je veux des gens d’équipe, passionnés et rigoureux. Étienne et Marco ont été en quelque sorte entraînés à ça avec le football , estime la vice-présidente aux ressources humaines de l’entreprise.

C’est une chance unique de préparer notre après-carrière. Line tient vraiment à notre réussite non seulement au travail, mais au football aussi, décrit Étienne Moisan.

Le football en tête

On a adopté la région. On aime vraiment Saint-Bernard, ajoute Marco Dubois. Ce dernier a lui-même construit un module d’entraînement avec des retailles de portes de grange, cet été, pour permettre aux deux joueurs de s’exercer dans le petit garage séparé de la maison qu’ils partagent.

C’est qu’à 26 ans, les deux footballeurs ne sont pas prêts à accrocher leurs épaulettes. On ne se le cachera pas, c’est plaisant le bureau, mais il n’y a rien qui se compare à l’adrénaline sur un terrain de football, lance Dubois.

On va l'apprécier encore plus, ajoute son collègue à ses côtés.

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